La différence entre le chemin de la Prophétie et le chemin de la Royauté
 

الفرق بين منهج النبوة و منهج الملك

 

Sommaire

Histoire ancienne du monde biblique. - Les gens de la Bible. Leurs actions présentes et passées auprès du Miséricordieux. - Emploi de la force. - Les Dignitaires religieux rappelés à l’ordre. Leurs actes mis en accusation. - L’arbitrage du Prophète de l’Islam et de la Torah. - Conclusion.

L'histoire des peuples anciens présente pour nous un intérêt tout spécial, puisque les populations de ces temps anciens sont aujourd'hui encore mentionnés dans les Livres saints. Dans l'Histoire des nations, les gens de la Bible occupent une place importante. Au tout début, disent volontiers les Dignitaires religieux de la Bible, ce sont les enfants de la femme libre (Sarah, épouse d'Avraham) qui seront pris en considération. Ce règne durera jusqu'au VIIème siècle, environ, de l'ère évangélique. Puis, le Décret divin voudra que, les enfants de la femme délaissée (Agar, épouse d'Avraham) soient pris en considération. Le Livre et la Prophétie passeront ainsi des mains des Fils d'Israël aux mains des Fils d'Ismaël. Cela engendrera une querelle de familles entre les Fils de Jacob (ou Israël), les Fils d'Esaü (entendre : les Italiens représentants universel de l'Evangile pour le monde de la Synagogue), d'une part, et les Fils d'Ismaël d'autre part.

Quand le sceau des Prophètes d'Israël, le Messie fils de Marie (sur eux la Paix !) se manifesta à son peuple, il mécrut sauf un petit nombre. Quand le sceau de la Prophétie, le Prophète Mohammad (sur lui Prière et Paix !) se manifesta, les gens de la Bible (toranique + évangélique) mécrurent, sauf un petit nombre. Mais depuis sa disparition, le nombre des Croyants n'a cessé, par la grâce divine, de progresser à travers le monde. Grandissant ainsi la Communauté mohammadienne, car le Message coranique se veut être avant tout un message d'une portée universelle, et non limité aux frontières de la Péninsule arabique. N'en déplaise aux ergoteurs, opposants et adversaires de la Religion divine !



 

Point de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4].


    Le Mont Sinaï et le Mont Paran ou le Mont de la Nouvelle Torah. Le chemin de la Prophétie et le chemin du monde biblique.


HISTOIRE BIBLIQUE UNIVERSELLE

Première Partie

    Le monde de l'Antiquité et le monde biblique universelle.

    Nous connaissons le récit des peuples anciens, leur attitude vis-à-vis de l’appel de leurs Prophètes (sur eux la Paix !). Le chemin qu’ils prirent, leur chute et leur perdition. Voyons maintenant le comportement des gens de la Bible, notamment des Fils d’Israël et des Judaïsés lorsqu’ils furent invités à embrasser la Soumission au temps du sceau de la Prophétie (sur lui Prière et Paix !). A prendre, comme les Croyants vrais et sincères, le chemin royal de la Prophétie. Leur attitude vis-à-vis de leur propre Loi contenue dans la Bible, et enfin leur attitude face à la Loi nouvelle contenue dans le sceau des Ecritures : le Coran.

    Les gens de la Bible. Leurs actions présentes et passées auprès du Miséricordieux.

    Le texte coranique décrit leur religion comme il décrit aussi leur comportement[5]. Leur comportement notamment vis-à-vis de ceux qui croient d’entre les gens Soumis, qui pratiquent et vivent leur vrai foi. Ressemblance étrange avec notre temps. Qu’on juge : 


  

   Traduction :
   Dis : « Gens du Livre[6] ! Que nous reprochez- vous[7] sinon de croire en
   Dieu et en ce qu'on a fait descendre vers nous, et en ce qu'on a fait
   descendre auparavant ? Mais la plupart d'entre vous, vraiment, sont des pervers[8] ! »
   Dis[9] : « Puis-je vous informer de ce qu'il y a de pire, — en fait de paiement
   auprès de Dieu[10] ? Celui que Dieu a maudit, et contre qui II s'est
   mis en colère, et dont II a fait des singes et des cochons,— de même,
   celui qui a adoré le Rebelle[11], — ceux-là ont la pire place[12] et sont les plus
   égarés de la droiture du sentier. » (Coran V 59-60).

    Sous le rapport structurel, note les commentateurs comme Tabari : l’idée générale des versets précédents (57 et 58[13]) était que certains Gens du Livre tournaient en dérision la religion des Croyants soumis[14], ce qui revenait à se moquer de l’essence même de la Religion divine, à savoir la pure soumission à Dieu, puisque le “mode d’obéissance[15]” (dîn) proprement mohammadien s’identifie en réalité avec celle-ci[16].

   Aux Juifs dont Il a décrit l’attitude dans les versets précédents, Dieu adresse à présent un blâme, en employant l’“l’insinuation ironique” (ta’rîd) en leur disant, par une forme de discours originale des plus belles (ahsanoullahan) et d’une manière apparemment impropre, des choses dont ils connaissaient la signification véritable.

   Dieu leur dit en quelque sorte ceci : puisque vous en arrivez à considérer cette foi des Croyants comme un mal[17], puisque, d’une certaine façon, vous la leur reprochez, souvenez-vous de quelque chose qui est “bien plus mauvais” : ce sont toutes les désobéissances commises par ceux de votre Communauté qui vous précédèrent, que Dieu a exécrés (lana) et contre lesquels, Il s’est irrité, notamment ce sont toutes les désobéissances commises par « ceux d’entre eux dont Il fit des singes et des porcs » : et enfin c’est aussi la désobéissance commise par celui qui adora le “tâghoût”. Auprès de Dieu tous ceux-là auront une rétribution bien “plus mauvaise” [si l’on peut dire] que celle qu’auront les Croyants, et cela en dépit du fait qu’ils ont déjà subi dans ce monde cet opprobre d’avoir été exécrés par Dieu, c’est-à-dire éloignés de Sa Miséricorde, d’avoir encouru Sa Colère, d’avoir été métamorphosés comme ce fut le cas de ceux d’entre eux qui transgressèrent le Sabbat (Samedi) et furent changés en singes (qirada) ou comme ce fut le cas de ceux d’entre eux, dont il est question dans le propos suivant[18], qui furent changés en porcs (khanâzir) [19].

    La dissimulation. Entrer avec une chose chez quelqu’un, sortir avec une autre... Bien ou mal ? Ce en quoi nous devons concourir. Faire attention à ce qu'on oeuvre. La science divine et les mises en garde du Miséricordieux. Qu’on en juge :


  

   Lorsqu'ils viennent chez vous ils disent : « Nous croyons. » Et ils entrent
   avec la mécréance et ils sortent avec elle[20] ! Et Dieu sait mieux ce qu'ils ont l'habitude de cacher.
   Et tu verras beaucoup d'entre eux concourir en péché et en transgression,
   et en goinfrerie de gain illicite. Comme est donc mauvais ce qu'ils œuvrent[21] !

    Les Dignitaires religieux rappelés à l’ordre. Leurs actes mis en accusation.

   Pourquoi rabbins[22] et docteurs ne les empêchent-ils pas de parler en péché
   et de se goinfrer de gain illicite ? Comme est donc mauvais ce qu'ils œuvrent[23] ! (Coran V 61-3)

    Après avoir dit dans le verset précédent combien les actes qui s’y trouvaient mentionnés étaient mauvais, Dieu blâme à présent les Rabbins et les Docteurs parmi les Juifs en leur rappelant combien mauvais aussi est ce qu’ils font, eux, lorsqu’ils s’abstiennent d’interdire aux autres Juifs de se livrer à de tels actes de désobéissances, notamment lorsqu’ils ne leur interdisent pas « de dire des paroles de péché » : de prononcer par exemple des jugements contraires à l’ordre de Dieu à propos de la lapidation[24] et du paiement du prix du sang ou d’affirmer de surcroît que c’est là le jugement même de Dieu.

   Dieu les blâme aussi de ne pas les empêcher « d’être avide [des gains] de leur vénalité (suht) » : combien mauvais est ce que font ces Rabbins et Docteurs lorsqu’ils ne les empêchent pas de se laisser soudoyer pour modifier leur jugement ou pour affirmer des choses contraires à la vérité. (Op. cit.).  

   Nouveau rappel divin. Exhortation.

   O Messager[25]. ! Que ne t'affligent. pas ceux qui concourent en mécréance,
   de ceux dont la bouche dit : « Nous croyons », alors que leurs cœurs
   ne croient point ! Ni non plus ceux qui se sont judaïsés. Ce sont des
   espions qui n'écoutent que pour le mensonge, espions qui écoutent pour
   les autres qui ne viennent pas près de toi[26] ; détournant ensuite le mot de
   ses sens ils disent : « Si c'est ça qu'on vous a donné, alors recevez-le ;
   et si ce n'est pas ça qu'on vous a donné, alors prenez garde ! » — Quand
   Dieu veut de quelqu'un qu'il soit tenté, alors tu ne seras jamais maître
   de rien pour lui contre Dieu. Voilà ceux dont Dieu n'a point voulu
   purifier les cœurs. A eux ignominie ici-bas; et à eux, dans l'au-delà, un
   énorme châtiment. (Coran V 41).

    Dieu dit en quelque sorte à Son Prophète : ô Envoyé ! Que ne t’attriste pas l’empressement que mettent à te renier ces hypocrites que sont ces Juifs qui affirment extérieurement te reconnaître alors qu’entre eux ils continuent à te traiter de menteur ! De même, que ne t’attriste pas l’empressement que mettent les Juifs en général à rejeter ta fonction prophétique !

   Dieu réconforte ici Son Prophète et lui décrit ces gens en mentionnant quelques caractéristiques blâmables de ce que fut leur comportement par le passé et de ce qu’est leur comportement actuel. Qu’on en juge :

    Espions qui n'écoutent que pour le mensonge[27], grands voraces de gain
   illicite[28] ! S'ils viennent chez toi[29], donc, juge[30] entre eux ; ou laisse-les[31].
   Et si tu les laisses, jamais ils ne sauront en quoi que ce soit te nuire.
   Et si tu juges, alors juge entre eux à la balance. En vérité, Dieu aime ceux qui jugent à la balance. (Coran V 42).

    L’arbitrage du Prophète de l’Islam et de la Torah.

   Mais comment peuvent-ils te prendre pour juge, — et ils ont près d'eux
   la Thora[32] où est le jugement de Dieu, — et ensuite, après cela, tourner
   le dos ? Ces gens-là ne sont pas croyants !

    « Comment te prendraient-ils pour arbitre… » Dieu, que Son invocation soit exaltée, veut dire ceci : ô Mohammad ! Ces Juifs qui viennent te soumettre leurs affaires, comment donc pourraient-ils admettre ton jugement et en être satisfaits « alors que chez eux se trouve la Torah » que J’ai révélé à Moïse : ils prétendent la reconnaître comme vraie et les lois qui s’y trouvent énoncées comme étant Mes Lois, notamment celle de la lapidation (rajm) que J’y ai énoncée au sujet de l’homme ou de la femme mariés ayant commis un adultère ; or ils savent tout cela et « en dépit de cela ils s’en sont détournés par la suite » c’est-à-dire qu’ils ont abandonné l’application de la Torah[33] et ils agirent ainsi, car ils eurent le front de Me désobéir[34].

   Conclusion.

   Les gens de la Torah et de la Synagogue, contrairement à l’idée reçue, non pas été fidèles à leurs Alliances, leurs Engagements. Quant à leurs Dignitaires religieux, ils n’ont pas respecté ce que leur Seigneur a exigé d’eux. Leur conduite est loin d’être irréprochable. Concernant la Loi contenue dans la Bible, ils se sont attribués des pouvoirs que leur Seigneur ne leur a nullement attribués. Et dans leur sillage, ils ont entraînés leurs frères de la Bible : les gens de l’Evangile. De ce fait, ils ont perdus, l’un comme l’autre, au regard du Miséricordieux ; toutes leurs prérogatives. Comment un peuple qui croit avec certitude peut-il rejeter Sa Loi, chercher à La contourner, L’interpréter au gré de son bon plaisir, sa passion, L’abolir purement et simplement[35] ? Rejeter de juger Ses esclaves avec Elle ? Comment peut-il accepter que la loi humaine soit au-dessus de la Loi divine ? Mise sur un même pied d'égalité ? Et (…) enfin, que nous reprochez-vous si ce n’est aussi « que la plupart d’entre vous sont prévaricateurs (fasiqoûn) » : qu’ils contreviennent à l’Ordre de Dieu et “sortent” de ce fait de l’obéissance qu’ils Lui doivent ?   (à suivre)

   Que le Seigneur des mondes nous guide tous dans ce qu'Il aime et agrée !


[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures. 
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] qui est loin d’être un comportement exemplaire.
[6] Ou gens de la Bible. Gens de la Torah + gens de l’Evangile, tous ne se réclament-ils pas comme étant gens de la Bible ? Même si ensuite chacun se permet de critiquer l’autre… voire ne pas le reconnaître. Notons que le Miséricordieux n’interpelle jamais les gens de la Bible par leurs sectes, les noms donnés par eux. Exemples : ô gens orthodoxes, ô gens libéraux, ô gens catholiques, ô gens un tel… A l’instar du texte biblique, évangélique entre autre : Sadducéens, etc.
[7] Dieu, que Son invocation soit exaltée, ordonne ici à Son Prophète – sur lui les Grâces et la Paix – de dire en quelque sorte aux Gens du Livre (de la Bible), Juifs et Nazaréniens (Chrétiens) : que désapprouvez-vous donc de notre part au point au point de vous moquer de notre religion en prenant notre appel à la prière comme objet de raillerie et de badinage « si ce n’est que nous croyons à Allah » : que nous reconnaissions que Dieu est Vrai et Véridique et que nous affirmons Son Unicité ; que nous croyons aussi « ce qui a été descendu vers nous » comme Livre (kitâb) venant d’auprès de Dieu ainsi qu’ « à ce qui a été descendu » comme Livres révélés aux prophètes de Dieu « auparavant » c’est-à-dire avant que ne soit révélé notre Livre ; enfin, que nous reprochez-vous si ce n’est aussi « que la plupart d’entre vous sont prévaricateurs (fasiqoûn) » : qu’ils contreviennent à l’Ordre de Dieu et “sortent” de ce fait de l’obéissance qu’ils Lui doivent ?
   On rapporte que ce verset fut révélé en rapport avec certains Juifs :
   Le fils de ‘Abbas a dit à ce propos : « Un groupe de Juifs parmi lesquels se trouvaient Aboû Yâsir fils de Akhtab, Rafî’ fils d’abî Rafî’, Azâr, Zayd, Khâlid, Azâr fils de abî Azâr et Ouchya’ (ou Achya’) vinrent trouver l’Envoyé d’Allah – sur les Grâces et la Paix – et l’interrogèrent au sujet des envoyés auxquels il croyait. Le Prophète leur répondit [par ce verset] :
   Je crois “à Allah, à ce qui a été descendu vers nous, à ce qui a été descendu vers Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les [Patriarches des] Tribus, à ce qui a été donné à Moïse et à Ichoua (Jésus) ainsi qu’à ce qui a été donné aux prophètes de la part de leur Seigneur ; nous n’établissons de différence entre aucun d’eux et nous Lui sommes soumis” (Coran III 84).
   Dès que le Prophète eut mentionné Ichoua (Jésus), ils rejetèrent sa fonction prophétique en disant :
   — Nous ne croiront pas à quelqu’un qui croit à Ichoua (Jésus) ! C’est alors qu’Allah révéla à leur sujet : « Dis [leur] : O Gens du Livre ! Que nous reprochez-vous si ce n’est que nous croyons à Allah, à ce qui a été descendu vers nous et ce qui a été descendu auparavant, et que la plupart d’entre vous sont prévaricateurs ? » (Op. cit.).
   Nous dirons : verset riche en enseignement. Tout d’abord plus de 14 siècles plus tard, le monde de la Torah, le monde de la Synagogue sont restés figés sur cette position : Pas question de suivre un homme qui croit au sceau des Prophètes d’Israël (sur eux la Paix !), le Messie fils de Marie ! Ce serait une inconvenance pour eux, ne pas respecter la mémoire de nos Maîtres du Talmud, diront-ils ! Secundo : Que cela plaise ou non aux Fils d’Israël et aux Judaïsés, la Communauté mohammadienne est bien, comme eux, une communauté qui croit réellement en Dieu, Allaha, Hachem. Au Dieu des Patriarches : Abraham, Isaac, Jacob (sur eux la Paix !). Mais aussi à d’autres Prophètes comme le fils de Marie, que le monde de la Synagogue refusent absolument de croire, de suivre, de citer dans la Bible, de citer sur leur langue ! Troisièmement : Pour l’Europe biblique, l’Appel à la Prière (à l’extérieur du Lieu de culte) n’est pas admis. Opposants, détracteurs et ennemis de la religion biblique (toranique + évangélique) ne sont-ils pas arrivés à faire taire le son de leurs cloches pour leur appel aux Offices ? Bon nombre de gens du monde biblique (croyants & incroyants), gens du Druzisme, ne sont-ils pas de farouches opposants à l’Appel de la Prière, à voix haute, hors du Lieu de culte ? Quatrièmement : Bon nombre de gens de l’Evangile ne connaissent rien sur l’inimitié et la haine qu’ont les gens du monde de la Torah envers le Messie fils de Marie et sa mère (sur eux la Paix !). Le problème, notent les Savants, va bien au-delà des croyances du refus de ne pas croire en la filiation et la divinité du Messie fils de Marie (sur eux la Paix !). Il y a surtout à la base, le refus catégorique de croire en la naissance miraculeuse de fils de Marie. Créé par Hachem (le Nom) et né d’une personne féminine, non fiancée, non mariée : Marie fille d’Imran (ou Amran, nom du père de Marie). Le fils de Marie n’ayant ni de Père divin ni de père biologique. N’ayant qu’un Créateur : Hachem, Allaha, une mère biologique : Marie. Ce miracle, le monde toranique, sauf un petit nombre, refusera catégoriquement de le reconnaître. Quant aux gens de l’Evangile, partie le reconnaîtra ainsi. D’autres, nullement. Certains feront plutôt du présumé Joseph son père biologique ou un autre personnage de l’époque (ex. : gens du Dualisme : loges, sectes occultes, etc.). D’autres enfin, feront du Messie le « fils » de Dieu ! ou Dieu incarné en Marie ! ? Autant de croyances que le monde de l’Islam traditionnel refuse de souscrire et rejette d’emblée. Cinquièmement : Le jugement du Saint et Seigneur d’Israël est tombé : (…) enfin, que nous reprochez-vous si ce n’est aussi « que la plupart d’entre vous sont prévaricateurs (fasiqoûn) » : qu’ils contreviennent à l’Ordre de Dieu et “sortent” de ce fait de l’obéissance qu’ils Lui doivent ? Voir aussi les versets suivants.
[8] Prévaricateurs.
[9] Dieu dit ensuite à son Prophète – sur lui les Grâces et la Paix - : ô Mohammad ! A ceux qui prennent votre religion en dérision et s’en jouent, qu’ils fassent partie de ceux qui reçurent l’Ecriture avant vous ou qu’ils soient impies, dis : (Coran V 60). 
[10] C’est-à-dire : quelque chose qui est bien plus “mauvais”, sous le rapport de la rétribution (thawoub) auprès de Dieu que ne l’est notre foi en Lui, à ce qui a été descendu vers nous et à ce qui a été descendu auparavant.
[11] Rebelle. Satan. Tabari d’expliquer : Le terme “tâghoût” dérive du verbe “tâghâ” qui signifie transgresser, par exemple : transgresser une limite ou un droit. Pour moi, le “tâghoût” est tout ce qui est en état de rébellion ou d’impiété à l’égard de Dieu et qui est adoré “en dehors de” Lui, que cette adoration résulte d’une contrainte de la part de ce “tâghoût” ou qu’elle soit de plein gré, que ce le “tâghoût” soit un homme, un démon, une idole de type “wathan”ou “çanam” ou quoi que ce soit d’autre. (Op. cit.)
[12] En employant le même style d’“d’insinuation ironique”, Dieu dit en quelque sorte à ces Juifs de Médine : ces gens dont Je viens de vous rappeler les actions infâmes et combien terrible fut l’opprobre que Je leur infligerai dans ce monde, eurent une position bien “plus mauvaise” dans la vie immédiate, que ne l’est la nôtre que vous prétendez blâmer, et ils ont, dans l’Autre monde, auprès de Dieu, une position “bien pire” que la position de ces gens auxquels vous reprochez finalement rien d’autre que de croire à Dieu, à ce qui a été descendu vers eux et à ce qui a été descendu auparavant et ils « furent bien plus égarés » qu’eux, car ils s’écartèrent de la Voie droite, voie de rectitude convenablement orientée vers le But. Pour conclure, on peut dire, que Dieu leur dit en quelque sorte : sont-ce donc les croyants les plus mauvais ou bien ceux que Dieu a exécrés ? (Op. cit.) .
[13] Ho, les croyants ! N'adoptez pas pour amis ceux qui prennent en raillerie et jeu votre religion, — parmi ceux à qui le Livre fut donné avant vous, et parmi les mécréants. Et craignez Dieu, si vous êtes croyants.
Et lorsque entre vous vous faites appel à l'Office, ils le prennent en raillerie et jeu. C'est qu'ils sont gens, vraiment, à ne pas comprendre !
[14] Comme à notre époque. L’histoire se répète. Les Croyants soumis, pratiquants, comment sont-ils perçus au sein de la société ? Gens de bien ou gens du ‘mal’, voire criminels ?
[15] Puisqu’il est inexistant chez les gens de la Bible : Coran II 93 ; IV 46.
[16] Dans ce verset-ci, Dieu leur demande en quelque sorte, dans un style d’éloquence marqué d’une certaine ironie, des explications ou des “justifications” de leur attitude. La question posée est d’ailleurs moins destinée à amener une réponse de leur part qu’à les placer dans l’embarras en les mettant en contradiction avec eux-mêmes et en faisant apparaître à leurs propres yeux et aux yeux de tous ceux qui sont témoins de leur attitude, de même qu’aux yeux de tous ceux qui, à un moment ou à un autre, se trouve témoins d’une attitude analogue, ce que celle-ci comporte d’anormal à l’égard de la Dignité divine et la dignité des êtres, des rites et de toutes les choses relevant du “domaine sacré” qui est par essence et par définition d’institution divine. (Op. cit.)
   Les gens de la Bible (croyants & incroyants) de notre époque, ne reprochent-ils pas aux Croyants soumis, pratiquants, leur obéissance à une religion qu’ils jugent non adaptée à son temps ? Donc, par leur procès d’intention qu’ils font, ils remettent en cause notre obéissance au Miséricordieux, à travers elle.
[17] A l’instar de l’idée reçue à notre époque, depuis surtout 1789.
[18] Amroû fils de Kathir, Maoulâ (serviteur) de Aboû Ayyoub Ançari rapporte le cas de certains Fils d’Israël, qui, « dans une de leurs villes, s’étaient regroupés autour de leur roi en s’entendant avec lui pour vivre dans la dépravation la plus complète. Parmi eux, une sainte femme qui restait “fermement attachée à ce qui subsistait de la soumission” (islam) tenta, à plusieurs reprises, de rallier autour d’elle tous ceux qui refusaient de se perdre dans l’égarement où les autres s’étaient engagés à la suite de leur roi. Chaque fois ses partisans furent totalement exterminés et finalement elle resta seule défendre l’“obéissance” (dîn) à Allah. Après qu’elle eut imploré le secours d’Allah toute une nuit, en étant affligée de voir ainsi traitée l’“obéissance” due à Allah, elle retrouva au matin tous les gens de sa ville transformés en porcs ».
[19] D’après le fils de Mas’oud quelqu’un demanda à l’Envoyé d’Allah — sur lui les Grâces et la Paix — si les singes et les porcs sont issus des êtres qu’Allah a métamorphosés ; l’Envoyé répondit : « Non ! Allah n’a jamais maudit puis métamorphosé un peuple en lui laissant une descendance (nasl). Ces animaux sont des créatures qui existaient déjà : lorsque Allah entra en colère contre les Juifs et qu’Il les métamorphosa. Il les rendit semblables à eux ».
   Le texte biblique, censuré, ne mentionne pas ce qui est arrivé à certaines personnes du monde toranique. Il fallut la Nouvelle Révélation pour en connaître l’existence même. Le monde de la Synagogue et toranique nient en bloc ces révélations. Et quand elles furent mis à jour, les gens toranique d’Arabie, de cette époque, se demandaient qui avait pu en informer l’Envoyé de Dieu (Hachem), Allaha. Car ces choses étaient tenues secrètes parmi les gens de la Synagogue.  
[20] O Croyants ! Lorsque les hypocrites « viennent à vous, ils disent : “Nous croyons !” » c’est-à-dire : nous considérons ce que transmet votre prophète comme véridique et nous le suivons ; mais, en réalité, ils restent fixés dans l’impiété-dissimulatrice (koufr). C’est pourquoi, lorsqu’ils viennent chez vous, « ils entrent avec l’impiété (koufr) » : ils entrent en ayant au fond de leur cœur l’impiété-dissimulatrice à laquelle ils restent attachés tout en manifestant en paroles ce qui n’est, pour eux, qu’un mensonge ; « et c’est avec elle qu’ils ressortent » : ils vous quittent avec la même impiété-dissimulatrice qu’ils avaient lors de leur venue, leur rencontre avec vous ne leur ayant pas fait abandonner leur impiété ni leur égarement ; ils pensent qu’un tel comportement de leur part échappe à Dieu alors que, bien au contraire, « Allah est bien plus Savant au sujet de ce qu’ils sont en train de dissimuler » lorsqu’ils disent : “Nous croyons !” .
   D’après Qatâda ce verset concerne un certain groupe de Juifs qui étaient entrés auprès du Prophète — sur lui les Grâces et la Paix — pour l’informer qu’ils étaient croyants et satisfaits de ce qu’il transmettait alors qu’en réalité ils restaient attachés à leur égarement et à l’impiété ; ils entrèrent donc auprès du Prophète — sur lui les Grâces et la Paix — avec cette attitude et ressortirent de chez lui avec la même attitude.
[21] (…) Moïse se fâcha contre les chefs qui commandaient l’armée, car ils avaient laissé en vie les femmes de Moab. On sait que par leur faute, le peuple juif a commis le péché de débauche. (…) Moïse s’emporta contre les plus vieux, car ils auraient dû tuer toutes les femmes. Cela nous apprend ceci : quand un chef d’une communauté ou un rabbin ne s’opposent pas à la communauté lorsque celle-ci se conduit mal, le Saint, béni soit-Il, s’en prend aux anciens. Moïse ordonna qu’on tue tous les mâles, y compris les enfants dans les berceaux, ainsi que toutes les jeunes filles qui avaient couché avec des hommes ; les femmes vierges devaient être laissées en vie. (…).
    "Moïse ordonna qu’on tue tous les mâles, y compris les enfants dans les berceaux..." Paroles qui font froid dans le dos. Peut-on et doit-on attribuer de telles paroles au prophète Mochè (sur lui la Paix !) ? Pharaon ordonna de tuer les enfants en bas âge, peut-on imaginer une telle scène de la part de Mochè, le prophète ? On notera qu'en Palestine, la population d'origine arabe et islamique craignent, selon les observateurs, l'application de telles paroles. Voir à ce sujet, disent les observateurs, les récits de témoins oculaires comme à Jénine. En vérité, combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
   Puis le prêtre Eléazar dit (Nom. 31 :21). Rabbi Séméon ben Lakich dit : L’homme qui se met en colère, y compris le sage le plus grand, fait disparaître toute la sagesse qu’il possède, comme nous le constatons avec Moïse qui s’emporta contre les Juifs qui avaient laissé en vie les femmes de Madian. Moïse  pécha car il oublia la loi de la souillure, c’est-à-dire de la purification des objets qu’Israël avait pris au peuple de Madian. (…) Moïse se fâcha que deux fois et, à chacune de ces occasions, il oublia les lois. Quand un prophète se met en colère, son don de prophétie l’abandonne car la Chekhina ne peut demeurer auprès d’un homme colérique. Nos sages disent : Lorsqu’une personne brise de rage un objet, c’est comme si elle adorait les idoles. (…).
  (…) Nos sages disent : Même les côtes de porc purent être mangées par Israël, puisque Dieu avait promis de donner à son peuple toutes les maisons de la terre de Canaan remplies. (…) (Le commentaire sur la Torah. Jacob ben Isaac. Edit. Verdier).
   En vérité, combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
   "Quand un prophète se met en colère, son don de prophétie l’abandonne...", c'est là l'interprétation toute personnelle des gens de la Synagogue. La colère fait partie des attributs de l'être humain. Et aux Prophètes de se mettre en colère lorsqu'ils voient le mal, la turpitude et le blâmable, la transgressions des lois... Ce qui est logique. Et la loi vient du divin Législateur, non des Prophètes. Lesquels n'ont qu'un rôle d'avertisseur, d'applicateur, et de transmission. Rien de plus, rien de moins ! Quant au 'porc', cet un animal prohibé par les lois bibliques comme coraniques. Il est illicite à la consommation. On comprend mal là encore cette dérive du langage ! ?
[22] Rabbaniyoun. Hébreu : rabbân et araméen rabbâni ; cf. l’apostrophe : rabboni « maître » appliquée au fils de Marie dans Bible. Je. 20 16. Toranique, gens de la Synagogue : Moché rabbènou.
[23] Tabari : Les Savants disaient qu’il n’y a pas dans le Coran de versets comportant un blâme plus terrible pour les Savants que ce verset-ci et il n’y en a pas d’autre qui leur inspire plus de crainte. (Op. cit.).
[24] Le texte coranique (V 41-5) montre à l’évidence que certains juifs demandèrent occasionnellement une ‘sentence’ au Prophète (sur lui la Paix !) dans l’espoir de voir adoucir leurs peines. C’est ce qui se produisit lorsque deux d’entre eux qui avaient commis l’adultère vinrent le consulter à ce sujet en présence de ‘Abd Allah fils de Salâm, converti à l’Islam d’origine des Fils d’Israël et descendant d’Aaron. Le Prophète leur demanda alors qu’elle était la peine prévue par la Torah ; ils lui répondirent que la flagellation et le fait de plonger le visage de celui qui avait commis l’adultère dans l’eau brûlante étaient les peines prévues à cet effet.
   Le Prophète les contredit en précisant que la Torah prévoyait la lapidation. Devant leurs dénégations il s’en fit apporter une et, malgré les tentatives faites pour dissimuler le passage concerné, ‘Abd Allah fils de Salâm les contraignit à les lire. Le Prophète (sur lui la Paix !) ordonna alors la lapidation.
   L’Evangile selon Jean (8 :3-5) : « ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? » Une autre attestation de cette loi se trouve dans « Les préceptes de l’Ancien Testament », texte arabe, publié et traduit par le Dr. B.R. Sanguinetti dans le Journal Asiatique. (JA, 1880, I, 33-4.) Preuves irréfutables pour le monde toranique.
   Le Pentateuque en usage (Lévitique, 20 : 10-1, cf. 19 :20, 21 : 9 ; Deutéronome, 22 : 21 et 24) en parle, parle bien de mise mort ; sans toutefois mentionner de quelle mise à mort il s’agit : pendaison, lapidation, autre. Les gens de la Synagogue ont-ils censuré volontairement le texte biblique ? Se sont-ils autocensurés volontairement après l’incident de Médine rapporté ci-joint ?
[25] L’essentiel à retenir de tout ce passage et du commentaire qu’en donne Tabari c’est que, à la demande même de la communauté juive, le Prophète jugea une affaire concernant exclusivement les Juifs et que de lui-même non seulement il tenait à juger l’affaire selon la Torah, mais, de plus, reçut l’ordre divin de juger de cette façon. (Op. cit.)
   On note enfin que cette communauté jouit d’un statut qui lui permettait d’appliquer, en toute liberté, la loi contenue dans la Torah. Mais apparemment l’unité au sein de cette communauté n’était pas de règle, non plus d’être tous égaux devant la Justice divine, la Loi toranique. En voulant provoquer le Prophète (sur lui Prière et Paix !), ils firent apparaître qu’en prétendant défendre et se réclamer de la Loi contenue dans la Torah, il n’en était rien. Ils cherchaient un prophète à leur mesure qui, le cas échéant, était prêt à braver la Loi ? Qui suivrait « sa » passion comme eux !
[26] Litt. « écouteurs de mensonges ». Ce sont ces hypocrites parmi les Juifs qui écoutent complaisamment leurs Docteurs affirmer que le châtiment de l’adultère tel qu’il est formulé dans la Torah consiste à noircir le visage de goudron et à flageller : « et prêtant complaisamment l’oreille à d’autres qui, eux, ne sont pas venus à toi » c’est-à-dire qu’ils écoutent aussi la famille de celui qui s’était rendu coupable de l’adultère et qui, sans se rendre eux-mêmes devant l’Envoyé, désiraient toutefois porter l’affaire devant lui, surtout en vue de savoir quelle sera ton attitude sur la question. Ces Juifs qui avaient complaisamment écouté les uns et les autres.
   « altèrent les “Paroles révélées” » : modifient le jugement (houkm) énoncé dans les Paroles ou, en d’autres termes, modifient le jugement que Dieu a révélé dans la Torah au sujet des hommes et des femmes mariés qui se sont rendus coupables d’adultère, et cela
   Litt. « après les “mises en place” qu’Il effectua » c’est-à-dire : après que Dieu eut disposé l’énoncé de ce jugement dans les différents endroits de la Torah où Il voulait qu’il fût formulé.
   Ces gens que ces hypocrites écoutent complaisamment et qui, d’après certains commentateurs, faisaient partie des Juifs de Fadak et étaient de la famille des coupables, dirent à ceux qui allaient se rendre auprès de l’Envoyé : « si l’on vous donne cela » c’est-à-dire : si ce Prophète vous donne dans sa réponse une sentence qui s’accorde avec ce que vous avez pris pour habitude d’appliquer comme peine dans ce domaine « acceptez-le, et si l’on ne vous le donne pas », si sa sentence ne s’accorde pas avec cela, mais avec ce qui est énoncé dans la Torah « alors prenez garde ! » c’est-à-dire prenez garde à la lapidation ou, d’après un sens donné par d’autres commentateurs : prenez garde à ce prophète !  (Op. cit.)
[27] « Ces gens prêtent donc complaisamment l’oreille aux mensonges ». Dieu, que Son invocation soit exaltée, dit ceci : ô Mohammad ! ces Juifs que Je viens de te décrire écoutent tout ce qui se dit de faux : les mensonges colportés entre eux à ton sujet et d’après lesquels tu ne serais pas prophète ainsi que les affirmations de certains d’entre eux suivant lesquelles la peine qui doit être appliquée d’après la Torah à celui qui a commis l’adultère serait d’être flagellé et d’avoir le visage noirci, ou d’autres fables de ce genre ;
   [Gravité de la vénalité (souht)].
   Litt. « dévoreurs [des gains acquis] par vénalité » : de plus ces gens se laissent aussi corrompre en acceptant d’être stipendiés pour répandre des mensonges au sujet de Dieu, avides qu’ils sont de dévorer les gains douteux qu’ils acquièrent par leur langue vénale.
   C’est là le sens du mot “souht” (traduit ci-dessus par “vénalité”) employé couramment pour désigner le “présent par lequel on se laisse suborner” (rachwa) ; le mot “souht” implique le plus l’idée que l’on est avide de recevoir ce présent, car fondamentalement “souht” désigne le fait d’être tenaillé par une faim continuelle ; on dit d’un estomac qu’il est “mashoût” pour dire qu’il est insatiable. Le présent par lequel on soudoie quelqu’un est donc appelé “souht” du fait que celui qui se laisse ainsi acheter est considéré comme avide de le recevoir et qu’il est comparé de ce point de vue à un être constamment affamé. (Op. cit.)
[28] Les commentateurs voient surtout ici une allusion à la vénalité, au cadeau fait à un juge, à un fonctionnaire ou un arbitre. (cf. Bible. Ex. 23 8 ; Deut. 16 19 ; 27 25).
   Tabari cite près d’une trentaine de propos qui apportent des précisions sur les différentes formes du “souht” :
   Ce terme désigne avant tout la gratification donnée pour acheter un juge ou corrompre un responsable afin que celui-ci intervienne auprès des autorités en faveur de celui qui le soudoie : c’est l’avis du fils de Mas’oud et de Masroûq.
   — D’après certains, ce terme désigne aussi tout ce qui est donné aux prostituées.
   — Il désigne aussi le cadeau donné à quelqu’un qui loue son étalon, une telle location ne devant pas être vénale.
   Le propos suivant est l’un des plus significatifs :
   Le fils de Çabîh rapporte que Masroûq intercéda en faveur de quelqu’un qui lui donna par la suite un esclave en cadeau. Masroûq entra alors dans une terrible colère et lui dit : « Si j’avais su que tu allais agir ainsi, je n’aurais rien dit pour ton affaire et d’ailleurs je ne dirai dorénavant plus rien pour tout ce qui en reste encore en suspens. J’ai entendu le fils de Mas’oud dire que celui qui intercède en faveur de quelqu’un pour faire valoir un droit et pour ôter une injustice à la connaissance des autorités, et accepte pour cela le présent dont on veut le gratifier, fait là preuve de “vénalité” (souht) ! » (Op. cit.)
[29] Si ces autres gens de la tribu de la femme adultère dont il a été question viennent à présent à toi pour te demander de juger son affaire, « juge entre eux » si tu le veux, en appliquant la Loi que Dieu a instituée pour ce cas sur les personnes concernées « ou détourne-toi d’eux ! » si tu le veux et si tu ne prononces pas de jugement entre eux : le choix t’appartient.
   Tabari : Certains commentateurs considèrent toutefois que ce verset fut révélé à propos d’un meurtre commis parmi les Juifs par un Juif. Ils se réfèrent aux propos suivants :
   Le fils de ‘Abbas a dit : « Ces versets de la sourate de la Mense (…) ont été révélés à propos du prix du sang (diya) qui était versé entre les Fils de Nadîr et les Fils de Qorayza. Les Nadîr s’estimaient en effet plus nobles que les Qorayza. Aussi, lorsqu’un Qorayza tuait un Nadîr, il était mis à mort pour le venger, mais, dans le cas contraire, le Nadîr acquittait simplement une centaine de “wisq” (quantité équivalent à une charge de chameau) de dattes en compensation du meurtre d’un Qorayza. Au moment où l’Envoyé d’Allah – sur lui les Grâces et la Paix – fut missionné, il se produisit un meurtre entre eux commis par un Nadîr. Comme les Qorayza réclamait qu’on leur livrât le coupable, les Nadîr répliquèrent en disant :
   — Il y a à présent entre vous et nous l’Envoyé d’Allah – sur lui les Grâces et la Paix – .
   Ils portèrent donc l’affaire devant le Prophète et c’est alors qu’eut lieu la révélation du passage : “S’ils viennent à toi, juge entre eux ou détourne-toi… et si tu juges, juge entre eux avec équité !” ».
   [Dans un autre propos, le fils de ‘Abbas] précise : « En cas de versement du prix du sang, les Nadîr, se considérant comme les plus nobles, exigeaient une “diya” complète pour leurs victimes, mais n’acquittaient que la moitié de cette “diya” lorsque la victime était un Qorayza tué par l’un des leurs. Quand ils portèrent l’affaire devant l’Envoyé, Allah révéla ce verset à leur sujet, et l’Envoyé les amena par conséquent à appliquer le droit dans ce domaine en versant des “diya” identiques dans l’un et l’autre cas ». (Op. cit.)
   Dans ce passage, on note qu’au VIIème siècle, il existait toujours des gens descendants directement des Tribus. A notre époque, qui peut le prétendre, l’affirmer, le prouver ? Tout au plus, on nous parlera (pour l’Europe) de Sefardim (séfarade) : nom donné aux juifs méditerranéens, ou d’Ashkénazes (juifs d’Allemagne). Les uns comme les autres étant incapables de prouver de quelle tribu ils appartiennent. Et ils n’existent que peu d’affection les uns envers les autres, note l’observateur.
[30] Torah : Tu établiras des juges et des scribes (…). Tu ne feras pas dévier le droit, tu n’auras point d’égard aux personnes et tu n’accepteras pas de présent, car le présent aveugle les yeux des sages et ruine les causes des justes. (Deut. 16 18-9 ; Ex. 23 1-9).
   Dans Le commentaire sur la Torah, il est dit : (…) On doit choisir des juges incorruptibles au nombre de trois : si deux d’entre eux ne peuvent se mettre d’accord, le troisième peut trancher. Mais il ne doit pas juger tout seul. Même Dieu n’est pas seul juge, comme le dis le verset : « J’ai vu YHVH siégeant sur le trône et toute l’armée des cieux se tenait à sa droite et à sa gauche (II. Chron. 18 :18). » Les anges se tenaient à gauche et à droite du Saint, béni soit-Il, pour juger les gens. Autrefois, en terre d’Israël, quand un homme était jugé pour un crime capital, les vingt-trois hommes de ce qu’on appelait le Petit Sanhédrin se réunissaient. Un pareil tribunal existait dans chaque cité. A Jérusalem, siégeait une cour de soixante et onze juges appelée Grand Sanhédrin. Les meilleurs des juges, les nassi, se trouvaient à la tête de cette assemblée. C’est une très bonne action que de juger honnêtement sur terre : Dieu dont dépend la sentence se montre alors plein de miséricorde et Il n’est pas amené à punir, car la justice a déjà été rendue en toute équité sur terre. Toutefois quand le jugement se révèle inique, Dieu juge au ciel et prononce la sentence. Il faut bien veiller à choisir des juges qui ne se laissent pas corrompre et qui connaissent parfaitement les lois : on ne doit pas désigner un ignorant. C’est comme si la personne qui nommait le juge rendait elle-même une décision injuste. (…). (Op. cit.).
   En vérité, combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes, Allaha, est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent ! En effet, les gens de la Synagogue ont réduit le pouvoir et la science du Saint et Seigneur d’Israël et des mondes a peu de chose ! Comment peut-on imaginer, Lui, le Créateur obliger de consulter une ou plusieurs de Ses créatures pour rendre une sentence ? N’est-ce pas une atteinte à Sa Dignité ? Le reléguer au rang des créatures ? A entendre le monde de la Synagogue, et se référant à leurs écrits, c’est le beau-père de Moïse qui lui aurait conseiller de ne pas ‘juger’ seul ! (Bible. Ex. 18 13-27).
   Pour rendre la justice de notre temps, et chez les gens de la Bible ; on remarque que cette façon de la rendre, de composer un Tribunal, ressemble d’une certaine façon à celle proposée par les rabbins. Le juge n’est pas autonome. Sa juridiction semble limitée. Et surtout, avec les temps qui courent, il n’est pas seul pour rendre la justice. On lui attribue une ou plusieurs personnes, une cour. Les gens de la Bible semblent n'avoir confiance ni en leur propre justice ni leurs propres juges !
[31] Statut du passage : « S’ils viennent à toi, juge entre eux ou détourne-toi d’eux ! »
   Les commentateurs divergent sur le point de savoir si le statut énoncé dans ce verset est définitif ou s’il a été abrogé. En d’autres termes, les gens détenant l’autorité en Islam ont-ils ou non le droit de choisir de juger les affaires des Gens bénéficiant de la protection (dhimma) des Soumis ou d’un pacte lorsque ceux-ci viennent à les leur soumettre.
   D’après certains commentateurs, rien n’est venu abroger ce statut et les autorités islamiques ont à toute époque, compte tenu de ce verset, le droit de choisir de juger ou de ne pas juger ce genre de questions, de la même façon que Dieu a laissé le choix à Son Envoyé – sur lui les Grâces et la Paix –. Ils se fondent sur les propos suivants :
   Cha’bî et Ibrahîm Nakh’î ont dit [en s’adressant d’une façon générale à ceux des Soumis qui détiennent l’autorité des affaires juridiques] : « Lorsque des associateurs viennent te trouver et te prennent juge, juge alors entre eux ou détourne-toi d’eux ! Mais si tu juges leur affaire, juge-là selon la Loi des Soumis et ne cherche pas ailleurs ! »
   Atâ a dit : « Nous avons le choix : si nous le voulons, nous pouvons juger les affaires entre les Gens du Livre [lorsqu’ils nous les soumettent] et si nous le voulons nous pouvons nous en abstenir et ne prononcer aucun jugement entre eux. Toutefois, si nous jugeons entre eux, nous jugerons par la Loi que nous appliquons entre nous ; sinon, nous les laissons avec leur propre lois qui jugera entre eux ».
   D’autres commentateurs disent que le droit de choisir dans ce domaine est abrogé et que celui qui détient l’autorité parmi les Soumis est tenu de juger les affaires des Gens bénéficiant de la protection (dhimma) lorsque ceux-ci viennent les lui soumettre, en tenant compte dans son jugement de la vérité [ou : du droit] et qu’il ne lui est pas permis de s’abstenir d’étudier leur affaire. Ils se réfèrent aux propos suivants :
   D’après Ikrima et Hasan Baçri le statut énoncé dans ce verset est abrogé par le passage suivant : « Et juge entre eux au moyen de ce qu’Allah a fait descendre… » (Coran V 49).
   Moujâhid a dit : « Il n’y a que deux versets de la sourate de la Mense (Coran V) qui ont été abrogés :
   “S’ils viennent à toi, juge entre eux ou détourne-toi d’eux !” (42) a été abrogé par le verset suivant : “et juge entre eux au moyen de ce qu’Allah a fait descendre…” (49) ;
   “O vous qui croyez ! Ne profanez pas les “enseignes” d’Allah ni le mois sacré ni les “offrandes sacrificielles” ni les “torques sacrés” ” (V, 2) a été abrogé par le passage suivant : “Et tuez les associateurs où que vous les trouviez ! ” (Coran IX 5).
   Commentaire de Tabari : Pour moi, le plus pertinent de ces avis est celui qui considère que le statut énoncé dans ce verset est définitif et que les autorité ont toujours le choix en la matière lorsque des gens liés aux Soumis par un pacte viennent porter devant eux leurs affaires en requérant un jugement de leur part. Nous disons que cet avis est le plus exact, car ceux qui considèrent qu’il est abrogé ne se réfèrent qu’au passage suivant : « et juge entre eux au moyen de ce qu’Allah a fait descendre… ». Or comme nous l’indiquions dans notre livre “Explication des Fondements des Lois” (bayân ‘an ouçoûl alahkâm), un passage n’est abrogeant pour un autre que lorsqu’il l’annule totalement sous les mêmes rapports. Ce n’est pas le cas ici, car ces deux passages ne s’opposent nullement ; le passage soi-disant abrogeant « et juge entre eux au moyen de ce qu’Allah a fait descendre… » signifie en fait : et juge entre eux, lorsqu’ils te soumettent leurs affaires… ; ce passage ne s’oppose en rien avec le passage commenté ici. (Op. cit.)
   On notera que le Droit islamique à une bonne longueur d’avance par rapport à tout autre droit. Nous sommes au VIIème siècle, et on permet aux gens de la Bible, de l’époque et qui vivent avec les gens soumis ; de juger les leurs avec leur propre loi : en l’occurrence ici la Loi toranique. Comment oser dire, comme les mauvaises langues, que la Loi coranique est une loi ringarde, arriérée, injuste, non adaptée à l’époque que nous vivons ?
   En étudiant l’histoire biblique, en l’occurrence des gens de l’Evangile, on remarquera que ces derniers non jamais accordés un « statut légal » aux gens de la Torah vivants parmi eux. 
[32] Ou Torah. Il existe plusieurs façons de l’orthographier.
[33] Nous le verrons plus loin concernant les lois qui effraient l'humain. L’application de la Loi (halakhah)… Ecrire se dit en hébreu : Qoara… En araméen, la Qoaran désigne la Torah écrite…De là sortira pour les arabes le mot Qoran (« Torah écrite »). Vous voyez la différence entre le Coran et la bible : le Coran est d’abord la transmission orale d’un écrit : c’est à dire la tête à l’envers par rapport à la Révélation, vous comprenez ? !
   Miqra Lecture, terme auquel correspond le mot Kor-an, le Coran des arabes. Toutefois Mikra désigne plus communément l’ensemble de leurs canons des saintes Ecritures, composé de livres légaux, livres moraux et livres historiques. (Rabbi P. Nathan. La lecture juive de la bible.)
   Rabbi P. Nathan : Je vous ai expliqué à l’époque de Jésus, il y avait bien des livres, il y avait notamment le livre du Pentateuque : penta veut dire cinq, donc les cinq premiers livres de la bible, que l’on appelle en hébreu la Torah), et en araméen, Karian. Du coup Karian, c’est de l’hébreu, et comme le Juif qui arrive à la Mecque veut donner la Karian aux arabes, cela donne le Coran.
   C’est la même chose : Coran veut dire Torah. Coran ne veut pas dire le texte que les musulmans ont dans la main.
Le Coran, dans le texte du Coran, désigne la Torah. C’est seulement deux siècles après qu’on va appeler Coran le bouquin construit par Ottoman en 660. Vous lirez cet article, et dès que vous voyez un musulman, vous le lui donnez, il a droit à la vérité. Chaque fois qu’un Musulman est venu me visiter à l’ermitage, je lui montre les textes, il a droit à savoir à ce qu’il y a dans le Coran, mot à mot. Ce n’est pas mon opinion, c’est ce que dit le Coran. A chaque fois, il est reparti, et cela a abouti à un baptême. Il n’y en a eu que trois, mais c’est déjà pas mal. Les Musulmans y ont droit, ils aiment la vérité, surtout celle que dit le Coran explicitement. Il ne faut pas dire que ce sont des hurluberlus qui se moquent de la vérité, c’est très irrespectueux.
   (..) La première grande division a été la division entre l’église sémite et l’église des Gohim. L’Eglise s’est divisée en église ébionite et en église apostolique, chrétienne, l’église des païens, mais jusqu’au XIIIème siècle les deux cohabitaient. Cette scission a donné l’Islam, il ne faut pas l’oublier : l’Islam est une création des Juifs qui croient que Jésus est le Messie mais qui ne croient pas qu’il est Dieu. Le Coran a été créé par ces Juifs. (Op. cit.)
   En vérité, combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes, Allaha, est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
   L'Islam est une création pure du Miséricordieux, non des Fils d'Israël et des Judaïsés.
[34] Tout ce passage, qui se présente sous la forme d’un discours que Dieu adresse à Son Prophète, constitue ainsi une réalité un blâme sévère à l’encontre des Juifs au sujet desquels ce verset fut révélé ; Dieu leur dit en quelque sorte ceci : ô Juifs ! Comment allez-vous donc admettre le jugement de Mon Prophète Mohammad – sur lui les Grâces et la Paix – alors que vous lui déniez la fonction prophétique, que vous le considérez même comme un menteur et que, par ailleurs, vous négligez totalement d’appliquer Ma Loi que J’ai formulée dans la Torah que vous prétendez pourtant reconnaître, car si vous négligez déjà cette Loi vous serez, à fortiori, portés à ne tenir aucun compte du jugement de Mon Prophète Mohammad dont vous rejetez la fonction prophétique. Or donc « ces gens-là ne sont point croyants » : O Mohammad ! le comportement de ces gens qui agissent ainsi n’est pas un comportement de gens de foi. (Op. cit.).
[35] A l’instar de Nemrod.


Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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25/06/08 .

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