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selon l'Écriture et la Tradition
Au
nom de Dieu
le
Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux !
Et après :
Louange à Dieu et prière et paix sur le Prophète Mohammad[1], le meilleur d'entre Ses créatures et sur sa famille !
Les gens de la famille des traditionnistes et de la Communauté islamique.
Cette dénomination esr attribuée généralement[2] aux gens des deux Ecoles du Monothéisme : Ach’arites et Matouridites. Et des quatre Ecoles juridiques : Hanafites, Chaféites, Malékites et Hanbalites. Tous formant la grande famille de l’Islam traditionnel.
Dans l’ouvrage : la Profession de foi des traditionnistes[3], est écrit :
[72] Nous condamnons tout soulèvement contre nos dirigeants, contre tous ceux qui sont à notre tête, quel qu'ils soient, même oppresseurs. Nous condamnons également tout appel à la révolte contre eux. Nous ne devons pas cesser de leur obéir. Pour nous, leur obéissance, qui fait partie de l'obéissance à Dieu (Puissant et Majestueux), est obligatoire. Nous implorons en leur faveur l'amélioration et la grâce de Dieu.
Commentaire de l'Imam Ibn Abî al-Izz al-Hanafî[4]
: Dieu (exalté soit-Il !) a dit : « ô Vous qui croyez, obéissez à Dieu
et obéissez au Messager et à ceux qui gouvernent parmi vous
» [Coran IV. 59]
On rapporte du Prophète (sur lui Prière
et Paix !) ce dire : « Celui qui m'a obéit à obéit à Dieu, celui qui me
désobéit, a désobéit à Dieu. Celui qui obéit au dirigeant, m'a obéit et celui
qui désobéit au dirigeant m'a désobéit. » [Bokhârî, Mouslim]
D'après le père de (abou) Dharr (que Dieu
l'agrée) celui-ci a dit : « Mon ami [le Prophète] m'a recommandé d'écouter
et d'obéir, même à un serviteur abyssin[5]
dont les membres sont mutilés.» [Mouslim]
D'après la version de Bokhârî : « Et même
à l'abyssin dont la tête est tel un raisin sec[6].
»
Toujours dans les deux recueils authentiques[7]
: « Le soumis[8]
doit écouter et obéir pour ce qui lui plait ou ce qu'il déteste, sauf à un ordre
qui entraîne la désobéissance [à Dieu et à son Messager]. Dans ce cas, il ne
doit pas écouter ni obéir. »
La personne n'écoute pas l'ordre, mais doit continuer à obéir en général et
ne pas se révolter[9].
On rapporte de Hudhayfa fils de Yamân (que
Dieu l'agrée) ceci : « Les gens questionnaient le Messager de Dieu à propos
du bien, alors que moi je le questionnais à propos du mal, par crainte d'en
être atteint. J'ai dit : Messager de Dieu : Nous étions dans une époque de l’Ignorance
et dans le mal, puis Dieu nous a fait don de ce bien (l'Islam).
- Hudhayfa[10]
: Y aura-t-il après ce bien un [autre] mal ?
- Le Messager : Oui.
- Hudhayfa dit : Est-ce qu'après cet autre mal, le bien reviendra
- Le Messager : Oui, mais il y aura en ce bien une fumée noirâtre...
- Hudhayfa : Mais qu'est ce que cette fumée noirâtre qu'il y aura dans
le bien ?
- Le Messager : Des gens qui ne se conduiront pas selon ma conduite[11],
ils ne guideront pas dans la voie dans laquelle j'ai guidé. Tu y reconnaîtras
les choses [conformes à la loi de Dieu] et tu en ignoreras d'autres.
- Hudhayfa : Et après ce bien, y aura-t-il un mal ?
- Le Messager : Oui, des individus qui attireront des gens aux portes
de l'Enfer. Celui qui leur répondra, ils le précipiteront [en Enfer].
- Hudhayfa : Décrits-les moi !
- Le Messager : Ils sont de notre souche, ils parlent notre langue[12]
!
- Hudhayfa : Que m'ordonnes-tu de faire, si je vis jusque là ?
- Le Messager : II ne te faut absolument pas te séparer de la communauté
des Soumis et de leur dirigeant.
- Hudhayfa : Et si ces Soumis n'ont pas de communauté (djamâ’a)
et pas de dirigeant[13]
(Imam) ?
- Le Messager : Éloigne-toi de toutes ces factions sans exception, même
s'il te faut mordre à la racine d'un arbre, et cela jusqu'à ce que la mort te
saisisse. [Bukhârî - Mouslim - Tirmîdhî]
On rapporte que le fils de ‘Abbas (que Dieu l'agrée) a dit : « Le Messager de Dieu a dit : Celui qui remarque chez son dirigeant quelque chose qui le répugne, il lui faut patienter, car celui qui s'écarte de la communauté, ne serait-ce que d'un empan, puis meurt, sa mort est une mort de l'époque de l’Ignorance[14]. » [Bokhârî et Mouslim] Dans une autre version : « II s'est défait[15] de l'Islam. » [Ahmad]
On rapporte de ‘Aouf fils de Mâlik (que Dieu l'agrée) ceci : « Le Messager de Dieu a dit : Les meilleurs de vos dirigeants sont ceux que vous aimez et qui vous aiment. Vous invoquez Dieu en leur faveur et ils l’invoquent en la vôtre. Les plus mauvais de vos dirigeants sont ceux que vous détestez et qui vous détestent, vous les maudissez et ils vous maudissent. On dit : ô Messager de Dieu, pourrions-nous à ce moment-là, les passer par l'épée ? Le Messager répondit : Non, tant qu'ils vous imposent la prière. Celui qui voit son dirigeant désobéir à Allah, doit détester l'acte de désobéissance de son dirigeant, mais il ne doit jamais se rebeller, ni se soustraire à son autorité.» [Mouslim]
Le devoir d'obéir au dirigeant tant que celui-ci n'appelle pas à la désobéissance de Dieu est mentionné dans le Coran et la Tradition[16].
Dieu a dit[17] : « Obéissez à Dieu et obéissez au Messager et à ceux qui, parmi vous, détiennent l'autorité[18]. » [Coran IV 59]
On
peut remarquer, dans ce verset que Dieu prononce deux fois le verbe « obéir
» pour Lui et pour Son envoyé et non pas pour les dirigeants de la communauté.
L'obéissance au Messager est absolue, car lui obéir, c'est obéir à Dieu. Quant
aux dirigeants de la communauté, Dieu n'utilise pas le verbe « obéir » pour
une obéissance absolue car les dirigeants peuvent ordonner de désobéir à Dieu,
c'est pour cela que l'obéissance n'est pas absolue. Il faut leur obéir sans
cesse, mais pas quand il s'agit de désobéir à Dieu. Il faut leurs obéir, même
s'ils sont oppresseurs.
Le fait de leurs désobéir entraîne des conséquences bien
plus graves que leur oppression. Le fait de patienter à toute oppression de
leur part, absout les péchés et multiplie les récompenses auprès de Dieu. Si
Dieu nous a imposés de tels dirigeants, c'est bien pour
nos mœurs corrompues[19].
La rétribution dépend de la nature de l'acte.
Ainsi nous devons multiplier nos efforts pour demander le
pardon à Dieu, pour le repentir et pour une réforme des mœurs.
Dieu
le Très-Haut a dit :
- « Et ce qui vous atteint de quelque atteinte, c’est pour ce que vos
mains se sont acquis. » [Coran XLII 30]
- « Quoi ! quand un malheur vous atteint, mais vous en avez
jadis infligé le double, allez-vous dire : « Comment se fait-il ?
« Dis : « C’est de la part de vous-mêmes. » [Coran III
165]
Dieu a dit : « Tout bien qui t’atteint
serait de la part de Dieu, et tout mal qui t’atteint serait de ta part ?
» [Coran IV 79]
« Et ainsi désignons-Nous les prévaricateurs comme
chefs les uns des autres, pour prix de ce qu’ils s’acquéraient. »
[Coran VI 129]
Si le peuple désire se débarrasser
de l'injustice du dirigeant injuste, qu'il abandonne lui-même l'injustice[20].
L'obéissance au détenant de l'autorité est un fondement appliqué par les Compagnons,
la génération suivante et bien d'autres. ‘Abdullah fils de ‘Omar a vécu sous
le Califat de Yazîd fils Mou’awiyya[21]
et de son bras droit Hadjadj fils de Yoûsouf Thaqafî[22]
et malgré l'oppression de ce dernier, le sang versé injustement, la transgression
des commandements de Dieu, le meurtre de certains responsables de la communauté,
tels que Sa’d fils de[23]
Djoubayr et Hasir fils de Zoubayr (à la Mecque), le fils de ‘Omar ainsi que
ceux de la génération des Suivants : le fils de Mousîb, Hassân le Basrî[24],
le fils de Sarîr et Ibrâhîm le Taymî, n'ont jamais cessé d'obéir au Calife[25].
Alors que, s'ils l'avaient désiré, ils auraient pu appeler la communauté au
soulèvement contre le Calife, mais ils ne l'ont pas fait par crainte de désobéir
à Dieu et à Son Messager.
De même que les Abbassides[26]
qui se sont imposés par l'épée et ont tué tous les dirigeants Omayyades[27].
Ils ont tué : le fils de Hubayra, Commandeur de l'Iraq, tué le Calife Marwân.
L'on raconte que quatre vingt membres de la famille Omayyade ont été tués en
une seule journée. A cette époque, les Savants [religieux] tels que : Aouzât,
Mâlik fils de Anas, Zouhrî, Laythî fils de Sa’d et ‘Atâ' fils du père de Ribâh,
ne se sont pas impliqués dans ces événements et, malgré tous, ont continué à
obéir aux nouveaux dirigeants.
Les
Savants [religieux] de la génération suivante : Ahmad fils de Hanbal, Mohammad
fils de Isma’ïl, Mohammad fils de Idrîs, Ahmad fils de Noûh, Ishâq fils Rahwiyya
ainsi que d'autres ont également vécu sous l'égide de certains dirigeants innovateurs,
niant les attributs divins et obligeant le peuple, notamment les Savants à en
faire de même. Certains furent torturés, emprisonnés et même tués c'est le cas
du Savant Muhammad fils de Nasr. Cependant, aucun de ces Savants ne s'est rebellé,
ni appelé à la révolte.
Dires de Savants sur l'obéissance aux autorités islamiques :
Hassân le Basrî (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit concernant les
Dirigeants : « C'est eux qui assument les cinq points suivants : La Prière du
vendredi, la Prière en assemblée, la Prière des fêtes, la préservation des frontières
et des sentences. Ce n'est qu'avec cela que Dieu établira la religion. Même
si les dirigeants commettent l'oppression et l'injustice, celui qui se sépare
d'eux commet une hérésie. » [Adâb Hassân le-Basrî – le fils de Djaouzî]
L'Envoyé
de Dieu a dit : « II y aura certes, après moi de l'injustice et des choses qui
vous paraîtrons non conformes à la religion. » Quelqu'un dit : « ô Messager
de Dieu, qu'ordonnes-tu à celui qui assistera à cela ? »
II répondit : « Vous devez vous acquitter de vos devoirs envers celui qui vous
oppresse et implorer Dieu votre bienfaiteur. » [Bokhârî, Mouslim]
On
posa la question suivante au Messager de Dieu : « Si les Dirigeants sont
oppresseurs, les Soumis doivent-ils se soulever contre eux ? »
Il répondit : Non, tant qu'ils vous prescrivent la prière, excepté s'ils déclarent
ouvertement que l'hérésie est permise[28].
» [Bokhârî, Mouslim]
L'Imam Hassân fils de ‘Alî Barbahârî (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit : « Lorsque tu verras quelqu'un appeler au soulèvement contre le Dirigeant [en place], sache qu'il est sous l'emprise de ses passions. Par contre, lorsque tu entendras quelqu'un prôner la bonne entente avec le Dirigeant[29], sache qu'il est pratiquant de la Norme du Prophète. » [Le Livre de la Tradition de l'Imam Barbahârî]
L'Imam[30] Fadîl fils de ‘Iyâd (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit : « Si j'avais à lancer un appel aux Soumis, ce serait en faveur d'une bonne conduite envers le Dirigeant. » II dit également : « On nous a ordonné une attitude convenable envers eux, et non pas à nous soulever contre eux, même s'ils commettent l'oppression et l'injustice, car leurs actes ne retombent que sur eux, alors qu'une attitude convenable ne peut que profiter aux Soumis. » [Tabaqât al-Hanbaliyya]
Le fils de Hâdjar Asqalânî (que Dieu lui fasse miséricorde !) cite le consensus des Savants traditionnistes à propos de l'obéissance au dirigeant ayant pris le pouvoir par la force : « Les juristes [traditionnistes] sont unanimes quant à l'obéissance au dirigeant sorti vainqueur et le fait d'accomplir le djihad[31] avec lui. Que lui obéir est préférable au soulèvement qui a pour conséquence l'effusion du sang et la répression du peuple. » [Fath al-Barî- du fils de Hâdjar Asqalânî]
Le fils de Qaym Djaouziyya[32] (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit : « Ce qui est permis dans le fait d'ordonner le bien et d'interdire les actes répréhensibles au dirigeant c'est : L'exhortation et le rappel. » [Les bonnes convenances légales - Al-adâb ach-char’ïya]
D'après 'lyâd fils de Ghanam, le Messager de Dieu a dit : « Celui qui veut faire une recommandation au dirigeant, il ne doit pas la faire publiquement. Il doit se retirer avec lui et s'il accepte, il en sera ainsi. Sinon la personne aura accompli son devoir. » Dieu le Très-Haut a dit : « Et endure avec constance, devant l’ordre de ton Seigneur ! car en vérité tu es sous Nos yeux. » [Coran LII 48]
Hassân le Basrî (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit : « Par Dieu, si les gens patientaient face à l'oppression du dirigeant, Dieu ne tardera pas à la dissiper. Mais s'ils s'empressent à prendre les armes contre le dirigeant, par Dieu, jamais ils ne connaîtront un jour meilleur[33]. Puis Hassân le Basrî récita le verset 137 de la sourate Les limbes[34] et dit ensuite : Sache - puisse Dieu t'accorder Sa grâce - que l'oppression des rois[35] n'est que l'irritation de Dieu le Très-Haut et l'on ne peut faire face à Son irritation avec l'épée. Son irritation ne peut être apaisée que par les invocations, le repentir et la reconnaissance de ses péchés. Si tu prends l'épée face à l'irritation de Dieu, celle-ci sera encore plus tranchante [que l'épée]. » [Bonne convenance - Adâb Hassân le Basrî – le fils de Djaouzî]
Des dires de gens importants dans l'histoire de l'Islam [traditionnel] sont nombreux, nous en avons cité que quelques-uns parmi tant d'autres, que nous pouvons retrouver dans des ouvrages consacrés à la relation entre le peuple soumis et le détenant de l'autorité… [Explicit]. (La Profession de foi des traditionnistes – Abou Dja’far Tahâwî).
Conclusion : L’attitude, à notre époque, à adopter semble être celle de Hassân le Basrî (que Dieu lui fasse miséricorde !). Après la chute de l’Empire ottoman, puis la colonisation, la dé-colonisation, la Communauté islamique a due faire fasse à de nombreux problèmes, tant intérieur qu’extérieur. Cette multitude d’Etats, aussi différents les uns des autres, n’allait pas arranger son état. Puis, on a vu, çà et là, émerger des groupements, des groupuscules (notamment dans le monde arabe) en tout genre. A une époque, l’époque où le monde était divisé en deux blocs distincts (est-ouest), on allait alors assister, au sein du monde biblique, politique ; à une course effrénée, sans fin, vers…. Chaque bloc voulant faire prévaloir son droit sur ces Etats nouvellement construits, lesquels rapidement deviendront et devront devenir Etats assujettis à leur gouverne ! Des Etats où leur sphère d’influence s’étendrait… En clair, des pays satellites… On allait quitter une forme d’esclavage pour entrer dans une autre forme. Les intérêts de certains, de certaines nations étant, nous dit-on, en jeu ! Parallèlement à cela, des hommes émergeront de la Communauté appelant à renverser le pouvoir en place[36] ! Ce sera le cas en Egypte[37], Irak, Syrie, ect. Résultat. Cela se terminera en bain de sang, en une répression sanglante... On notera alors dans cette tornade un nombre important de morts de part et d’autre. Final. Egal : néant. Dans certains pays arabes, on assistera même à un éloignement du peuple de sa religion. A une hostilité franche contre toute personne portant une barbe et cherchant à s’habiller d’une façon traditionnelle… Notre Tradition et nos valeurs seront foulés au pied, piétinés…
Notre temps. Il bouge d’une façon rapide mais désordonné. Certains suivants des idéologies, des groupuscules, des partis[38], etc., ne sont-ils pas pour l’emploi de la force ? Selon eux, rien de peut changer, au sein de la société, que par elle ! La force contre la force que peuvent-elles donner ? Ces sortes d’individus comme le note si bien l'Imam Hassân fils de ‘Alî Barbahârî (que Dieu lui fasse miséricorde !), ne sont-ils pas sous l'emprise de leurs passions ? D’une soif du pouvoir ? Ne l’oublions pas, au temps de Othman (que Dieu l’agrée !), les opposants à son pouvoir ne demanderont-ils pas son départ ? Et qu’étaient-ils ? Des sectaires[39]. Son refus de leur obéir lui coûtera la vie[40]…
A notre époque, pour bon nombre de gens, l’Islam est une chose nouvelle. On ne connaissait rien, puis d’un coup tout est venu. Le risque. Qu’on tombe entre des mains qui loin de vous guider vous entraîne loin loin de la Vérité. Ne l’oublions pas, bon nombre de gens, bien que nouveaux, reste imbibé d’une idéologie étrangère. Et pense, à tort, que celle-ci serait bonne à entrer dans l’Islam ! A en faire partie intégrante ! Absence d’information, absence d’une étude poussée auprès de Maîtres compétents risque parfois de tout gâcher, et d’égarer plus que de guider. Il faut comprendre que nous ne pouvons pas changer la société[41]. Par contre, est en notre possession de changer notre état, de mauvais vers le meilleur. De passer d’un état de désobéissances divines à un état d’obéissance divine. D’un état de léthargie à un état d’éveil. De comprendre également que le Partissisme[42] n’est pas notre voie ni notre salut. Si tel avait été le cas, Pharaon aurait gagné sur le Prophète Moïse (sur lui la Paix !). Si la Politique était maître de quelle chose, si par elle il existait un moyen efficace de faire bouger les choses, Pharaon n’aurait jamais périt noyé. A force de mettre la Politique[43], de la Politique dans toutes les choses, rien ne se fait et on finit, tôt ou tard, par devenir paranoïaque[44]. Ne dit-on pas qu’elle est l’art du mensonge ? De même, si posséder l’argent, la finance, l’or, etc., était un moyen efficace de salut et de réussite, Coré n’aurait jamais été englouti (Coran XXVII 76 et sv. ; XXIX 39, etc.). Salomon, le prophète, lui, choisiera la science divine (Coran XXVII 15, etc.), et il héritera alors d’un Royaume immense et de nombreux autres bienfaits. Il y a deux façons d’employer les choses que le Seigneur des mondes nous attribue : dans Son obéissance ou l’inverse. De même, on doit toujours avoir en mémoire que notre saint Prophète a été envoyé aux mondes comme miséricorde (Coran XXI 107). Deviendrons-nous son contraire ? Deviendrons-nous des fléaux pour les gens insoumis[45] ? Prendrons-nous les moyens de transports, mis à notre disposition, sans avoir au préalable payé notre ticket ? Allons-nous chercher à téléphoner sans payer ? Agir de même avec l’électricité que nous employons ? Allons-nous déclarer que voler un insoumis est légal ? Que piller les magasins est légal ? Que braquer une banque est légal ? Qu’attaquer une personne âgée pour s’acheter ensuite quelque chose est légale ? Qu’insulter un insoumis est légal ? de même un membre des forces de l’Ordre ? ou de le tabasser ? Que manquer de respect avec autrui est légal ? Que coucher avec la première venue est légal, notamment si celle-ci est étrangère à notre culte ? Que s’abstenir de payer ses contraventions est légal ? Que transgresser la loi est légale ? La liste peut-être encore s’allonger… Si tel est le cas, n’avons nous pas déshonnoré notre saint Prophète (sur lui Prière et Paix !), sa sainte personne et son enseignement ? De même, les Anciens : les Compagnons ? Car ni le Seigneur des mondes ni Ses envoyés les prophètes ne commandent ou ont commandé au monde le blâmable et la turpitude. Le dire, n’est-ce pas les faire mentir ?
Que le Seigneur des mondes nous guide tous vers ce qu’Il aime et agrée !
[1]
Formules d’eulogies : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde,
etc., formules propres à l’Islam traditionnel. Le terme “prie” s’emploie pour
le divin Créateur, les Anges. Les exégètes interprètent la “prière” divine
comme étant un octroi de Sa miséricorde et la “prière” angélique comme une
demande de pardon pour les créatures.
[2]
Pour d’autres significations voir les ouvrages traitant de ce sujet. Généralement,
les gens refusant le taqlid (c’est-à-dire le fait de prendre une parole
de quelqu’un d’autre sans en connaître la source (dalîl)), se considèrent
détachés de ce qui vient d’être mentionné. Ce qui a eu pour conséquence
directe de faire naître une multitude de sectes, de cheikhs en herbe.
Selon les partisans de cette « Séparation », pour vivre pleinement
sa foi et sa religion, il vous faut deux choses : le Coran et la Tradition
(entender : les Recueils des paroles prophètiques : Bokhari, Mouslim,
etc.). C’est la même pensée que les gens de la Réforme dans le monde de l’Evangile.
Ce qui a eu aussi, pour conséquence chez eux, de voir apparaître une multitude
d’Eglises et de sectes et d’avis différents… Sans doute, certaines gens ont
du mal à accepter d’obéir à un autre, de se plier à certaines règles élémentaires,
d’où cette scission, cette mauvaise humeur de leur part, cette agressivité
permanente, cette attitude de se détacher de l’autre... Exemple : un
« détaché » à du mal à avaler qu’une personne prenne une autre personne
comme maître, comme cela est si fréquent dans les confréries, les membres
du Soufisme. Son état à lui ne peut le lui permettre. Il ne peut accepter
cela, d’où sa révolte sa colère envers autrui. De nos jours, cette forme de
pensée, cette idéologie, semble se retrouver au sein d’un mouvement appelé :
Salafisme. Qui n’a rien à voir, mentionnons-le au passage, de près ou de loin,
avec nos pieux salafs, c’est-à-dire nos Anciens = les Compagnons (que
Dieu les agrée !) (ce nom leur sera d’ailleurs emprunté à mauvaise escient).
Le Salafisme est donc une Ecole particulière, ayant sa propre Ecole de pensée
sur le Monothéisme, sa propre Ecole de pensée sur la juridiction. Parmi les
maîtres, on retrouve, le fils de Taymiya, son élève : le fils de Qaym
Djaouziyya, Mohammad fils d’Abdel Wahhab, pour ne citer qu’eux. Leur
haine et leur inimitié envers les Ecoles du Monothéisme et les Ecoles juridiques
ne feront-ils pas qu’ils emploieront tout leur temps, leur savoir, leur science,
leurs efforts à dénigrer autrui et à remettre en question l’Islam pratiqué
avant eux ? Ne seront épargnés, dans cette course effrénée à la démagogie
et la dénigration, ni les Savants ni les Saints de notre communauté. Tous
étant considérés comme des associateurs ou innovateurs ou égarés ! De
la mort de notre saint Prophète (sur lui Prière et Paix !) jusqu’à leur
époque. N’iront-ils pas jusqu’à refuser, de même de suivre les pratiques de
certains Compagnons. Ainsi, ne diront-ils pas, par exemple, que les prières
reposantes (tarawi) du mois de jeûne du ramadhan (20 cycles, rak’at)
sont une tradition d’Omar !? Ce qui signifie pour eux, qu’ils
ne sauraient la prendre en compte, en considération ! ? Les exemples
de ce genre ne manquent pas. Selon eux, les mouqalids (ceux qui prennent..)
sont des walous, eux, des walis ! En clair, eux des saints,
les autres, des moins que rien ! Drôle de conception pour un monde
qui prétend revenir aux sources de l’Islam et réformer autrui !
[3]
Voir pour une traduction de cet ouvrage, en français, aux Editions Sabil.
[4]
(731/792H). Il est présenté comme un disciple du traditionniste, historien
et commentateur du Coran, le fils (ibn) Kathîr. Lequel est connu, lui-même,
pour avoir été un disciple d’un Kurde : le fils (ibn) de Taymiya. En
lisant ce commentaire, on peut être surpris du décalage qui existe entre les
disciples, d’une part, et l’enseignement de leurs maîtres d’autre part. Ce
qui aura pour résultat de donner naissance à des goupements, des groupuscules
divers : iédéologiques ou politiques et des mouvements comme le Salafisme.
Qui eux, face à d’autres gens de l’Islam traditionnel et de leurs gouvernements,
représentants religieux, etc. ; sont pour la manière forte, pour l’emploi
de la force si nécessaire est et le renversement de toute personne qui ne
leur convienne pas et ne se plie pas à leurs injonctions. Serions devenus
comme les gens de la Thora qui font et refont les gouvernements ?
[5]
Éthiopien. La couleur de peau ne compte pas.
[6]
Dont la beauté est moindre, le corps meurtri.
[7]
Recueils des paroles prophétiques : Bokhari et Mouslim..
[8]
Commun, courant : musulman.
[9]
une maîtrise de soi est plus que nécessaire. Nul besoin donc de lois sur et
contre le racisme. Cette attitude fait partie intégrante de nos croyances.
Et cela depuis plus de 14 siècles.
[10]
En arabe : il dit. La forme du dialogue diffère par rapport à notre langue.
L’approche n’est pas la même.
[11]
Autre : tradition, norme. Arabe : sounnah.
[12]
l’arabe.
[13]
C’est le sens du mot imam.
[14]
arabe, djâhiliya.
[15]
séparé.
[16]
Dans le jargon politique, biblique, cela ne s’appellerait-il pas plutôt
absence de démocratie ? C’est d’ailleurs le reproche fait par
le monde biblique, d’où leur incitation permanente à former un mouvement d’opposition
pour un changement rapide et véritable, vous dira-t-on encore ? On prend
les mêmes et on recommence…
[17]
Selon Tabari : Dieu veut dire ceci : ô vous qui croyez ! obéissez
à votre Seigneur en respectant Ses ordres et Ses interdits et obéissez à Son
Messager Mohammad (sur lui Prière et Paix !), car en lui obéissant vous
obéissez en fait à votre Seigneur puisque c’est sur Son ordre que vous obéissez
au Prophète !
Les commentateurs divergent à propos de ce passage. En
quoi exactement consiste l’obéissance au Messager ? Toujours selon Tabari :
L’avis le plus pertinent est de dire qu’il s'agit ici des commandeurs (oumarâ’)
et des gouverneurs (woulât), car de nombreuses données traditionnelles authentiques
confirment que le Prophète avait ordonné aux croyants d’obéir aux « imâm »
et aux gouverneurs pour tout ce qui est conforme à l’obéissance due à Dieu
et à l’intérêt (maçlaha) des Soumis.
D’ailleurs au Messager de dire : « Après moi,
il y aura des gouverneurs qui vous gouverneront ; le pieux (birr) vous
gouvernera grâce à sa piété (birr) et le dépravé vous gouvernera avec sa dépravation.
Écoutez-les et obéissez-leur en tout ce qui s’accorde avec le Vrai [autre
traduction : le Droit ] et priez derrière eux ! S’ils agissent bien
ce sera en leur faveur et en la vôtre, s’ils agissent mal, ce sera en votre
faveur et à leurs dépens ». (d’après Abou Horeirah…).
Conclusion : Contrairement à l’idée reçue, l’obéissance
n’est pas une obéissance aveugle. Elle est soumise à conditions et à une contrepartie.
[18]
Ce sont les gens qui possèdent la science (‘ilm) de la religion (dîn) et qui
ont la juste compréhension (fiqh) : les Savants [religieux]. C’est
l’avis de Moudjâhid, de ‘Ata fils de Sâ’ib… La plupart des Savants penchent
plus pour cet avis.
[19]
Ceux qui dirigent sont l’émanation du peuple. Eux-mêmes en sortent. Ils ne
viennent pas de l’extérieur.
[20]
Excellent conseil. Avant de critiquer autrui, sommes-nous parfait ? Mieux
que lui ? Bon nombre de gens estiment d’ailleurs que les dirigeants sont
à l’image du peuple. Son reflet.
[21]
personne peu aimée par le monde du Chiisme. Le père comme le fils. Pour
eux, les vicariats d’Abou Bakr, Omar fils de Khattab, Othman fils de ‘Affan,
sont illégaux.
[22]
époque très dure.
[23]
Arabe, ibn, hébreu, ben, Afrique du Nord : ben.
[24]
de Bâsra.
[25]
arabe, khalifah = vicaire, successeur de.
[26]
Dynastie de califes arabes, fondée par Abou al-‘Abbas, descendant de ‘Abbas,
oncle du Prophète. Elle détrôna les Ommeyades, en 750 et régna jusqu’en 1258.
Elle fit de sa capitale, Bagdad, un brillant centre de civilisation.
[27]
Dynastie de califes arabes, qui régna à Damas de 661 à 750. Son empire s’étendit
à la plaine de l’Indus (710-714). Grands bâtisseurs, les Ommeyades embellirent
Damas, Jérusalem, Kairouan. Miné par les querelles intestines, l’Empire ommeyade
tomba sous les coups des ‘Abbassides. Mais une personne rescapée de la famille
régnante, ‘Abdarrahman 1er, fonda l’émirat ommeyade de Cordoue
(756-1031), érigé en califat en 929.
[28]
L’innovation. Exemple : un dirigeant tunisien n’appela-t-il pas, naguère,
son peuple à ne plus faire jeûne en mois de ramadhan ? Cause : le
travail pénible effectué par certaines catégories de personnel ! Autres
exemples : invitation pour les hommes à ne plus porter la barbe, invitation
pour le sexe féminin à ne plus couvrir sa tête, etc. La fin de la colonisation
a fait apparaître, dans certains Etats islamiques dont arabes, ce genre de
chose, qui perdure d’ailleurs pour certains jusqu’à notre époque.
[29]
A notre époque, il n’existe pas un Empire islamique avec un calife. Mais une
multitude d’Etats. Certains sont de type royaliste, d’autres, de type
républicanisme ou de tout autre type... Ce qui engendrera un individu
élevé dans l’idéologie « républicanisme », un autre dans
le royalisme, etc. Il n’est pas rare ensuite de les voir s’affronter,
à la grande satisfaction des adversaires de l’Islam…
[30]
Imam d’une grande renommée.
[31]
La guerre sainte. La guerre tout court en arabe, ce dit : al-harb.
[32]
Ne pas confondre avec le fils de Qaym Djaouziyya,
lequel était disciple du fils de Taymiya. L’un et l’autre, et contrairement
à l’idée reçue, non rien à voir, de près ou de loin, avec l’Ecole hanbalite.
Ils ont leur propre Ecole de croyances et de juridiction… Des mouqalids
et des non mouqalids peuvent-ils être pareils ? Le sucre et le
sel sont-ils pareils ? Alors pourquoi vouloir assembler ce qui refuse
de l’être ?
[33]
Au temps de l’Empire ottoman, le monde arabe ne saura patienter. Ne se joindra-t-il
pas au mouvement de contestation ? L’Anglo-saxon, biblique, qui était
à l’affût, n’attendait-il pas tranquillement son heure ? Déjà, il avait
tisser sa toile. Il profitera de l’animosité régnante entre Arabes et Turcophones
pour l’exploiter à des fins personnelles. On a fait miroiter… Depuis ce temps,
le problème de la Palestine ne cesse de les préoccuper. Pourtant au départ,
et à entendre leurs dirigeants, le monde arabe n’était-il pas entre de bonnes
mains et en bon voie ?
[34]
Et les gens [les Fils d’Israël] qui étaient opprimés [par Pharaon et son peuple],
Nous les avons fait hériter des orients et de ses couchants, que Nous avions
bénis. Et la très belle parole de ton Seigneur s’accomplir sur les Fils d’Israël
pour prix de leur endurance. Et Nous avons détruit ce que faisaient Pharaon
et son peuple ainsi que ce qu’ils construisaient. (Coran VII 137).
[35]
Sous entendu, des dirigeants en place.
[36]
L’incitation d’abord intérieur trouvera rapidement une ramification extérieure.
[37]
Avec les suivants de Hassen al-Banna (que Dieu lui fasse miséricorde !).
Au départ, il s’agissait simplement d’inviter la population d’Egypte à un
« retour » vers Dieu. Le mouvement ayant pris de l’ampleur,
on jugera alors utile de lui donner une assise associative puis politique.
Des gens clairvoyants mettront, dit-on, en garde contre cette dernière solution.
La suite, nous la connaissons tous… Plus tard, une fracture au sein de ce
parti politique fera naître des tensions, des personnes plus radicales apparaîtront...
Le mouvement restera alors centré surtout sur le monde intellectuel, estudiantin
et quelques savants religieux. Bon nombre de gens jugeront qu’en fait ce parti
voulait rien d’autre, sinon que former un Etat dans un Etat ! Même son
de cloche en Afrique, Soudan, Algérie… Islam et Partissisme sont deux choses
qui ne sauraient s’accorder. Si tel était le cas, Pharaon ne serait pas mort
noyé et son royaume aurait survécu.
[38]
On a chassé l’étranger, l’occupant des terres islamiques, mais on a crut bon
de reconduire son idéologie politique et bien d’autres choses encore… On a
été capable de chasser des corps tout en gardant au fond du cœur leur amour..
D’où cette rétrogradation, cette dégradation.
[39]
Les gens qui suivent ou se réclament de sectes sont généralement des personnes
jugées dangereuses. Sont-ils au pouvoir, ont-ils des armes, et la moindre
étincelle peut tout faire sauter… Après le Vicariat de Ali (que Dieu l’agrée !),
notre communauté verra et vivra des heures terribles. Des sectes se réclamant
de lui (Ali) ne chercheront-elles pas à imposer leur loi et leur dictat
? Et le sang sera répandu parmi les gens de l’Empire islamique… d’est en ouest.
[40]
il mourra assassiné…
[41]
Il faut, à ce sujet, éviter absolument de suivre le (ou les) modèle(s) proposé(s)
par les gens de la Bible. Rappelons-le, une fois encore, l’Islam est un tout,
il est complet, parfait et plus parfait. Nul besoin de faire appel à des choses
qui lui sont contraires… Il faut éviter de manger à tous les râteliers comme
trop souvent on semble nous le proposer et le faire…
[42]
et tout ce qui en découle.
[43]
L’idéologie socialisante, biblique, n’a-t-elle pas eu pour objectif
de politiser la société ? Résultat. On fait croire aux gens simples d’esprit,
aux gens du commun, que rien ne peut se faire que parle elle et à travers
elle ? Dans ce cas, quel est le rôle exact de certaines catégories de
gens faisant partie du service public ? Est-ce de servir le peuple ou
de l’asservir ? Est-ce être au service de celui-ci ou le peuple à son
service ? Mystère insondable, direz-vous !
[44]
Avant de s’occuper des autres, autrui, commençons par nous-même. Quelles sont
nos relations entre nous et notre Créateur ? Est-Il satisfait de nous ?
[45]
Les gens de l’Islam ont reçu comme nom : Soumis (Coran XXII 78). L’inverse
insoumis. Le terme insoumis embrasse ici toute personne qui ne confesse pas
comme religion, l’Islam. Dans la Bible, la rébellion semble avoir été le lot
des Fils d’Israël, des Judaïsés (comparer : Coran II 61). La Soumission
est liée au problème de la prédestination. L’inverse, entraînera inévitablement
son auteur vers le fatalisme et le libre-arbitre. Bon nombre de gens du monde
biblique ne sont-ils pas de farouches partisans du libre-arbitre ? Pour
eux, ne se sentent-ils pas libres par rapport à leur divin Créateur ?
Ne sont-ils pas des supers hommes ? Ne se considèrent-ils pas comme des
sortes de petits dieux, mangeant buvant copulant et allant aux toilettes ?
Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant
omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
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13/12/05
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