Sujet: L'Afrique du Nord et la période coloniale. Conversion à l'Islam. Députation.
Série : Histoire



 Suite Page 1 

 L’élection. Les élections législatives partielles de Pontarlier des 6 et 20 décembre 1896. Le message du docteur Grenier à ses électeurs.

    Avant de rejoindre la Chambre des Députés où il allait connaître une étonnante célébrité, le  docteur Grenier adressait a ses électeurs les remerciements suivants :
  
« Chers concitoyens,
   « Avant de quitter Pontarlier, Je tiens à vous remercier sincèrement du ferme appui que vous m'avez donné au scrutin de ballottage.
   « Grâce à votre discipline républicaine, grâce au concours bienveillant; et désintéressé d'amis dévoués, nous avons pu remporter la victoire contre des adversaires résolus et bien armés. Sachons être modestes et généreux dans notre succès et n'accablons pas un ennemi qui a été longtemps un serviteur de notre démocratie."  
   « Après sept ans de pratique médicale au milieu de vous, je vais entrer dans une nouvelle vie et commencer ma carrière politique.
   « Je demande à Dieu de persévérer toujours dans les principes que je me suis tracés : ne pas m'écarter de la voie droite, rester toujours un homme probe, dévoué, désintéressé, un homme de devoir, et consacrer désormais toutes mes forces et mon activité au service de la Patrie.
   « La tâche que je me suis assignée est lourde ; je l'entreprends avec confiance, soutenu par l'estime et l'appui d'un grand nombre d'entre vous. Je porterai, s'il plaît à Dieu, devant la tribune nationale, vos justes revendications, et ne servirai jamais d'autre drapeau que celui de la Justice et de l'Humanité.

                      Louange à Dieu seul ! 
                         Vive la France !
            Vive l'arrondissement de Pontarlier !
                       Vive la République !    
                    Docteur Philippe Grenier
                                 Député.

  

    La presse et vous.

    L'annonce de cette candidature suscitera des commentaires ironiques dans la presse qui s'attarde sur sa conversion à l'Islam et le surnomme le « prophète de Dieu ».
   Robert Fernier d’écrire : Pour La Liberté du 30 novembre 1896 cet entrefilet :

   « L’originalité du candidat consiste en ce qu’il s’est converti à la religion musulmane et qu’il s’intitule « Prophète de Dieu » pourquoi pas tout de suite Mahomet ?
et en avait conclu :

   « … il n'aurait aucune chance d'être élu. Comme quoi l'on n'est pas toujours prophète dans son pays. »

   La République libérale d’Arras, parlant de l’élection de Pontarlier et du docteur Grenier écrit : « Quel dommage qu’il n’ait paraît-il, que peu de chance d’être nommé. Ce Musulman  sincère nous changerait, au Parlement, des libres-penseurs socialistes qui meurent dans les bras des curés[1], et des Chrétiens charitables qui tiennent à éterniser la servitude des prolétaires[2] ». (2 déc.1896). 

   Dans le Salut public, de Lyon :

   « …une idée géniale a traversé les cerveaux des électeurs de Pontarlier. Ce ne sont pas ces gens-là qui, ayant un volcan, le laissent s’éteindre. Ils avaient un médecin mahométan et ils viennent d’en faire un député. »

   La Croix du 23 décembre distille un fiel corrosif :

   "L'exclusion systématique en France des représentants de Dieu si nombreux en Allemagne au Parlement, l'exclusion des catholiques auxquels on préfère tous les rastaquouères[3], pourvu qu'ils aient l'impiété dans l'âme, devait amener un Musulman. Nous avons cette honte. Le renégat[4] était, il y a encore quelques années, l'être le plus odieux à la France chrétienne ; aujourd'hui il en est le député.
   « Cela montre le chemin accompli."

   Le Soir du 24 décembre cherche à faire passer le docteur Grenier pour un fou.

   « …et même, écrit un courageux anonyme, s’il était exact comme on le donne à entendre que le nouveau député du Doubs aurait été jadis soumis à une surveillance spéciale dans une maison d’ordre médical. »

   Dans Le Temps, Dauphin-Meunier, un poète, un historien, d’origine pontissalienne, et bien qu’à coup sûr il connaisse le docteur Grenier, s’abandonne au courant général. Il est vrai qu’il est secrétaire de M. Louis Barthou, ministre de l’Intérieur en place. Après avoir salué son compatriote d’un coup de chapeau correct :

   « …Sa vie intime est si pure, sa maison est si claire et si largement fenêtrée qu’on peut ainsi tout dire sur cet homme sans ternir sa réputation, sans violer aucun de ses secrets : il n’en a point qui ne soient tout professionnels. »

   M. Dauphin-Meunier communique les arrière-pensées que le nouveau député ne pouvait pas ne pas avoir, selon lui, en se portant candidat.
   Lisons plutôt :

   « Nos paysans ne l'ont élu que pour une moitié de son programme, car ils ne sont pas utopistes. En devine-t-on l’autre moitié ? Le mariage libre, la recherche de la paternité, l'égalité des enfants naturels et légitimes, la polygamie autorisée[5], l'admission des mahométans aux fonctions publiques[6], la reconnaissance officielle de leur culte[7], l'abolition du régime d'exception qui leur interdit l'exercice de nos droits de citoyens français..., on en sourira longtemps a la Chambre. Néanmoins des philosophes qui n'ont pas leur académie dans la Salle des Pas-Perdus ne manqueront pas de commenter cette ingénieuse pensée du nouveau député : « Que mieux vaudrait, si l'on en a les moyens, entretenir trois femmes a son foyer que d'en abandonner deux à la prostitution des fabriques, des ateliers et des rues... » 

   La III République. Réalité et fiction.   

   Laissons pour un instant ces journalistes. Prenons la profession de foi du docteur Grenier pour essayer de comprendre ce que sa candidature avait d'insolite aux yeux des Parisiens et des Français en cette fin du XIX° siècle ; lisons-la, relisons-la  pour mieux percer la personnalité du nouveau député. Bien sûr, sa présentation avait de quoi surprendre : ne commence-t-elle pas par cette phrase qui s'étale sur toute la largeur du papier : 

AU NOM DU DIEU CLÉMENT ET MISÉRICORDIEUX !

    Mais voyons la suite. Que dit-il à ses électeurs ? quels conseils leur donne-t-il ? quelles promesses leur fait-il ? Quel est son programme ?

   « ...n'abandonnez jamais les grands principes de la Révolution.
  
« Héritiers des ancêtres, nous devons suivre leurs traces, être enflammés par leur exemple et essayer d'égaler leurs vertus !
   « Abandonnant, hélas ! de glorieux souvenirs, de nobles traditions, beaucoup des hommes qui ont fondé et dirigé la III° République, ont paru vraiment prendre à tâche de ramener en France tous les abus de l'ancien régime[8] : un luxe inouï, effréné, l'étalant sans pitié en face des pires misères sociales; des dépenses formidables et souvent inutiles ; une dette s'accroissant tous les jours ; pas de fraternité véritable ; tous les ressorts de l'Etat mis en jeu pour satisfaire les intérêts de financiers peu scrupuleux, ou de castes privilégiées ; aucune réforme sérieuse pour diminuer les souffrances des prolétaires ou les charges du plus grand nombre ; changements fréquents de ministères ; longs discours et peu d'action et surtout peu de bonnes actions ; pas d'unité de direction en politique extérieure et par conséquent peu de chances de réussite dans les entreprises extérieures.
   « Pareils errements dus, je veux bien le croire, non pas aux hommes, mais au mauvais fonctionnement des institutions, nuisent à  la force et à la grandeur de la patrie. Certes, il existe des esprits d'élite dans notre Parlement, mais au milieu des luttes continuelles de la tribune, la bonne volonté des hommes de valeur et de talent se trouve enrayée, paralysée, annihilée, à tous les instants. »

   Ne dirait-on pas que tout ceci s'applique aux temps que nous vivons ? Ne sera-t-il donc jamais possible d’améliorer les mœurs du Parlement ? 
   Etait-ce donc être fou ou ridicule que de dénoncer pareils abus, pareils errements ?

    Le programme.

    Voici maintenant les points sur lesquels le docteur Grenier attirait l'attention de ses compatriotes ?       

   RELIGION. — Liberté absolue aux religions qui l'honorent (Dieu), qui enseignent et surtout pratiquent le bien et les devoirs de l'humanité ; liberté de conscience, liberté de croyance, large esprit de tolérance… protection due aux femmes et aux enfants[9] ; protection due aux pauvres et aux malades, aux infortunés, faire une large part aux œuvres de bienfaisance et de charité[10]... créer des asiles pour les vieillards. pour les orphelins[11], des hospices dans chaque canton ; dans chaque ville et dans chaque village des lieux  de refuge pour les voyageurs pauvres et sans abri[12] ; organisation de restaurants populaires[13] à bon marché pour les indigents, etc…

   HYGIENE SOCIALE. — …organisation de bains publics et gratuits dans toutes les communes de France[14] : combattre énergiquement l'alcoolisme ; diminuer le nombre des débits[15], etc…

   LOIS CONSTITUTIONNELLES. — Finances, agriculture, industrie. — Réviser la Constitution, modifier le mode d'élection et les attributions du Sénat. Respect de la propriété acquise par le travail honnête[16] : ordre, économie dans le budget : diminution progressive du nombre des fonctionnaires ; diminution sérieuse sur les gros traitements ; augmenter les petits employés, facteurs, gardes-champêtres, gardes-forestiers, douaniers, cantonniers, etc... impôt progressif sur le revenu... création de caisses de prévoyance, de sociétés de secours pour les ouvriers des villes et des campagnes ; caisses de retraites pour la vieillesse[17], favoriser les industries saines, salubres, qui n'enrichissent pas les manufacturiers en empoisonnant les ouvriers[18], etc...

    JUSTICE. — ...diminution considérable des frais de justice ; limitation à trois mois de la durée de tous les procès, amendes en proportion de la richesse des prévenus...  employer à des travaux d'utilité publique, ports, routes, arsenaux, fortifications, les condamnés qui peuplent les maisons d'arrêt et les maisons de réclusion.

   AFFAIRES ETRANGERES, GUERRE ET MARINE. — ...Fidélité aux amitiés engagées, loyauté même envers les ennemis… renforcer notre armée, appeler sur nos frontières de l'Est 50.000 turcos[19] et 20.000 spahis[20]... ne pas négliger les forces immenses qui sont entre nos mains dans l'Afrique du Nord, créer progressivement 200 régiments de turcos et 100 régiments de spahis sans grands frais en donnant une organisation militaire aux tribus kabyles et arabes.
   Donner à nos jeunes soldats une instruction des plus soignées, leur faire des cours théoriques et pratiques sur toutes les sciences qui ont rapport à la vie de l'homme et du citoyen. Le régiment doit être la continuation de l'école.
   …augmenter  nos  constructions  navales, construire à l'imitation des Anglais de nombreux cuirassés à grande vitesse, etc.
   ...Naturaliser[21] tous les Musulmans d'Algérie et de Tunisie et leur donner les droits qu'ils ont acquis en  combattant depuis plus de 50 ans à côté de nos braves soldats.

    La profession de foi du futur député de Pontarlier.

    Cette  profession de foi est datée du 22 novembre 1896. Je laisse le lecteur juge de sa valeur prophétique. Que de réalisations ont vu le jour depuis ce temps lointain, dont le mérite pourrait revenir au député musulman Philippe Grenier. On s'étonne vraiment que tant de sagesse, tant de bon sens, tant de clairvoyance, aient enflammé les journalistes parisiens au point de les rendre injustes et quelque peu grotesques à nos yeux. Ils n'ont vu que l'habit du docteur Grenier sans comprendre son âme ; ils n'ont surtout pas voulu voir son âme, pas voulu comprendre son apostolat. Il en est pourtant qui s'étaient délibérément placés au-dessus de la mêlée et qui  raisonnaient comme des gens intelligents.

    Remarque. De tout temps, n’a-t-on pas rabâché, à qui veut bien l’entendre, que toutes les bonnes choses données au bon peuple biblique de France, viennent du Partissisme des gauches ? Du répu.blicanisme non du monarchisme ? Du monde toranique en France ? De ses coreligionnaires affiliés au Partissisme, notamment des gaôches ? Il semble qu’on est oublié là les propositions du docteur Grenier, en son temps, et que bon nombre de poli.ticiens, sans scrupule, reprendrons par la suite et à leur compte ! Faisant croire ainsi ce qui n’a pas raison d’être. Secundo : Croire au divin Créateur, pratiqué son culte, faire le bien, n’est-ce pas là ce que commande le divin Créateur à chaque disciple de Sa Religion : l’Islam (Coran CIII) ? Preuve que la Religion divine : l’Islam est une religion salvatrice, bonne pour l’ensemble du genre humain ? Oui, mais encore une fois qui le comprendra et l’acceptera ? Ne l’oublions pas, il n’y pas plus ergoteur que le fils d’Adam !     

    La presse ravie ? Son analyse.

    La Liberté, 23 décembre 1896 :

   « Elle est beaucoup trop longue (sa profession de foi) pour que nous songions à l'analyser. Mais, en la lisant, en dehors de tout esprit de parti, il est impossible de dire que c'est une œuvre de déraison et que l'on a affaire à un maniaque dont l'esprit enfante les conceptions les plus excentriques. Le Dr Grenier y apparaît comme un réformateur minutieux. »

   Jean Babillard (qui se cachait sous ce pseudonyme ? ) écrit dans le National, même date :

   « L'homme privé, au contraire, nous est une garantie que le Dr Grenier soutiendra au Parlement la cause des déshérités... Il y a donc force chances pour que le Dr Grenier soit un excellent représentant. L'homme sur lequel un journal plutôt réactionnaire (Le Figaro) a écrit qu’on ne devait mettre en doute « ni son honorabilité, ni sa réelle philanthropie » n’est pas fait pour me déplaire, et j’avoue en toute simplicité que j’aime encore mieux voir entrer à la Chambre un « mufti » sincère qu’un « mufle » déguisé. »

   Le Petit Havre (où le Dr Grenier devait avoir des amis) voit plus loin que beaucoup de ses confrères :

   « Les électeurs de l’arrondissement de Pontarlier viennent de nommer un député dont le choix singulier fera sensation, non seulement au Parlement, mais dans la France entière et jusqu'aux confins de nos possessions africaines, sinon par delà.»

   Alexandre Hepp, dans Le Soir, prend la défense du nouvel élu :

   ...« le fils du  Prophète laissera couler celle ironie trop facile.
   « Ainsi il aura pour lui sa conscience, et quelque chose de plus encore, un légitime orgueil : car, en vérité, celui-là est heureux, et il nous est supérieur...
   « Il a cherché une foi — et il l'a trouvée. »

   Un M. de Kérobant, qui partageait certainement pas les idées du Dr Grenier, ne craint pas, dans Le Soleil, de lui tresser des couronnes :

   « ...Quant à moi, je trouve qu'il n'est guère spirituel de se moquer du nouveau député musulman et je crois que les électeurs de Pontarlier ont fait preuve de bon sens en donnant a M. Philippe Grenier mission de les représenter a la Chambre.
   «  Je viens de lire très attentivement la profession de foi de M. Philippe Grenier. Son programme est très touffu. Mais il me semble excellent  sur tous les points.
   « … Le député de Pontarlier est sincère et courageux. Il a étudié, il a réfléchi, il a vu les choses et les hommes, et il dit ce qu’il  pense, sans s'inquiéter de savoir ce qu'on pensera de lui ; et il parle avec tant de conviction, que les électeurs de Pontarlier l'envoient à la Chambre en se disant : « Du moins nous sommes sûrs que celui-là est un honnête homme. »

   « Et je n'ai pas trouvé cela si ridicule, quoiqu’on en pense dans les cafés du boulevard ou chez la comtesse de Pimbêche[22].
   « Mais, me direz-vous, il est musulman... Parfaitement. Eh bien, après ? La liberté de conscience  n'existe-t-elle pas en France[23] ? et n'est-on pas libre d'élire un musulman, aussi bien qu'un juif ou un athée ? Dans toutes les religions il y a d’honnêtes gens. Je suis convaincu qu'il n'y a aucune religion meilleure que le christianisme ; mais je comprends très bien qu'on  ne  partage  pas mes  croyances ; et, pour tout dire d’un mot, je préfère un musulman sincère et sans fanatisme à un homme qui n'a pas de religion du tout[24].
   « Certes, l'entrée d'un Musulman à la Chambre est une
nouveauté. Le turban et le burnous du docteur Philippe Grenier étonneront au milieu des jaquettes et des redingotes de nos députés. On s'y fera ; et quand il y a cent députés dans une Chambre française pour représenter les intérêts de la tribu d'Israël, je trouve assez juste qu'il y en ait un pour défendre les droits de quatre millions de sujets arabes et kabyles, que la racaille juive exploite, rançonne et opprime indignement[25]. » 

   Fonction et pratique religieuse. Incompatibilité ? L’avis du docteur Grenier.

    Un journaliste a fait, dans l'intervalle, le voyage Paris-Pontarlier. Il rapporte dans Le Matin, du 24 décembre ces paroles du docteur Grenier qui sont celles d'un sage et non d'un fou comme le bonapartiste Paul de Cassagnac voudrait le faire croire dans son Autorité :

   « — Mon élection, dit le docteur, s'est passée le plus simplement du monde. J'ai mené de front ma campagne électorale et les soins à donner à mes malades. Dieu a voulu que je sois élu et j'en suis heureux.
  
« ...En matière religieuse, je pratique la plus large tolérance, je suis l'ami de tous les hommes de bien, quelles que soient leurs croyances... Je suis musulman, mais je ne finis pas fanatique. Le fanatisme naît de l'ignorance qui elle-même, enseigne la superstition...
   « ...Pourquoi M. Crémieux[26] ayant naturalisé les Juifs d'Algérie ne naturaliserait-on pas les Musulmans
[27] ? Ne l'ont-ils pas mérité en versant généreusement leur sang pour la patrie sur tous les champs de bataille ou étaient engagés son drapeau et son honneur ?
   « …Je siégerai avec mon burnous et je ferai mes prières là où je me trouverai... Sans doute aurai-je des désillusions, mais je n'en continuerai pas moins la lutte, avec la foi ardente qui m'anime et la sincérité de mes convictions, pour faire l'humanité meilleure, moins égoïste, plus indulgente. S'il plaît à Dieu, je réussirai. »

   Mais voici un autre journaliste, un vrai, un pur, celui-là, qui prend part à la discussion sur le cas Grenier, député musulman de Pontarlier. Dans L'Intransigeant du 24 décembre 1896, Henri Rochefort accable de ses sarcasmes les prêtres et la religion catholique qui n'ont pu cacher leur colère de l'élection. Il écrit :

  « S'il fallait absolument opter, c'est la croyance du Dr Grenier qui nous paraîtrait la plus respectable : cet homme de bien, islamite[28] ou non, ayant la réputation de distribuer tout son bien aux pauvres et de les soigner sans vouloir accepter d'eux aucune rémunération[29]. »

   Puis il porte une botte violente au chroniqueur du Figaro[30] :

   « ...l'étonnement qu'affectent les cléricaux devant les croyances de l'élu de Pontarlier est un nouvel exemple venant corroborer l'exactitude du dicton connu sur la paille et la poutre. Quand, à l'instar de Chincholle, on a dans l'œil une poutre de cette dimension, on doit au moins quelque respect à la paille de son adversaire.» 

   La presse étrangère.

    Mais il n'est pas que la presse parisienne qui s'occupe du Dr Grenier, la presse étrangère, plus objective, tire les conclusions de son succès. C’est ainsi que L'Indépendance belge (de Bruxelles) écrit en date du 27 décembre 1896 :

   « Les chrétiens devraient plutôt rougir, dans un amer retour sur leurs propres erreurs, à la pensée qu’il faille un disciple de Mahomet, coiffé d'un turban vert, pour leur apprendre qu'on peut être en même temps fort pieux et fort tolérant envers autrui. »  (à suivre)


[1] ce qui est vrai.
[2] En clair, qui ne souhaite pas un changement d’état pour ces malheureux.
[3] Etranger menant grand train et dont on ne connaît pas les moyens d’existence.
[4] Ne devait-il pas être considéré comme un apostat par son Église ? Pour s’être converti ?
[5] En terre biblique, la polygamie existe. L’homme se marie volontiers avec une épouse, mais combien de personnes féminines fréquente-il hors mariage et surtout avant de se marier ? Les maîtresses existent. A ce sujet, partie du monde biblique n’aime-t-il pas profaner le sacré ! Qu’on regarde maintenant la dépénalisation de l’adultère, du coït anal, etc. 
[6] idée qui demeure jusqu’à nos jours, en particulier concernant toute personne de souche française. A l’époque des possessions, il n’était pas question qu’une personne de confession islamique, pratiquante, accède à de hautes fonctions. L’idéologie répu.blicanisme n’étant pas meilleur ici que sous l’ancien régime. 
[7] Il faudra plus de cent ans d’attente pour qu’elle revienne au devant de la scène… Et bon nombre de gens, s’ils reconnaissent volontiers les religions bibliques, ne sont pas près d’admettre l’existence même de la religion coranique dans leur espace cultuel. Et pour toute personne du Partissisme, le « laïcisme » n’est-il pas sa religion par excellence ? Pas de croyance en Dieu, pas d’adorations, pas de contraintes… La vie est belle sans le Créateur de l’Univers ! Enfin, pour ce bas-monde. On verra dans l’Au-delà ! 
[8] l’idéologie républicanisme ne peut donc pas prendre cette partie de son histoire en exemple. Et se flatter d’être mieux que l’ancien régime : la monarchie. 
[9] Remarque importante.
[10] Oui, diront les gens du Partissisme, mais selon des règles bien établies ! Les leurs.
[11] Remarque importante. Les gens de la Bible n’accordent que peu d’importance à leurs « vieux ». Atteints par l’âge, ne préfère-t-on pas les voir dans des maisons de retraite plutôt qu’à la maison ? On ira les voir une fois l’an : à la nouvelle année ! Le répu.blicanisme n’est-il pas responsable de cet état de chose ? Car pour eux par de religion autre que le « laïcisme » ! N’a-t-on pas vu, en France, ce qui s’est passé lors de fortes chaleurs ?
[12] il aura fallu du temps pour que ces choses prennent corps.
[13] On peut dire qu’il est l’initiateur des restos du cœur.
[14] La baignoire, la douche à la maison, etc., ont mis beaucoup de temps à s’installer. Dans ce domaine, le monde biblique ne peut prétendre avoir devancé le monde islamique.
[15] On a donné aux gens la « bouteille ». Dans les villages et après un repos bien mérité que pouvaient-ils faire ? Passer leur temps ? Sinon aller au « bistrot » du coin pour oublier leurs soucis et leurs problèmes du quotidien. Les parents boivent et les enfants trinquent, dit le dicton. Certes, on reconnaît les méfaits de l’alcool sur l’organisme, mais comment arrêter ce qu’on aime énormément, à la folie, passionnément ! On ne saurait donner à l’homme le poison et l’antidote ! 
[16] le « républicanisme » n’a pour la « propriété » qu’aversion ! Mais nullement ses dirigeants !
[17] idées d’un homme de l’Islam qui datent de plus d’un siècle. Et qui reprendra ces idées et s‘en réclamera ? N’est-ce pas les gens du Partissisme d’après ? Preuve que l’Islam est, pour ceux qui le vivent, une source perpétuelles de bonnes choses. Et ceci contrairement aux avis de ses opposants et adversaires.
[18] l’environnement si cher à certains.
[19] (de turc). Nom familier donné jadis aux tirailleurs algériens depuis la campagne de Crimée (1854). Ukraine.
[20] (mot turc). Cavalier de l’armée française appartenant à un corps créé en 1834 en Algérie, avec un recrutement en principe autochtone.
[21] Preuve que la terre conquise est propriété d’État. Quant aux gens, ils ne sauraient être reconnus sujets de l’État. Simples habitants d’Outre-mer, tout au plus ! Main-d’œuvre à bon marché ! Ce qui prouve que les gens du Partissisme, du « républicanisme », du « laïcisme », etc., ne sont pas meilleurs que ceux qu’ils se permettaient de critiquer, naguère : l’Église romaine, le régime royaliste en place. S’ils avaient fait mieux, auraient pratiqués la justice, auraient-ils été chassés de leurs possessions ? Nullement. 
[22] fam. Femme prétentieuse qui fait des embarras.
[23] Envers la Religion divine : l’Islam ? Nullement. Sauf si vous l’a prenez, comme le monde biblique, en aversion. Un homme soumis commanderait-il un peuple biblique ? En Europe, certainement pas. Sauf si ce dernier renie sa religion, se garde bien d’y croire et surtout de la pratiquer. Nous ne sommes plus au temps du prophète Youssouf(-Joseph) (sur lui la Paix !). Ne deviendra-t-il pas premier ministre du Pharaon, à son époque, et bien avant que la Torah soit révélée ?
[24] Très bonne remarque pour un homme biblique.
[25] Remarque importante. Le monde toranique ne devra-t-il pas, avec l’Indépendance, quitter cette terre ? Terre de refuge de leurs ancêtres...
[26] Etant homme toranique, ne pensera-t-il pas d’abord à ses coreligionnaires ? Nous savons tous que le monde toranique n’a que peu de sympathie pour et envers le monde arabe. Lire à ce sujet les commentateurs de la Torah. Le monde de la Synagogue ne refusera-t-il pas de voir et de reconnaître en Ismaël fils d’Avraham (sur eux la Paix !) un prophète d’entre les prophètes divins ? Et ceci jusqu’à nos jours.
[27] A noter qu’à l’époque le monde toranique sera opposé à cette proposition.
[28] A noter au passage, quand un homme s’habille comme Monsieur tout le monde, on le caricature d’après sa race, son origine, sa langue. Quand ce dernier pratique son culte, le vit, s’habille d’une façon traditionnelle recommandée, il sera alors nommé d’un nouveau nom, justement en raison du culte qu’il représente, qu’il vit. Alors plus de race, plus de nationalité, plus de langue… D’où l’importance de suivre, le mieux que possible, sa religion. Elle sera pour lui une protection, un garant, un refuge sûr. Dans le cas contraire, nullement. En apparence, sans doute. Il sera fondu dans la masse. En réalité, et vis-à-vis de son Créateur, nullement. Oui, la Religion divine est bien un choix offert au fils d’Adam.
[29] En agissant ainsi, n’a-t-il pas cloué le bec à beaucoup ? Car qui peut aller contre le bien ? N’est-ce pas le fou, l’insensé ? Le fils de Satan ?
[30] Journal censé, à l’époque, soutenir l’Eglise catholique !


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