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L’élection.
Les élections législatives partielles de Pontarlier des 6
et 20 décembre 1896. Le message du docteur Grenier à ses électeurs.
Avant de rejoindre la Chambre des Députés où il allait connaître
une étonnante célébrité, le docteur Grenier adressait
a ses électeurs les remerciements suivants :
«
Chers concitoyens,
« Avant de quitter
Pontarlier, Je tiens à vous remercier sincèrement du ferme
appui que vous m'avez donné au scrutin de ballottage.
« Grâce à
votre discipline républicaine, grâce au concours bienveillant;
et désintéressé d'amis dévoués, nous avons pu remporter la
victoire contre des adversaires résolus et bien armés. Sachons
être modestes et généreux dans notre succès et n'accablons
pas un ennemi qui a été longtemps un serviteur de notre démocratie."
« Après sept
ans de pratique médicale au milieu de vous, je vais entrer
dans une nouvelle vie et commencer ma carrière politique.
« Je demande
à Dieu de persévérer toujours dans les principes que je me
suis tracés : ne pas m'écarter de la voie droite, rester toujours
un homme probe, dévoué, désintéressé, un homme de devoir,
et consacrer désormais toutes mes forces et mon activité au
service de la Patrie.
« La tâche
que je me suis assignée est lourde ; je l'entreprends avec
confiance, soutenu par l'estime et l'appui d'un grand nombre
d'entre vous. Je porterai, s'il plaît à Dieu, devant la tribune
nationale, vos justes revendications, et ne servirai jamais
d'autre drapeau que celui de la Justice et de l'Humanité.
Louange à Dieu seul !
Vive la France !
Vive l'arrondissement de Pontarlier !
Vive la République !
Docteur Philippe Grenier
Député.
La presse et vous.
L'annonce de cette candidature suscitera des commentaires
ironiques dans la presse qui s'attarde sur sa conversion à
l'Islam et le surnomme le « prophète de Dieu ».
Robert Fernier d’écrire : Pour La
Liberté du 30 novembre 1896 cet entrefilet :
« L’originalité
du candidat consiste en ce qu’il s’est converti à la religion
musulmane et qu’il s’intitule « Prophète de Dieu » pourquoi
pas tout de suite Mahomet ?
et
en avait conclu :
« … il n'aurait
aucune chance d'être élu. Comme quoi l'on n'est pas toujours
prophète dans son pays. »
La République libérale d’Arras, parlant de l’élection
de Pontarlier et du docteur Grenier écrit : « Quel
dommage qu’il n’ait paraît-il, que peu de chance d’être nommé.
Ce Musulman sincère nous changerait, au Parlement, des
libres-penseurs socialistes qui meurent dans les bras des
curés,
et des Chrétiens charitables qui tiennent à éterniser la servitude
des prolétaires ».
(2 déc.1896).
Dans le Salut public, de Lyon :
« …une idée
géniale a traversé les cerveaux des électeurs de Pontarlier.
Ce ne sont pas ces gens-là qui, ayant un volcan, le laissent
s’éteindre. Ils avaient un médecin mahométan et ils viennent
d’en faire un député. »
La Croix du 23 décembre distille un fiel corrosif :
"L'exclusion systématique en France des représentants
de Dieu si nombreux en Allemagne au Parlement, l'exclusion
des catholiques auxquels on préfère tous les rastaquouères,
pourvu qu'ils aient l'impiété dans l'âme, devait amener un
Musulman. Nous avons cette honte. Le renégat
était, il y a encore quelques années, l'être le plus odieux
à la France chrétienne ; aujourd'hui il en est le député.
« Cela montre le chemin accompli."
Le Soir du
24 décembre cherche à faire passer le docteur Grenier pour
un fou.
« …et même,
écrit un courageux anonyme, s’il était exact comme on le donne
à entendre que le nouveau député du Doubs aurait été jadis
soumis à une surveillance spéciale dans une maison d’ordre
médical. »
Dans Le Temps, Dauphin-Meunier, un poète, un historien,
d’origine pontissalienne, et bien qu’à coup sûr il connaisse
le docteur Grenier, s’abandonne au courant général. Il est
vrai qu’il est secrétaire de M. Louis Barthou, ministre de
l’Intérieur en place. Après avoir salué son compatriote d’un
coup de chapeau correct :
« …Sa vie
intime est si pure, sa maison est si claire et si largement
fenêtrée qu’on peut ainsi tout dire sur cet homme sans ternir
sa réputation, sans violer aucun de ses secrets : il
n’en a point qui ne soient tout professionnels. »
M. Dauphin-Meunier communique les arrière-pensées que
le nouveau député ne pouvait pas ne pas avoir, selon lui,
en se portant candidat.
Lisons plutôt :
« Nos paysans
ne l'ont élu que pour une moitié de son programme, car ils
ne sont pas utopistes. En devine-t-on l’autre moitié ? Le
mariage libre, la recherche de la paternité, l'égalité des
enfants naturels et légitimes, la polygamie autorisée,
l'admission des mahométans aux fonctions publiques,
la reconnaissance officielle de leur culte,
l'abolition du régime d'exception qui leur interdit l'exercice
de nos droits de citoyens français..., on en sourira longtemps
a la Chambre. Néanmoins des philosophes qui n'ont pas leur
académie dans la Salle des Pas-Perdus ne manqueront pas de
commenter cette ingénieuse pensée du nouveau député : « Que
mieux vaudrait, si l'on en a les moyens, entretenir trois
femmes a son foyer que d'en abandonner deux à la prostitution
des fabriques, des ateliers et des rues... »
La III République. Réalité et fiction.
Laissons pour un instant ces journalistes. Prenons la profession
de foi du docteur Grenier pour essayer de comprendre ce que
sa candidature avait d'insolite aux yeux des Parisiens et
des Français en cette fin du XIX° siècle ; lisons-la, relisons-la
pour mieux percer la personnalité du nouveau député. Bien
sûr, sa présentation avait de quoi surprendre : ne commence-t-elle
pas par cette phrase qui s'étale sur toute la largeur du papier
:
AU
NOM DU DIEU CLÉMENT ET MISÉRICORDIEUX !
Mais voyons la suite. Que dit-il à ses électeurs ? quels conseils
leur donne-t-il ? quelles promesses leur fait-il ? Quel est
son programme ?
« ...n'abandonnez jamais les grands principes
de la Révolution.
« Héritiers
des ancêtres, nous devons suivre leurs traces, être enflammés
par leur exemple et essayer d'égaler leurs vertus !
« Abandonnant,
hélas ! de glorieux souvenirs, de nobles traditions,
beaucoup des hommes qui ont fondé et dirigé la III° République,
ont paru vraiment prendre à tâche de ramener en France tous
les abus de l'ancien régime
: un luxe inouï, effréné, l'étalant sans pitié en face des
pires misères sociales; des dépenses formidables et souvent
inutiles ; une dette s'accroissant tous les jours ; pas de
fraternité véritable ; tous les ressorts de l'Etat mis en
jeu pour satisfaire les intérêts de financiers peu scrupuleux,
ou de castes privilégiées ; aucune réforme sérieuse pour diminuer
les souffrances des prolétaires ou les charges du plus grand
nombre ; changements fréquents de ministères ; longs discours
et peu d'action et surtout peu de bonnes actions ; pas d'unité
de direction en politique extérieure et par conséquent peu
de chances de réussite dans les entreprises extérieures.
« Pareils
errements dus, je veux bien le croire, non pas aux hommes,
mais au mauvais fonctionnement des institutions, nuisent à
la force et à la grandeur de la patrie. Certes, il
existe des esprits d'élite dans notre Parlement, mais au milieu
des luttes continuelles de la tribune, la bonne volonté des
hommes de valeur et de talent se trouve enrayée, paralysée,
annihilée, à tous les instants. »
Ne dirait-on pas que tout
ceci s'applique aux temps que nous vivons ? Ne sera-t-il
donc jamais possible d’améliorer les mœurs du Parlement ?
Etait-ce donc être fou ou
ridicule que de dénoncer pareils abus, pareils errements ?
Le programme.
Voici maintenant les points sur lesquels le docteur Grenier
attirait l'attention de ses compatriotes ?
RELIGION. — Liberté
absolue aux religions qui l'honorent (Dieu), qui enseignent
et surtout pratiquent le bien et les devoirs de l'humanité
; liberté de conscience, liberté de croyance, large esprit
de tolérance… protection due aux femmes et aux enfants
; protection due aux pauvres et aux malades, aux infortunés,
faire une large part aux œuvres de bienfaisance et de charité...
créer des asiles pour les vieillards. pour les orphelins,
des hospices dans chaque canton ; dans chaque ville et dans
chaque village des lieux de refuge pour les voyageurs
pauvres et sans abri ;
organisation de restaurants populaires
à bon marché pour les indigents, etc…
HYGIENE SOCIALE.
— …organisation de bains publics et gratuits dans toutes les
communes de France :
combattre énergiquement l'alcoolisme ; diminuer le nombre
des débits,
etc…
LOIS CONSTITUTIONNELLES.
— Finances, agriculture, industrie. — Réviser la Constitution,
modifier le mode d'élection et les attributions du Sénat.
Respect de la propriété acquise par le travail honnête
: ordre, économie dans le budget : diminution progressive
du nombre des fonctionnaires ; diminution sérieuse sur les
gros traitements ; augmenter les petits employés, facteurs,
gardes-champêtres, gardes-forestiers, douaniers, cantonniers,
etc... impôt progressif sur le revenu... création de caisses
de prévoyance, de sociétés de secours pour les ouvriers des
villes et des campagnes ; caisses de retraites pour la vieillesse,
favoriser les industries saines, salubres, qui n'enrichissent
pas les manufacturiers en empoisonnant les ouvriers,
etc...
JUSTICE. — ...diminution
considérable des frais de justice ; limitation à trois mois
de la durée de tous les procès, amendes en proportion de la
richesse des prévenus... employer à des travaux d'utilité
publique, ports, routes, arsenaux, fortifications, les condamnés
qui peuplent les maisons d'arrêt et les maisons de réclusion.
AFFAIRES ETRANGERES,
GUERRE ET MARINE. — ...Fidélité aux amitiés engagées, loyauté
même envers les ennemis… renforcer notre armée, appeler sur
nos frontières de l'Est 50.000 turcos
et 20.000 spahis...
ne pas négliger les forces immenses qui sont entre nos mains
dans l'Afrique du Nord, créer progressivement 200 régiments
de turcos et 100 régiments de spahis sans grands frais en
donnant une organisation militaire aux tribus kabyles et arabes.
Donner à nos jeunes soldats une instruction des
plus soignées, leur faire des cours théoriques et pratiques
sur toutes les sciences qui ont rapport à la vie de l'homme
et du citoyen. Le régiment doit être la continuation de l'école.
…augmenter nos constructions
navales, construire à l'imitation des Anglais de nombreux
cuirassés à grande vitesse, etc.
...Naturaliser
tous les Musulmans d'Algérie et de Tunisie et leur donner
les droits qu'ils ont acquis en combattant depuis plus
de 50 ans à côté de nos braves soldats.
La profession de foi du futur député de Pontarlier.
Cette profession de foi est datée du 22 novembre 1896.
Je laisse le lecteur juge de sa valeur prophétique. Que de
réalisations ont vu le jour depuis ce temps lointain, dont
le mérite pourrait revenir au député musulman Philippe Grenier.
On s'étonne vraiment que tant de sagesse, tant de bon sens,
tant de clairvoyance, aient enflammé les journalistes parisiens
au point de les rendre injustes et quelque peu grotesques
à nos yeux. Ils n'ont vu que l'habit du docteur Grenier sans
comprendre son âme ; ils n'ont surtout pas voulu voir son
âme, pas voulu comprendre
son apostolat. Il en est pourtant qui s'étaient délibérément
placés au-dessus de la mêlée et qui raisonnaient comme
des gens intelligents.
Remarque.
De tout temps, n’a-t-on pas rabâché,
à qui veut bien l’entendre, que toutes les bonnes choses données
au bon peuple biblique de France, viennent du Partissisme
des gauches ? Du répu.blicanisme non du monarchisme
? Du monde toranique en France ? De ses coreligionnaires
affiliés au Partissisme, notamment des gaôches ? Il semble
qu’on est oublié là les propositions du docteur Grenier, en
son temps, et que bon nombre de poli.ticiens, sans scrupule,
reprendrons par la suite et à leur compte ! Faisant croire
ainsi ce qui n’a pas raison d’être. Secundo : Croire
au divin Créateur, pratiqué son culte, faire le bien, n’est-ce
pas là ce que commande le divin Créateur à chaque disciple
de Sa Religion : l’Islam (Coran CIII) ? Preuve que
la Religion divine : l’Islam est une religion salvatrice,
bonne pour l’ensemble du genre humain ? Oui, mais encore
une fois qui le comprendra et l’acceptera ? Ne l’oublions
pas, il n’y pas plus ergoteur que le fils d’Adam !
La presse ravie ? Son analyse.
La Liberté, 23 décembre 1896 :
« Elle est beaucoup
trop longue (sa profession de foi) pour que nous songions
à l'analyser. Mais, en la lisant, en dehors de tout esprit
de parti, il est impossible de dire que c'est une œuvre de
déraison et que l'on a affaire à un maniaque dont l'esprit
enfante les conceptions les plus excentriques. Le Dr Grenier
y apparaît comme un réformateur minutieux. »
Jean Babillard (qui se cachait
sous ce pseudonyme ? ) écrit dans le National, même
date :
« L'homme privé, au
contraire, nous est une garantie que le Dr Grenier soutiendra
au Parlement la cause des déshérités... Il y a donc force
chances pour que le Dr Grenier soit un excellent représentant.
L'homme sur lequel un journal plutôt réactionnaire (Le
Figaro) a écrit qu’on
ne devait mettre en doute « ni son honorabilité, ni sa
réelle philanthropie » n’est pas fait pour me déplaire,
et j’avoue en toute simplicité que j’aime encore mieux voir
entrer à la Chambre un « mufti » sincère qu’un « mufle »
déguisé. »
Le Petit Havre (où le Dr Grenier devait avoir des amis)
voit plus loin que beaucoup de ses confrères :
« Les électeurs
de l’arrondissement de Pontarlier viennent de nommer un député
dont le choix singulier fera sensation, non seulement au Parlement,
mais dans la France entière et jusqu'aux confins de nos possessions
africaines, sinon par delà.»
Alexandre Hepp, dans Le Soir, prend la défense du nouvel
élu :
...«
le fils du Prophète
laissera couler celle ironie trop facile.
« Ainsi il
aura pour lui sa conscience, et quelque chose de plus encore,
un légitime orgueil : car, en vérité, celui-là est heureux,
et il nous est supérieur...
« Il a cherché
une foi — et il l'a trouvée. »
Un M. de Kérobant, qui partageait certainement pas les idées
du Dr Grenier, ne craint pas, dans Le Soleil, de lui
tresser des couronnes :
« ...Quant à moi,
je trouve qu'il n'est guère spirituel de se moquer du nouveau
député musulman et je crois que les électeurs de Pontarlier
ont fait preuve de bon sens en donnant a M. Philippe Grenier
mission de les représenter a la Chambre.
« Je viens de lire
très attentivement la profession de foi de M. Philippe Grenier.
Son programme est très touffu. Mais il me semble excellent
sur tous les points.
« … Le
député de Pontarlier est sincère et courageux. Il a étudié,
il a réfléchi, il a vu les choses et les hommes, et il dit
ce qu’il pense, sans
s'inquiéter de savoir ce qu'on pensera de lui ; et il parle
avec tant de conviction, que les électeurs de Pontarlier l'envoient
à la Chambre en se disant : « Du moins nous sommes
sûrs que celui-là est un honnête homme. »
« Et je n'ai
pas trouvé cela si ridicule, quoiqu’on en pense dans les cafés
du boulevard ou chez la comtesse de Pimbêche.
« Mais, me
direz-vous, il est musulman... Parfaitement. Eh bien, après
? La liberté de conscience
n'existe-t-elle pas en France
? et n'est-on pas libre d'élire un musulman, aussi
bien qu'un juif ou un athée ? Dans toutes les religions
il y a d’honnêtes gens. Je suis convaincu qu'il n'y a aucune
religion meilleure que le christianisme ; mais je comprends
très bien qu'on ne
partage pas
mes croyances ;
et, pour tout dire d’un mot, je préfère un musulman sincère
et sans fanatisme à un homme qui n'a pas de religion du tout.
« Certes,
l'entrée d'un Musulman à la Chambre est une nouveauté.
Le turban et le burnous du docteur Philippe Grenier étonneront
au milieu des jaquettes et des redingotes de nos députés.
On s'y fera ; et quand il y a cent députés dans une Chambre
française pour représenter les intérêts de la tribu d'Israël,
je trouve assez juste qu'il y en ait un pour défendre les
droits de quatre millions de sujets arabes et kabyles, que
la racaille juive exploite, rançonne et opprime indignement.
»
Fonction et pratique religieuse.
Incompatibilité ? L’avis du docteur Grenier.
Un journaliste a fait, dans l'intervalle, le voyage Paris-Pontarlier.
Il rapporte dans Le Matin, du 24 décembre ces paroles
du docteur Grenier qui sont celles d'un sage et non d'un fou
comme le bonapartiste Paul de Cassagnac voudrait le faire
croire dans son Autorité :
«
— Mon élection, dit le docteur, s'est passée le plus simplement
du monde. J'ai mené de front ma campagne électorale et les
soins à donner à mes malades. Dieu a voulu que je sois élu
et j'en suis heureux.
« ...En matière
religieuse, je pratique la plus large tolérance, je suis l'ami
de tous les hommes de bien, quelles que soient leurs croyances...
Je suis musulman, mais je ne finis pas fanatique. Le fanatisme
naît de l'ignorance qui elle-même, enseigne la superstition...
« ...Pourquoi M. Crémieux
ayant naturalisé les Juifs d'Algérie ne naturaliserait-on
pas les Musulmans
?
Ne l'ont-ils pas mérité en versant généreusement leur sang
pour la patrie sur tous les champs de bataille ou étaient
engagés son drapeau et son honneur ?
« …Je siégerai avec mon burnous et je ferai mes prières
là où je me trouverai... Sans doute aurai-je des désillusions,
mais je n'en continuerai pas moins la lutte, avec la foi ardente
qui m'anime et la sincérité de mes convictions, pour faire
l'humanité meilleure, moins égoïste, plus indulgente. S'il
plaît à Dieu, je réussirai. »
Mais voici un autre journaliste,
un vrai, un pur, celui-là, qui prend part à la discussion
sur le cas Grenier, député musulman de Pontarlier. Dans L'Intransigeant
du 24 décembre 1896, Henri Rochefort accable de ses sarcasmes
les prêtres et la religion catholique qui n'ont pu cacher
leur colère de l'élection. Il écrit :
« S'il fallait
absolument opter, c'est la croyance du Dr Grenier qui nous
paraîtrait la plus respectable : cet homme de bien, islamite
ou non, ayant la réputation de distribuer tout son bien aux
pauvres et de les soigner sans vouloir accepter d'eux aucune
rémunération.
»
Puis il porte une botte violente au chroniqueur du
Figaro
:
« ...l'étonnement
qu'affectent les cléricaux devant les croyances de l'élu de
Pontarlier est un nouvel exemple venant corroborer l'exactitude
du dicton connu sur la paille et la poutre. Quand, à l'instar
de Chincholle, on a dans l'œil une poutre de cette dimension,
on doit au moins quelque respect à la paille de son adversaire.»
La presse étrangère.
Mais il n'est pas que la presse parisienne qui s'occupe du
Dr Grenier, la presse étrangère, plus objective, tire les
conclusions de son succès. C’est ainsi que L'Indépendance
belge (de Bruxelles) écrit en date du 27 décembre 1896
:
« Les chrétiens
devraient plutôt rougir, dans un amer retour sur leurs propres
erreurs, à la pensée qu’il faille un disciple de Mahomet,
coiffé d'un turban vert, pour leur apprendre qu'on peut être
en même temps fort pieux et fort tolérant envers autrui. »
(à suivre)
ce qui est vrai.
En clair, qui ne souhaite pas un changement d’état pour
ces malheureux.
Etranger menant grand train et dont on ne connaît pas les
moyens d’existence.
Ne devait-il pas être considéré comme un apostat par
son Église ? Pour s’être converti ?
En terre biblique, la polygamie existe. L’homme se marie
volontiers avec une épouse, mais combien de personnes féminines
fréquente-il hors mariage et surtout avant de se marier ?
Les maîtresses existent. A ce sujet, partie du monde biblique
n’aime-t-il pas profaner le sacré ! Qu’on regarde maintenant
la dépénalisation de l’adultère, du coït anal, etc.
idée qui demeure jusqu’à nos jours, en particulier concernant
toute personne de souche française. A l’époque des possessions,
il n’était pas question qu’une personne de confession islamique,
pratiquante, accède à de hautes fonctions. L’idéologie répu.blicanisme
n’étant pas meilleur ici que sous l’ancien régime.
Il faudra plus de cent ans d’attente pour qu’elle revienne
au devant de la scène… Et bon nombre de gens, s’ils reconnaissent
volontiers les religions bibliques, ne sont pas près d’admettre
l’existence même de la religion coranique dans leur espace
cultuel. Et pour toute personne du Partissisme, le « laïcisme »
n’est-il pas sa religion par excellence ? Pas de croyance
en Dieu, pas d’adorations, pas de contraintes… La vie est
belle sans le Créateur de l’Univers ! Enfin, pour ce
bas-monde. On verra dans l’Au-delà !
l’idéologie républicanisme ne peut donc pas prendre cette
partie de son histoire en exemple. Et se flatter d’être
mieux que l’ancien régime : la monarchie.
Remarque importante.
Oui, diront les gens du Partissisme, mais selon des règles
bien établies ! Les leurs.
Remarque importante. Les gens de la Bible n’accordent que
peu d’importance à leurs « vieux ». Atteints par
l’âge, ne préfère-t-on pas les voir dans des maisons de
retraite plutôt qu’à la maison ? On ira les voir une
fois l’an : à la nouvelle année ! Le répu.blicanisme
n’est-il pas responsable de cet état de chose ? Car
pour eux par de religion autre que le « laïcisme » !
N’a-t-on pas vu, en France, ce qui s’est passé lors de fortes
chaleurs ?
il aura fallu du temps pour que ces choses prennent corps.
On peut dire qu’il est l’initiateur des restos du cœur.
La baignoire, la douche à la maison, etc., ont mis beaucoup
de temps à s’installer. Dans ce domaine, le monde biblique
ne peut prétendre avoir devancé le monde islamique.
On a donné aux gens la « bouteille ». Dans les
villages et après un repos bien mérité que pouvaient-ils
faire ? Passer leur temps ? Sinon aller au « bistrot »
du coin pour oublier leurs soucis et leurs problèmes du
quotidien. Les parents boivent et les enfants trinquent,
dit le dicton. Certes, on reconnaît les méfaits de l’alcool
sur l’organisme, mais comment arrêter ce qu’on aime énormément,
à la folie, passionnément ! On ne saurait donner à
l’homme le poison et l’antidote !
le « républicanisme » n’a pour la « propriété »
qu’aversion ! Mais nullement ses dirigeants !
idées d’un homme de l’Islam qui datent de plus d’un siècle.
Et qui reprendra ces idées et s‘en réclamera ? N’est-ce
pas les gens du Partissisme d’après ? Preuve que l’Islam
est, pour ceux qui le vivent, une source perpétuelles de
bonnes choses. Et ceci contrairement aux avis de ses opposants
et adversaires.
l’environnement si cher à certains.
(de turc). Nom familier donné jadis aux tirailleurs
algériens depuis la campagne de Crimée (1854). Ukraine.
(mot turc). Cavalier de l’armée française appartenant
à un corps créé en 1834 en Algérie, avec un recrutement
en principe autochtone.
Preuve que la terre conquise est propriété d’État. Quant
aux gens, ils ne sauraient être reconnus sujets de l’État.
Simples habitants d’Outre-mer, tout au plus ! Main-d’œuvre
à bon marché ! Ce qui prouve que les gens du Partissisme,
du « républicanisme », du « laïcisme »,
etc., ne sont pas meilleurs que ceux qu’ils se permettaient
de critiquer, naguère : l’Église romaine, le régime
royaliste en place. S’ils avaient fait mieux, auraient pratiqués
la justice, auraient-ils été chassés de leurs possessions ?
Nullement.
fam. Femme prétentieuse qui fait des embarras.
Envers la Religion divine : l’Islam ? Nullement.
Sauf si vous l’a prenez, comme le monde biblique, en aversion.
Un homme soumis commanderait-il un peuple biblique ?
En Europe, certainement pas. Sauf si ce dernier renie sa
religion, se garde bien d’y croire et surtout de la pratiquer.
Nous ne sommes plus au temps du prophète Youssouf(-Joseph)
(sur lui la Paix !). Ne deviendra-t-il pas premier
ministre du Pharaon, à son époque, et bien avant que la
Torah soit révélée ?
Très bonne remarque pour un homme biblique.
Remarque importante. Le monde toranique ne devra-t-il pas,
avec l’Indépendance, quitter cette terre ? Terre de
refuge de leurs ancêtres...
Etant homme toranique, ne pensera-t-il pas d’abord à ses
coreligionnaires ? Nous savons tous que le monde toranique
n’a que peu de sympathie pour et envers le monde arabe.
Lire à ce sujet les commentateurs de la Torah. Le monde
de la Synagogue ne refusera-t-il pas de voir et de reconnaître
en Ismaël fils d’Avraham (sur eux la Paix !) un prophète
d’entre les prophètes divins ? Et ceci jusqu’à nos
jours.
A noter qu’à l’époque le monde toranique sera opposé à cette
proposition.
A noter au passage, quand un homme s’habille comme Monsieur
tout le monde, on le caricature d’après sa race, son origine,
sa langue. Quand ce dernier pratique son culte, le vit,
s’habille d’une façon traditionnelle recommandée, il sera
alors nommé d’un nouveau nom, justement en raison du culte
qu’il représente, qu’il vit. Alors plus de race, plus de
nationalité, plus de langue… D’où l’importance de suivre,
le mieux que possible, sa religion. Elle sera pour lui une
protection, un garant, un refuge sûr. Dans le cas contraire,
nullement. En apparence, sans doute. Il sera fondu dans
la masse. En réalité, et vis-à-vis de son Créateur, nullement.
Oui, la Religion divine est bien un choix offert au fils
d’Adam.
En agissant ainsi, n’a-t-il pas cloué le bec à beaucoup ?
Car qui peut aller contre le bien ? N’est-ce pas le
fou, l’insensé ? Le fils de Satan ?
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!
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