Histoire

L'Europe et le Sabéisme

Selon l'Histoire de France.

Avant la religion du Messie fils de Marie (sur lui la Paix !) quelle était la religion de l'Europe et de la Gaule ? Les Gaulois étaient-ils des monothéistes ou gens d'autres religions ?

  Le Sabéisme. 

   L’Europe et le Sabéisme

   La littérature arabe connaît deux sortes de Sabéens : ceux qui sont cités dans le Coran (II 62 ; V 69 ; XXII 17), et ceux qui habitaient Harrân[1]. En arabe : saba’a veut dire originairement : se dégager, puis métaphoriquement : se dégager d’une religion pour embrasser une autre religion. Si l’on tient à l’étymologie arabe, les Sabéens, secte très ancienne, seraient des schismatiques qui seraient sortis de la religion divine, la Soumission (ou l’Islam).

  Selon les historiens, les commentateurs du Coran et les philologues : les Sabéens sont des adorateurs des Anges et des astres. Dans la littérature rabbinique, pour évoquer les païens, l’expression toujours utilisée sera : avodat kokhavim oumassalot (« culte des astres et des constellations »). Les Grecs et les Italiens n’étaient-ils pas, dans l’Antiquité, de fervents adorateurs des astres et des constellations, des Sabéens ?

   Selon les commentateurs du Coran, historiens et chercheurs, cette hérésie « le Sabéisme » apparue après la mort d’Adam. Les Sabéens furent les premiers humains qui s’attaquèrent à sa personnalité. Très éprouvés par la mort de leurs personnalités et autres personnages importants de leur peuple, et ce sur inspiration diabolique ; ils érigèrent alors des stèles commémoratives, des statues, etc., en leur honneur[2]. Plus tard, et toujours sur inspiration diabolique, ils en vinrent en premier lieu à les vénérer puis à les adorer. En agissant ainsi, ils « associèrent » leurs « hauts dignitaires », les « hommes de bien » de l’Etat, de leur communauté au divin Créateur ! Cette religion disparaîtra toutefois avec le déluge.

   Le déluge achevé, aux hommes de revenir quelques années plus tard au culte de leurs lointains ancêtres. Ils iront cette fois, et toujours sur inspiration du diable, jusqu’à déterrer les anciennes statues de leurs ancêtres ! A ce sujet, on a dit : Le déluge détruisit tous les humains idolâtres, mais l’idolâtrie prit un nouveau départ sous l’impulsion de Nimrod, « un puissant chasseur en opposition avec Dieu »[3]. (Bible. Gen. 10 9).

   Selon le monde biblique : C’est sans doute sous la direction de Nimrod que débuta la construction de Babel et de sa tour (probablement une ziggourat destinée au culte idolâtrique). Cependant, Jéhovah déjoua les plans des bâtisseurs en confondant leur langue. Désormais incapables de se comprendre, ils abandonnèrent peu à peu la construction de la ville et se dispersèrent. Toutefois, l’idolâtrie qui vit le jour à Babel ne s’y éteignit pas. Partout où ils allèrent, les bâtisseurs emportèrent leurs conceptions religieuses erronées. — Gn 11:1-9…
   Our des Chaldéens, la ville que la Bible mentionne ensuite, n’était pas plus vouée au culte de Jéhovah, le vrai Dieu, que ne l’avait été Babel. Des fouilles archéologiques ont révélé que le patron de cette cité était le dieu-lune Sîn. C’est à Our qu’habitait Térah, père d’Abram (Abraham) (Gn 11:27, 28). Vivant dans un milieu idolâtre, Térah pratiqua peut-être l’idolâtrie, comme l’indiquent ces paroles que Josué adressa aux Israélites des siècles plus tard : “ C’est de l’autre côté du Fleuve [Euphrate] qu’ont habité autrefois vos ancêtres, Térah le père d’Abraham et le père de Nahor, et ils servaient d’autres dieux. ” (Jos 24:2)… Adorateurs des astres. On a dit également qu’ils sont des astrolâtres. Ceci parce qu’ils croient que Dieu (exalté soit-Il !) en créant ce monde a fait des planètes des intendants à Lui. D’où l’obligation des créatures humaines de les vénérer, de les adorer et surtout de les considérer comme un moyen efficace pour se rapprocher de Dieu le Très-Haut. On a dit aussi : Il est logique de penser qu’après la mort de Nimrod les Babyloniens se sentirent poussés à l’honorer grandement en tant que fondateur, bâtisseur et premier roi de leur ville, et comme organisateur de l’Empire babylonien initial. D’après la tradition, Nimrod mourut de mort violente. Puisque le dieu Mardouk (Merodak) était tenu pour le fondateur de Babylone, certains ont émis l’hypothèse que Mardouk représente Nimrod déifié. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’identifier des divinités à des humains particuliers, les spécialistes ont des opinions assez variées.

   Avec le temps, les dieux du premier Empire babylonien se multiplièrent. Le panthéon en vint à compter plusieurs triades de dieux ou divinités. L’une d’elles se composait d’Anou (le dieu du ciel), d’Enlil (le dieu de la terre, de l’air et de la tempête) et d’Ea (le dieu qui régnait sur les eaux). Une autre triade était formée de Sîn, le dieu-lune, de Shamash, le dieu-soleil, et d’Ishtar, la déesse de la fertilité et la maîtresse ou épouse de Tammouz. Les Babyloniens avaient même des triades de démons, comme celle composée de Labartou, Labasou et Akhkhazou. Le culte des corps célestes prit de l’importance (Is 47:13) et on en vint à associer des planètes à certaines divinités. On identifiait la planète Jupiter à Mardouk, dieu principal de Babylone ; Vénus à Ishtar, déesse de l’amour et de la fertilité ; Saturne à Ninourta, dieu de la guerre et de la chasse, et patron de l’agriculture ; Mercure à Nebo, dieu de la sagesse et de l’agriculture ; Mars à Nergal, dieu de la guerre et de la peste, seigneur du monde souterrain. Le prophète Abraham (sur lui la Paix !) combattra Nemrod et le Sabéisme. (V. Coran VI 74-83). Adoration et veneration des Anges. On dit aussi qu’ils en vinrent à vénérer, voir adorer les Anges. Ces êtres déclarés par eux purs, toujours obéissants, infaillibles, et surtout pour eux supérieurs aux êtres humains. Selon eux, ces esprits doivent être considérés comme des esprits très purs du fait qu’ils n’ont aucune sorte de contact avec la 'matière', et ceci contrairement aux humains. En effet, et toujours selon eux, si l’esprit entre en contact quelque peu avec la matière ; alors d'une façon automatique il se souille et perd ainsi toute sa vitalité, sa nature, sa force, etc. Selon leur raisonnement, tout corps de « matière » pour bien fonctionner, devra donc être nécessairement commandé en dehors de tout contact avec ce dernier, pour éviter ainsi toute corruption et toute contamination... Thème de la Nature Parfaite, de l'hermétisme ! 2. Pour le monde de la Philosophe également, quand l’âme est sans contact avec le corps, elle parvient au vrai : « Quand donc, reprit Socrate, l’âme atteint-elle la vérité ? Quand elle entreprend de faire quelque recherche de concert avec le corps, nous voyons qu’il l’enduit en erreur. » (Platon, Phédon, in Platon, Œuvres complètes , p.123, Garnier.). Pour Paul, la « chair », nous dira-t-on, c’est la nature humaine dégradée et viciée par le péché, infectée par les passions inférieures, soumise à l’influence du mal, hostile à l’action de l’esprit et étrangère à la vie divine (ainsi dans Bible. V. Romains 7 et 8 ; Galates 5). Dans cette dernière acceptation, la « chair » peut être purifiée, sanctifiée et glorifiée : c’est l’œuvre de l’esprit et de la grâce. Notons encore que le dénommé Paul fera d’Ichoua, le fils de Marie une divinité : dieu le fils, deuxième personne de la trinité par l’intermédiaire de « l’esprit » (V. Coran V 73). Avec Paul, le Sabéisme déteindra-t-il sur lui et sur ses suivants ? Sans aucun doute. Le thème de la "Nature Parfaite" attribué à Socrate, cette vision qu'Hermès eut, dit-on, de sa Nature parfaite, allait-elle revivre ? Rappelons aussi, et selon  les gens de la Bible, Dieu est un esprit, esprit. Pour nous, nullement. L’admettre, n’est-ce pas reconnaître qu’Il a eu un commencement , qu'Il fut produit ? Origines. On a dit concernant les Sabéens : Selon Omar fils de Khattab et le fils d’Abbas (que Dieu les agrées !), ces gens font partie des gens de la Bible. Selon Moudjahid, ces gens se trouvaient à Châm, leur religion se trouve entre celle des Juifs et des Mages. Selon Kalby, ce sont des gens de religion entre les Juifs et les Nazaréniens (ou chrétiens). Selon Qatadah, ils avouent croire en Dieu, lisent le Psautier (de David), adorent les Anges et se tournent pour prier vers la Ka’bah. Prennent un peu de chaque religion. La loi. L'hermétisme des Sabéens est donc une religion incompatible avec l'Islam, puisqu'elle peut se passer de prophète (de prophète-législateur d'une charî'ah, d'une Loi divine, s'entend) : l'ascension de l'esprit au Ciel, telle que Hermès initie (on fait dire de lui) ses adeptes, dispenserait de croire à la descente d'un Ange révélant au prophète le texte divin. Paul, reprendra, d'une certaine façon, ce dogme du sabéisme mais en le modifiant à sa façon. En effet, et selon lui, ce n'est plus un ange qui descend sur terre avec un Livre nouveau, mais Dieu (Pureté à Lui !) en la personne du fils de Marie ! Cette divinité nouvelle, égale à Lui dans son essence, dans ses attributs, dans ses actions et dans son royaume ! Ce verbe, coéternel, consubstantiel avec Dieu (Pureté à Lui !) présidait à la Création dans le temps. C’est lui qui envoyait les Prophètes et qui les inspirait. Il est ce Livre divin. Par suite de son incarnation, il est devenu le Rédempteur de l’humanité. Il sera le Juge du Jugement dernier et la contemplation de sa face fera partie du bonheur sans fin. » !!! Dans ces propos insidieux, il se verra toutefois contredit par un fidèle à lui, Barnabé. Qu'on en juge :

   A trente ans, sur le mont des Oliviers, Jésus reçoit de l'ange Gabriel l'évangile d'une façon merveilleuse.
   A trente ans, comme il me l'a dit, Jésus était allé ramasser des olives avec sa mère sur le mont des Oliviers. A l'heure de midi, tandis qu'il priait, [56] parvenu aux mots : " Seigneur, avec miséricorde...". il fut environné d'une immense splendeur et d'une multitude d'anges qui disaient : " Dieu soit béni ! 
   L'ange Gabriel lui présenta un livre comme un brillant miroir. Ce (livre) descendit dans le cœur de Jésus : il apprit ce que Dieu a fait, ce que Dieu a dit, ce que Dieu veut. Si bien que toute chose fut pour lui nue et ouverte, ainsi qu'il me l'a dit : " Crois-le Barnabé, je connus chaque prophète et chaque prophétie, si bien que tout ce que je dis sort de ce Livre". (chapitre X)
.

   Ainsi, ces deux doctrines vont-elles s'affronter, pendant de nombreuses années, au sein même du monde évangélique. Avec le Sabéisme, c'est Hermès donc (le prophète Hénoch, Idris) qui se voit accuser d'avoir dispenser ses suivants de croire à la descendante de l'Archange Gabriel révélant au prophète le texte divin, comprenant en lui, une Loi divine pour les créatures. La notion de prophète législateur (au sens figuré) est abolie ! Avec le Christianisme, c'est le fils de Marie (Dieu incarné), à travers Paul, qui se voit accuser d'avoir dispenser ses suivants de croire aux lois divines, aux lois contenues dans la Thora ? Soit, c'est Dieu Lui-même qui s'abolit, se condamne, s'excuse, regrette, et pour se repentir auprès de Ses créatures, les dispense de toute Loi divine ! ? Même son de cloche avec le Druzisme, avec cette fois, le fils de Zacharie, Yahya (Jean) (sur eux la Paix !). Chose inadmissible et impensable pour tout croyant soumis.

   Dans ses lettres au roi de Rome (ou lettres dites aux Romains) de l'époque, Paul n'invitera-t-il pas ce dernier à suivre la religion de ses ancêtres, le Sabéisme ? Le monde latin pouvait-il croire et accepter réellement une loi émanant non d'une créature, mais d'un Créateur, Dieu (exalté soit-Il !)  ? Nullement. D'ailleurs, l'histoire européenne ne le confirme-t-elle pas ? Qu'on en juge :

   "Si la Grèce, en effet, a donné à l'Europe les fondements de la science et de la technologie (grâce à la philosophie), Rome lui a légué les bases de sa puissance et de sa liberté. Depuis Solon, les Grecs n'avaient jamais réussi à produire quelque chef-d'œuvre en matière législative. C'est pourquoi Platon s'est appliqué avec tant de zèle à proposer des solutions de rechange dont l'efficacité, cependant, était faible. Rome, au contraire, dès l'époque de la République, s'est appliquée à réaliser une législation plus juste. A partir d'Adrien, cette tendance s'affirme plus positivement : Salvius Julianus formule un édit prétorien perpétuel que les juges étaient tenus d'appliquer. Sous Antonin, partant du précepte stoïcien selon lequel toute culpabilité résidait dans l'intention d'un acte et non pas dans ses résultats, on décrète que les cas douteux seraient résolus en faveur de l'accusé et que tout homme devrait être présumé innocent aussi longtemps que sa culpabilité ne serait pas démontrée. Quelques dizaines d'années plus tard (IIIe) siècle, Papinien Paulus et Ulpien porte la science juridique à son sommet. Ulpien, revenant aux fondements humanistes de la pensée stoïcienne, proclame ce que peu de philosophes avaient osé affirmer : "De par la loi de nature, tous les hommes sont égaux". Il faudra attendre des siècles (la révolution américaine) pour que ce précepte devienne une réalité. Toujours est-il que le droit romain a promulgué la défense de l'individu (sa personne, ses biens et ses droits), qui aboutit, d'une part, à l'abolition de l'esclavage et, d'autre part, à la protection de l'homme contre les abus de l'Etat. Le christianisme bénéficie de ces prérogatives, au début de son histoire, si bien que l'on peut dire qu'à côté de son enracinement, le droit romain tient certainement une place non négligeable. Et ce n'est pas un des moindres paradoxes de l'histoire de la pensée, que ce soit le même empereur chrétien (Justinien) qui, tout à la fois, ferme l'Ecole (païenne) d'Athènes (529), et donne sa forme définitive au droit romain. C'est à cette époque aussi que les textes de Pseudo-Denys apparaissent.

   Mais face à cette recherche d'unité, se tient également une autre réalité, celle de la pluralité culturelle, traduite notamment par une variété étonnante de religions. Même lorsque les romains imposent leurs dieux, partout dans l'empire, ces derniers sont aussitôt associés à des noms indigènes ou couplés avec des dieux locaux. Il est certain qu'une religion polythéiste n'a pas besoin, comme le monothéisme, de circonscrire la nature de la divinité. Cela permettait aux romains de respecter plus facilement les dieux des autres, auxquels ils pouvaient offrir des sacrifices sans heurter leurs croyances, ce qui ne pouvait être le cas des juifs et des chrétiens. Cela explique au demeurant les persécutions à l'écart des chrétiens qui, en plus, refusaient leur droit civiques. Mais quel que soit l'attitude des romains à l'égard des peuples conquis, on constate une présence à Rome de cultes orientaux, comme ceux de Cybèle (qui assure l'immortalité) et de Mithra (qui confère une force vitale), auxquels on doit ajouter ceux du judaïsme et du judéo-christianisme, favorisés par une importante communauté juive dans les centres principaux de l'Empire. Le cas du christianisme est particulier, parce qu'il recrute ses membres également dans les milieux païens, ce qui heurte d'avantage la mentalité romaine. Ce prosélytisme explique, en partie, pourquoi le christianisme dominera au fil des temps, atteignant le seuil où son intégration se transforme en même temps en assimilation.

   Dans l'histoire du christianisme, la date décisive est certainement celle de la promulgation de l'édit de Galère (311) qui proclame la tolérance religieuse (confirmé deux ans plus tard par l'édit de Milan, promulgué par Constantin). Le texte de Galère, tel qu'il ressort de l'Histoire Ecclésiastique (VIII, 15, 3-11) d'Eubèse de Cesarée, n'accorde une liberté de culte aux chrétiens que dans la mesure où ceux-ci acceptent de prier leur Dieu pour le salut des romains et de leur empereur" afin que par tous les moyens les affaires publiques soient envisagées d'une façon saine et qu'ils puissent vivre sans soucis dans leur foyer" (10). Le cas de Constantin est différent : il reconnaît d'avantage la liberté du culte…" (Aux origines de la philosophie européenne. Lambros Couloubaritsis. Edit. De Boek-Wesmael s.a.).

   En 313, un édit autorisera le culte nazarénien et païen dans un souci de tolérance réciproque : « il est digne du siècle où nous vivons, il convient à la tranquillité dont jouit l’Empire, que la liberté soit complète pour tous nos sujets d’adorer le dieu qu’ils ont choisi, et qu’aucun culte ne soit privé des honneurs qui lui sont dus ». L’analogie qu’établit Constantin entre le culte d’Apollon et celui du Dieu nazarénien repose sur une conception syncrétique du culte solaire dont les mystères se sont fait les propagateurs au fil des siècles précédents...

   Les gens de l'Evangile, soit, ceux qui se réclameront de Paul, finiront par s'imposer chez les latins comme chez les grecs. Plus tard, et comme nous l'avons vu, leur domination au fil des temps, atteignant le seuil où son intégration se transforme en même temps en assimilation. Dans le domaine des croyances fondamentales comme dans le domaine des lois. Les païens sont morts, mais non le paganisme. Tout se passe comme si le dominateur d'hier, avait été absorbé peu à peu par le dominateur de demain : le paganisme, mais sous une forme nouvelle. 

   Leurs croyances

   Les Sabéens ne reconnaissaient pas les Prophètes et Messagers de Dieu, car pour eux, ce sont des hommes et ont toutes les qualités humaines. D’où leur parole : Les prophètes sont semblables à nous dans l’espèce, ils ont la même forme que nous ; nous participons comme eux de la même matière. Ils mangent ce que nous mangeons, et boivent ce que nous buvons. Leur forme est la nôtre. Ce sont des hommes comme nous. Pourquoi donc devons-nous les obéir ? Quelle distinction ont-ils qui nous obligerait à les suivre ? « Si vous obéissez à un homme comme vous, vous serez alors parmi les perdants » (Coran XXIII 34). Voilà leur thèse ».
  Au temps d’Abraham, le prophète (sur lui la Paix !) une controverse s’élèvera très vite entre les partisans d’Abraham, d’une part, et les Sabéens d’autre part. De cette controverse, il ressort que les Sabéens basent leur religion sur les essences spirituelles, qui sont les intermédiaires entre Dieu, créateur, sage, pur de tout attribut créé, et les hommes. Ces essences spirituelles sont pures à tous les égards : en substance, en action, et en état. En substance, parce qu’ils sont purs de toute matière, de tout mouvement local, de tout changement temporel. Ils sont, d’après l’enseignement de leurs premiers maîtres ; Agadémon[4], et Hermès (Hénoch-Idris), leurs intercesseurs auprès de Dieu, qui est le Seigneur des Seigneurs et le Dieu des Dieux. Pour avoir un rapport avec ces essences spirituelles ils assument comme devoir de purifier leurs âmes des désirs naturels, de soustraire leurs moeurs aux concupiscences. Une fois purifiés de la sorte, ils peuvent alors exposer leurs affaires, pour qu’elles intercèdent auprès de Dieu (V. Chahrastâni, Almilal wal Nihal).
  Les Sabéens aiment nous parler des choses sensibles et rationnelles, des limites et des sentences... Ils refusent, par contre, de parler de Loi divine et du Culte de la Soumission (l’Islam). 

   Leurs sectes

   Parmi elles, on notera : 1°) les partisans des Personnes[5], et 2°) les partisans des Temples[6]. Les premiers adorèrent les idoles qu’ils nommèrent « dieux ». Lesquels n’étaient, pour eux, que la représentation des « dieux » du Ciel. D’où leur parole : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès de Dieu  » (Coran X 18). Les seconds adorèrent les astres et crurent en leur pouvoir absolu...
   De même, on verra apparaître parmi eux : Les partisans de la Métempsycose et les partisans la Plénitude divine[7].
   On retrouve les dogmes des premiers, à notre époque, à travers l’Hindouïsme, le Bouddhisme, le Sikhisme, le Druzisme[8], les adorateurs du Diable, etc. Et des seconds chez les gens de la Bible, dont en particulier, les gens de l’Evangile. N’est-ce pas à leur maître et seigneur, Paul, de leur déclarer : Car il a plu (à Dieu) de faire résider en lui (le fils de Marie) toute la plénitude (de la divinité)... » (Bible. Col. 1 19, 2 9 ; Eph. 1 2 3, 3 19, 4 13.) 

   L’influence du Sabéisme sur les gens de la Bible, dont les gens de l’Evangile en particulier

   C’est une chose réelle. Les gens de l’Evangile d’Europe ayant choisi, après la venue de Paul, le pagano-christianisme[9] à la religion du Messie fils de Marie (sur lui la Paix !). La plupart des fêtes du christianisme naissant seront d’ailleurs calquées sur les fêtes de l’ancienne Rome ou Athènes. Quant à la Loi divine, les lois anciennes des peuples de l’Europe du Sud seront reconduites, la loi de la Thora, elle, abolie ! La Philosophie de Platon et d’Aristote, d’Alexandrie, etc., servira beaucoup pour expliquer leurs croyances nouvelles, comme : l’incarnation, les deux natures présumées du Messie, etc.  (à suivre)


[1] Sabéen de l’araméen, ç’ba « baptiser », rattaché à l’hébreu çaba « armée [du ciel] ». En arabe, sabaa. Se dit de celui qui quitte sa religion pour en embrasser une autre. Les arabes associateurs avaient l’habitude de dire concernant le sceau de la Prophétie : « sabaa Mohammad », soit : il est sorti de notre religion pour en embrasser une autre, en l'occurrence la Soumission. 2. Les Sabéens furent ainsi appelés parce qu’ils furent les premiers humains à quitter  la religion divine, après Adam. 3. Selon H. Corbin : Mais il faut encore mentionner tout spécialement l'importance de l'école des "Sabéens de Harran" établis dans le voisinage d'Edesse. Le Pseudo-Majrîtî abonde en indications précieuses sur leur religion astrale. Ils faisaient remonter leur ascendance spirituelle (comme plus tard Sohrawardî) à Hermès et à Agathodaimôn. Leurs doctrines se présentent comme associant l'ancienne religion astrale chaldéenne, les études mathématiques et astronomiques, la spiritualité néopytagoricienne et néoplatonicienne. Ils comptèrent des traducteurs très actifs, du VIIIe au Xe siècle. (…) On a rappelé (…) que les Sabéens de Harran faisaient remonter leur ascendance à Hermès et à Agathodaimôn. Leur plus célèbre docteur, Thabît ibn Qorra (ob. 288/901) avait écrit en syriaque et traduit lui-même en arabe un livre des "Institutions d'Hermès". Pour les Manichéens, Hermès était l'un des cinq grands prophètes ayant précédé Mani. De la prophétologie manichéenne le personnage d'Hermès est passé dans la prophétologie islamique, où il est identifié avec Idrîs et Enoch (Okhnokh)...
   (…) 2. Comme beaucoup de "fortes personnalités" de l'époque, le philosophe iranien Sarakhshî (ob. 286/899), élève du philosophe al-Kindî, était shî'hite ou passait pour tel. Il avait écrit un ouvrage (aujourd'hui perdu) sur la religion des Sabéens. Son maître, al-Kindî, avait lu également ce qu'Hermès enseignait à son fils (référence implicite, sans doute, au "Poimandrès"), concernant le mystère de la transcendance divine, et il affirmait qu'un philosophe musulman comme lui n'aurait pu mieux dire. Malheureusement les Sabéens n'avaient pas de "Livre" apporté par un prophète-législateur, un Livre qui aurait pu les faire reconnaître officiellement comme Ahl al-Kitâb. Ils durent se convertirent à l'Islam. Leur dernier chef connu, Hokaym ibn 'Isâ ibn Marwân, mourut en 333/994. Leur influence n'en a moins laissé des traces ineffables. (Histoire de la philosophie islamique. Edit. Gallimard. 1964). 4. Hermès en grec, Enoch en syriaque ; Idrîs en arabe (Coran XIX 56 ; XXI 85. Comparer : Bible. Berechit/Gen. 5 18-24). De lui, on dit qu'il fut le premier homme qui plaça le roseau sur le papier pour écrire. Il savait coudre et de métier était tailleur. Il fut le premier qui introduit l'usage de tailler et coudre les vêtements, et il était très habile dans tous les ouvrages. De son temps, les hommes n'avaient point de vêtements cousus ; ils portaient tous des peaux et de la laine. Ils ne savaient pas même ce que sont les chemises et les caleçons. Or Idrîs commença à couper les peaux et à en faire des chemises et des caleçons cousus. Ce fut lui qui introduit cet usage dans le monde. 2. Hermès, dans la myth. gr., fils de Zeus et de Maia ; messager et interprète des dieux ; il protège le commerce, les marchands, les voyageurs, mais également les voleurs. Assimilé à  Mercure dans la myth. latine. Hermès Trismégiste (en gr. Hermês trismegistos, « Hermès trois fois très grand »), nom donné par les Grecs au dieu égyptien Thot, qu’ils considéraient comme l’initiateur de tout le savoir humain. Les alchimistes voyaient en Hermès Trismégiste le fondateur de leur art.
   Enfin, Hermès Trismégiste est un personnage très apprécié du monde occulte jusqu'à nos jours. Il n'est donc pas étonnant que les gens du bassin méditerranéen s'en réclament. Ne suivaient-ils pas, eux aussi, comme religion le Sabéisme ? Laquelle religion aimait déifier ses personnages importants de leur histoire. Et Dieu est plus Savant !
[2]à l’instar de la politique pratiquée de nos jours par la plupart des gouvernements et hommes du monde. Qu’un homme célèbre ou important de l’Etat meurt, son nom sera immédiatement donné à des rues, à des bâtiments publics, etc. Sa statue (ou sa photo) apparaîtra au coin d’une rue, sur une place publique, dans votre jardin, etc. Chaque année des hommes et des femmes viendront ainsi se recueillir auprès d’une plaque commémorative, d’une statue, etc. Tout ceci n’est-il pas qu’un héritage du Sabéisme ? Peut-on dire, après cela, qu’elle est une chose agréée par notre divin Créateur, Dieu (exalté soit-Il !) ? Nullement.
[3] Après Babel, Rome devient le centre du Sabéisme. Pour preuve, ces témoignages :
   Les plus lointains ancêtres des Romains pratiquaient une religion primitive pour laquelle les dieux étaient des esprits qui pouvaient résider dans toutes sortes de choses. C’était une religion de superstition qui accordait de l’importance aux présages et reconnaissait des propriétés magiques aux plantes et aux animaux. Elle comportait des fêtes annuelles, telles que les Saturnales, en décembre, lors desquelles les participants échangeaient des cadeaux. L’ouvrage La Rome impériale la décrit comme “une religion de la forme, du rite, qui mettait fort peu l’accent sur le côté spirituel. Le Romain concluait un pacte avec ses dieux — si vous faites quelque chose pour moi, je ferai quelque chose pour vous — et sa religion consistait en grande partie en un respect méticuleux de cette convention commerciale”. Cette religion était donc vide de sens spirituel, ce qui poussa les Romains à chercher ailleurs de quoi combler leurs besoins spirituels.
   Les Étrusques [d’Étrurie] introduisirent plus tard des pratiques religieuses plus élaborées, telles que l’utilisation des temples, des statues et des images. D’après l'ouvrage précité, ce furent eux “qui établirent le premier contact significatif entre Rome et les divinités grecques, dont les Romains finirent par absorber plusieurs, sans leur infliger pratiquement aucun changement”. On a ainsi pu dire qu’“à Rome, la religion a eu plusieurs aspects et a porté plusieurs noms : chaque nouveau peuple que les Romains rencontrèrent, par l’effet des conquêtes ou par le mécanisme du commerce, semble avoir apporté sa contribution au panthéon romain”.
   Au début, le rôle des prêtres ne devait pas être spirituel ou moral. Selon La Rome impériale, il leur suffisait de connaître “les formes qu’il convenait d’observer en s’adressant au dieu, les tabous associés à son culte, et la liturgie complète”. Contrairement au bas peuple — les plébéiens, qui ne pouvaient détenir aucune charge importante — les collèges de prêtres purent acquérir des pouvoirs politiques et sociaux impressionnants.
   Ainsi, pendant un millénaire à compter de l’époque d’Homère, la mythologie grecque exerça une influence considérable sur les religions grecque et romaine. La Nouvelle Encyclopédie britannique déclare à ce sujet : “On ne saurait trop insister sur l’importance de la mythologie grecque dans l’histoire intellectuelle, artistique et affective de l’homme en Occident.” Au moins du point de vue religieux, Horace, poète latin du Ier siècle avant notre ère, pouvait dire à juste titre: “La Grèce capturée fit de Rome sa captive.”
[4] Seth ou en arabe, Chîth,
[5] En arabe, achkhâs. L’origine du dogme des Sabéens, c’est l’adoration des esprits lesquels sont les Anges. Ils les adoraient seulement pour qu’ils les rapprochent à proximité de Dieu (Coran XXXIX 3). Ils reconnaissaient la fabrication ou la construction du monde. Qu’il existait un Sage, Puissant et Saint... Toutefois, reconnaissant leur incapacité d’accéder à une pleine et entière connaissance de Lui, ils pensèrent se rapprocher de Lui par Ses intermédiaires, les esprits... Un autre groupe d’entre eux, les compagnons des “Personnes” virent que les “Temples” (ou corps célestes) apparaissent et disparaissent. On les voit la nuit non le jour... Ils décidèrent alors d’instaurer des idoles pour les voir en permanence. Celles-ci leurs permettront, entre autre, d’accéder aux “Temples” (ou corps célestes), des “Temples” aux esprits, des esprits au Fabricant du monde. De là sera l’apparition des idoles sur terre. (Voir l’Intact dans l’Histoire (Kâmil fil-târikh), du fils de Athîr, v; I).
    Selon les sectes du monde évangélique : « Si nous vénérons la croix, Le Messie fils de Marie, Marie, Joseph, les saints, les images saintes, les reliques, etc., voir les adorons, c’est uniquement pour qu’ils nous approchent de la proximité divine. » (Comparer : Coran XXIX 3).
   Selon Lambros Couloubaritsis : Proclus accompagne la mise en valeur des divinités gréco-romaines d'une élaboration utilisant plusieurs modes d'exposition philosophique : par "symboles", par "images", par "révélation" et par dialectique". Selon le premier mode, les mythes traditionnels depuis Hésiode et Orphée manifestent, d'une façon symbolique et cachée, des propriétés des dieux, qu'il faut comprendre comme des approches allégoriques, sans s'attacher à la littéralité des récits (ce que fait parfois, au contraire, le christianisme, du seul fait qu'il y a Révélation). Selon le second mode, il convient de dégager une certaine ressemblance entre ce qui est dit par le récit et par les dieux ; les principes traditionnels de la philosophie, comme le bien, le beau, la vie, etc., appartiennent à ce type d'analyse, comme manifestation des dieux. Selon le troisième mode, il convient de saisir les actions des dieux sur l'homme, actions qui révèlent les différentes classe des dieux, leurs propriétés, leurs noms, etc.; c'est par ce biais que la théologie rejoint les Oracles. Enfin, le quatrième mode témoigne d'une théologie plus spécifique, inspirée de la dialectique de Platon, récupérée dans une interprétation théologique du Parménide, qui aboutit à l'organisation des dieux selon plusieurs plans formés par des triades successives. (Op. cit.).
[6] En arabe, haikal, hayâkil. Les “Temples” (ou corps célestes) soit les sept planètes, lesquelles, selon eux, géraient le monde.
[7]Localisation, en arabe, houloul.
[8] Adeptes, pour certains historiens, d’une doctrine chiite extrémiste, dérivée de l’ismaélisme, qui apparut sous la domination des Fatimides au début du XIe siècle et qui resta implantée chez certaines population du Châm (Syrie, Liban, Palestine). Cette nouvelle religion tient son enseignement du calife fatimide al-Hâkim bi-amrillah, puis de Anushtegin al-Darazi (d’où le terme druzes), de Hamza fils de Ali. Cette une communauté fermée et disposant d’un clergé. On ne peut entrer dans leurs Temples. Ils font remonter leur ascendance spirituelle à Cho’aib (Jethro), beau père de Moïse et à Yahya (Jean) et Salman le Perse, le vrai Messie selon eux. Jésus étant un Faux-Messie. Leur livre : la Sagesse (et non le Coran) est un ouvrage secret. Ils se sentent proches des gens de la Thora. Loin des gens de l’Evangile (dont les maronites) comme des gens de l’Islam traditionnel. L’homme selon cette doctrine n’est responsable de ses actes qu’à partir de la quarantième année. Dans leur histoire, ils livrèrent de durs combats avec d’autres communautés religieuses dont les maronites du Liban. De même contre Saladin (Salahuddin Ayoubi). 
[9] Les gens de l’Evangile aiment rattacher leur religion au Messie et non à Dieu. D’où : le christ, le christianisme, etc. Selon eux, ils adorent bien Dieu mais dans le Messie ! Ce que l’Islam traditionnel rejette.


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11/05/07 .

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