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Etudes

Le Messie et sa nature. Le dogme évangélique.

Selon les Textes bibliques.

Entre déité et humanité.
selon les Écritures bibliques

Au nom de DIEU, Hachem, Allaha,
Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux !

Louange à Allah, Seigneur des mondes, Prière et Paix sur Ses messagers et Ses prophètes, et sur tous ceux qui suivent Sa guidée ! 

V – Discussion de trois arguments des gens de l'Evangile

   A l’Imam Ghazalî, le Persan (sur lui la miséricorde !) de dire dans son ouvrage « Belle Réfutation de la divinité de Ichoua » (sur lui la Paix !) d'après le texte même de l'Evangile selon Jean. :  

§ 1 - Le Prologue de Jean et la doctrine Trinitaire du monde évangélique. 

   Voici la finale qui est parmi les arguments les plus forts sur lesquels ils s'appuient pour établir la divinité de Ichoua. Jean[1] l'a placé au prologue de son Evangile qui débute ainsi : « Au commencement était la parole[2], et la parole était en Dieu, et la parole était Dieu. Il en était ainsi au commencement en Dieu. Tout était en Lui et sans Lui rien n'était de ce qui est... » etc… jusqu'à la fin, où il dit : « Et la parole s'est faite chair et elle a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire ». 

   Le début de ce passage n'a aucun rapport avec l'établissement de la divinité de Ichoua (sur lui la Paix !).  Ils tiennent, en effet que l'essence du Créateur est une dans son substrat, mais qu'elle possède différents aspects. Si on la considère déterminée par un attribut dont l'existence ne dépend pas de l'existence antérieure d'un autre attribut, comme il en est par exemple pour l'Existence elle-même, c'est ce qu'ils appellent « l'hypostase[3] du Père ». 

   Considérée sous le jour d'un attribut dont l'existence dépend de l'existence antérieure d'un autre attribut, comme nous apparaît la Science (en effet attribuer la Science à une essence, suppose qu'on lui a d'abord attribué l'existence de cette essence), c'est cela qu'ils nomment la personne du fils ou la parole.
   Si on considère enfin cette essence en tant qu'elle est connue d'elle-même, c'est cela qu'ils appellent la personne du saint esprit.
   Le Père comporte donc la notion d'existence, la parole ou le fils, celle de connaissant, le saint esprit, le fait que l'essence du Créateur est connue. Voilà le contenu de cette terminologie.  L'essence divine serait donc Une dans son substrat[4], mais qualifiée par chacun de ces attributs. 

   D'autres disent que l'essence divine, considérée en tant qu'essence et prescindant de tout attribut, représente pour eux l'intellect pur et c'est ce qu'ils appellent la personne du Père.  Considérée comme se connaissant elle-même, elle correspond pour eux à la notion du connaissant et c'est ce qu'ils appellent la personne du fils ou la parole.  Considérée enfin en tant que connue par elle-même, c'est la personne répondant à la notion du connu et qu'ils appellent esprit saint. 

   Suivant cette terminologie, l'intellect[5] représenterait seulement l'essence divine et le mot « Père » en serait le synonyme. Le connaissant serait cette essence en tant que se connaissant elle-même : « fils et parole » en seraient les synonymes. L'intellection serait la Divinité en tant que Son essence lui est pleinement connue et l'exprimerait par le terme et son synonyme le « saint esprit ». 

   Il est bien établi d'après cette double terminologie, que la parole c'est l'essence dotée de Science et d'Intelligence[6] ; et de même le fils. Parole et fils sont donc une Personne qui correspond à connaissant et intelligent[7]. Ainsi les paroles : « Au commencement était la parole » signifient : « Au commencement était le connaissant » et la phrase : « Et la parole était en Dieu » signifie : « Et le connaissant n'a pas cessé d'être un attribut de Dieu », c'est-à-dire que Dieu a toujours possédé cet attribut. Ici le mot « était » est employé dans le sens de « n'a pas cessé d'être ». 

   Les mots : « Et la parole était Dieu», veulent dire : « Cette parole, représente le connaissant, et ce connaissant est Dieu ». 

   Les mots : « Et cela était au commencement en Dieu » veulent dire : « L'objet de cette considération, c'est-à-dire le connaissant qui est désigné par la parole, n'a jamais cessé d'être un attribut de Dieu. Il est Dieu, en outre, car il a été dit de lui : « Et la parole était Dieu » afin d'exclure la supposition de qui croirait que le connaissant désigné par la Parole est autre que Dieu.

   Telle est leur croyance quant aux personnes divines et telles sont les paroles du commentateur de leur Evangile au début de ce chapitre. Si les idées sont justes, peut importent la terminologie et les conventions du langage. Or il est clair d'après leurs explications même que le début de ce chapitre ne peut fournir aucune indication pour la divinité de Ichoua (sur lui la Paix !). 

   Il reste dans le chapitre deux passages obscurs où le pied peut trébucher. Le premier, où il est dit : « Il y eut un homme envoyé par Dieu qui s'appelait Jean. Celui-là est venu pour le témoignage, pour porter témoignage à la lumière afin que tous croient par lui. Et il n'était pas la lumière, mais il devait porter témoignage à la lumière, qui est la lumière de la Vérité, qui éclaire tout homme venant dans le Monde. Dans le monde elle était et le monde a été fait par elle et le monde ne l'a point connue ». 

   Nous disons : Ce qui est décrit dans ce passage comme étant toujours dans le monde et par lequel le monde a été fait, c'est soit la nature humaine, considérée à part de la divinité, ou dans son union avec elle ; soit la divinité en tant que divinité ou dans son union avec la nature humaine[8], c'est-à-dire, son apparition en elle ; soit enfin une troisième substance[9]. Or tout cela est faux, à l'exception de la divinité en tant que divinité. 

   Que ce ne soit pas la nature humaine, cela s'impose, que nous la considérions à part de la divinité ou unie à elle. Prise sans cette union, la chose est claire. De même, unie ; car son union avec la divinité est produite dans le temps, puisque l'union ne lui est survenue qu'après sa propre création. Comment donc peut-on dire d'elle qu'elle a créé le monde et qu'elle n'a cessé d'être dans le monde ? 

   De même pour la troisième substance. Car cette troisième substance, l'un de ses éléments, c'est la nature humaine qui est produite dans le temps. Il faut donc que cette troisième substance ait été dans le néant avant que l'Humanité soit créée. Il devient impossible de lui appliquer la description qui précède. 

   Même chose pour la divinité en tant qu'apparaissant dans la nature humaine. Cette apparition n'a eu lieu que lorsque la divinité eût créé la nature humaine. Si donc nous jugeons de la divinité par rapport à cette union créée, il devient impossible de lui attribuer ce qui a été mentionné. 

   Il ne reste plus que de rapporter ces attributs à Dieu (lui-même) (que Son nom soit magnifié !), en tant que Dieu, et non en tant qu'il est uni à la nature humaine ou que la nature humaine se trouve réunie à Lui. 

   Il faut donc rapporter ces paroles à Dieu le Puissant et Majestueux et voici comme il faudrait entendre ce passage : « Mais pour porter témoignage à la Lumière qui est la Lumière de Vérité, par laquelle la Vérité éclaire tout homme, car la Vérité est ce qui guide chacun par la Lumière de sa connaissance vers les vraies connaissances et qui le met, en l'éclairant, au courant des secrets de ses œuvres. Ces secrets, les esprits ne peuvent les atteindre que guidés par Sa lumière ». C'est là un sens clair qui se passe de plus amples développements.  Le mot « Lumière », d'ailleurs, est déjà employé dans l'Evangile avec le sens de « guide ». C'est dans les paroles suivantes de Ichoua[10] (sur lui la Paix !)[11] : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde ». Jean donne ce passage au chapitre 22. De même ces autres paroles[12] : « Je suis venu, lumière du monde». Jean les donne au chap. 25. Ces déclarations corroborent l'interprétation à laquelle nous nous sommes livrés en prenant la lumière au sens de guide. La seconde difficulté, c'est sa déclaration à la fin du chapitre[13] : « Et la Parole s'est faite chair et elle a habité parmi nous[14], et nous avons vu sa gloire ». 

   Il est indispensable ici de rapporter comment cette expression se trouve employée en copte, afin que l’on voie ainsi comment ils ont glissé dans l’erreur en s’écartant du sens exigé par l'étymologie et en détournant cette étymologie du sens le plus convenable pour lui en donner un autre, en opposition avec les principes de la raison. 

   Le substrat de cette locution est : «Wouh Bisadji Af'ara aou Sarks ». Ce qui signifie en copte : « Et la parole a fait un corps ». Car « Af'ar » veut dire en copte : « Faire ». Sur cette étymologie il ne subsiste aucun doute, mais bien au contraire, l'expression prend ainsi un sens très clair, à savoir que le connaissant qui correspond à la personne de la parole, dont il a été dit qu'elle était Dieu par ces mots : « Et la parole était Dieu », ce connaissant a façonné un corps et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, c'est-à-dire, ce corps façonné par Dieu est lui-même Ichoua (sur lui la Paix !) et c'est lui qui a apparu et dont on a vu la gloire. 

   Ils se sont excusés de répudier ce sens évident, en disant : « Etymologiquement, ce mot se trouve partagé entre les deux sens de « faire » et « être fait ». Une telle considération vaut bien que l'on s'en excuse, mais c'est une dérision, car un mot équivoque est déterminé dans un sens ou l'autre par le moindre indice qui indique, dans le contexte, le sens que l'on a en vue. Qu'as-tu donc à disputer contre la raison qui exige de prendre ce mot dans le sens que nous avons signalé ! 

   En outre, concéder même que ce mot possédât à l'origine une double acception, le traducteur aurait cependant agi à l'inverse de ce qui est de règle en cas de vocables amphibologiques. En effet, lorsqu'on hésite entre les différentes acceptions d'un vocable amphibologique, c'est le contexte qui détermine quelle est la bonne.  Pour notre traducteur, il a simplement décidé de détourner le vocable de ce qu'il doit signifier, et de le prendre dans un sens que la saine raison condamne chez l'auteur. Or il l'a fait pour obtenir ainsi que le Dieu connaissant[15] se soit fait chair ! 

   Je ne connais personne qui ait envers Dieu insolence pareille à celle de cette secte. Par Dieu, vraiment, il n'y a point de stupidité plus grossière que celle de gens qui croient que le Dieu du monde a été enseveli. Ils y ont encore porté le comble en ajoutant : « C'est même le seul samedi où il faut jeûner», car celui qui a fait la terre est resté enseveli en ce jour.  C'est ce qu'on lit dans leurs canons, transcrits d'après la tradition de leurs chefs et apôtres. Vraiment celui que Dieu égare ne peut plus trouver de maître pour le guider ! 

   Si l'on dit : « Ce mot a été pris dans cette acception parce que c'est le contexte qui l'a fait prévaloir ».
   Je réponds : « Tout déterminatif[16] qui contredirait la raison est à repousser et l'on ne peut s'y appuyer. Sans compter que c'est ignorance que d'appeler cela « déterminatif ». Celui qui le fait n'a point de règle scientifique qui le guide dans la poursuite de la Vérité. 

   Nous pourrions nous arrêter à l'exposé de ce cas très clair. Cela suffirait à résoudre la difficulté qu'ils y ont introduite en recourant à la falsification.  Mais si nous voulions couper court à toute contestation et concéder que ce mot possède étymologiquement une double acception et que le contexte qui l'accompagne fait prévaloir le sens de « devenir » sur celui de « façonner », la réponse à cette difficulté serait également claire. Pris dans cette acception, aucun homme raisonnable n'aurait la moindre hésitation à détourner ce mot de son sens littéral. En effet, la Parole dont il est question au début du chapitre, a été déclarée Dieu en ces termes: « Et la parole était Dieu ». Comment peut-on alors dire de Dieu qu'il s'est fait chair ! 

   Voici donc comment il faut rectifier ce langage : La parole chez eux consiste dans l'Essence (divine) considérée sous le rapport des attributs de Science ou d'Expression, comme cela a été dit au début du chapitre. Ce vocable se trouve ainsi désigner les attributs de Science et d'Expression spécifier en l'essence. Cet emploi n'est pas limité à Dieu car le terme litigieux, de quelque manière qu'on l'emploie, doit s'appliquer, en toute vérité, à chacun des objets qu'il désigne. Ce vocable de « parole », en conséquence, serait employé pour désigner l'essence sous le rapport de la Science et de l'Expression et en prescindant de la corporéité, que l'essence la possède ou en soit dépourvue. 

   C'est ainsi qu'au début du chapitre, la parole été appliquée au connaissant, dépourvu de la corporéité, nature véritable, et qui est Dieu. Mais la fin du chapitre, ce terme est appliqué au connaissant ou parlant, substantiellement doué de corporéité et qui est en même temps Messager. Le sens des paroles : « Et la parole s'est faite chair », serait donc que ce Dieu connaissant qui était désigné par la parole, était dépourvu de la corporéité, tandis que maintenant, cette désignation est passée à un connaissant doué de corporéité et qui est l'Envoyé de Dieu. Car si ce mot a été formé pour désigner l'essence sous le rapport de la science, la notion du connaissant s'en dégage nécessairement. A supposer toujours que le mot « parole » désigne l'essence douée d'un attribut, en tant qu'elle est essence. 

   Si l'on objecte que cette appellation (la Parole) est réservée à l'Essence divine, on répond alors que l'application qui en est faite à Ichoua (sur lui la Paix !) est par manière de métaphore. En effet, dans le cas, il y a participation certaine à la signification du terme et cela constitue l'un des principaux titres pour justifier l'emploi métaphorique. 

   On ne peut, non plus, repousser cette interprétation sous prétexte qu'elle s'oppose au sens littéral, car une métaphore n'a précisément d'autre but que de détourner le discours de son sens apparent, en raison d'une indication qui ne permet pas de le maintenir dans son acception propre. 

   Si l'on disait : cette interprétation ne serait acceptable que si vraiment le discours restait cohérent surtout quand il s'agit des paroles de Dieu (que Son nom soit magnifié !). 

   Nous répondons : ce qui est raisonnable lorsqu'on juge qu'une expression ne peut être maintenue dans son sens propre, est de recourir à l'interprétation métaphorique. Or, si l'interprétation, en détournant le mot de son sens littéral, comme nous l'avons dit, réussit à lui donner un sens plausible, il ne reste alors au partisan du sens littéral aucune excuse pour refuser ce qui est raisonnable et pour repousser une possibilité d'interprétation métaphorique. 

   Nous allons montrer maintenant qu'aucune incohérence n'est introduite dans le discours par les expressions de ce passage et comment on peut les entendre dans un sens admissible, suivant l'interprétation que nous en avons déjà donnée. Nous disons donc : Il est établi que la Vérité (que Son nom soit magnifié !) est ce qui éclaire de Sa lumière  tout homme qui vient et fait tomber pour lui le voile de toute chose cachée. C’est ce qu’indique le passage suivant : « Afin de porter témoignage à la Lumière qui est la Lumière de Vérité, qui éclaire tout homme ».  

   Quant à ses paroles : « Et il était dans le monde » ; cela peut qualifier la Lumière, aussi bien que la Vérité (que Son nom soit magnifié !), car que Dieu le Très Haut soit guide de Vérité, qu'Il manifeste toute chose cachée, qu'Il écarte le voile de toute obscurité, voilà qui est manifeste et constant dans le monde. 

   Les paroles : « Le monde a été fait par Lui », indiquent un attribut pour la Vérité[17] (que Son nom soit magnifié !) et cela avait déjà été signifié au début du chapitre par ces paroles : « Tout était par Lui (a été fait par Lui)[18] ». Je me demande quel prétexte on peut avoir d'appliquer ces paroles à Ichoua (sur lui la Paix !), en dépit de ce qui est exprimé en tête du même chapitre, parlant de Dieu : " Et sans elle, rien n'a été fait de ce qui a été fait " ! 

   Ses paroles : « Elle vint parmi les siens » désignent les familiers de la Vérité. Cette Vérité dont la lumière a lui, la lumière de Sa direction et de Ses conseils, car c'est par Sa lumière que se dirige tout homme qui suit la voie droite. Ce que l'on entend ici par la venue de la Lumière, c'est son apparition, car le vocable « venir »[19] doit est compris dans le sens de se manifester

   Et ses paroles : « Et les siens ne le reçurent pas ». Par « les siens », on entend « ceux qui ont été appelés pour être dirigés (dans la vérité). Ce qui veut dire donc : Et les siens, ceux qui ont été invités à [se mettre sous] Sa direction[20], ne l'ont pas accepté comme guide. 

   Et ses paroles : « Quant à ceux qui le reçurent » c'est-à-dire ceux qui acceptèrent sa direction[21], et ils ne sont pas les mêmes que ceux qui la rejetèrent, comme l'indique « quant à », particule de disjonction qui introduit le début du passage : « il leur donna le pouvoir de devenir fils de Dieu[22] ». L'expression la plus naturelle aurait été de dire « ses fils », mais il l'a évitée pour faire mention formelle du Nom vénéré, de Dieu, voulant par la dignité de cette relation, produire une plus grande impression sur les âmes.  

   Il dit ensuite : « A ceux qui croient en son Nom et qui ne sont ni du sang, ni du désir de la chair, ni du vouloir d'un homme, mais sont nés de Dieu », voulant signifier que cette filiation par laquelle ils ont acquis l'honneur de la parenté avec Dieu, n'est pas du genre des filiations dont c'est le propre de survenir par la volonté des hommes et l'union avec les femmes et par la formation de chair et de sang, mais on entend par là l'extrême souci à se rapprocher d'eux et à leur témoigner Sa sollicitude, comme il a été dit. 

   Après quoi il l’a attaché au début du chapître, montrant qu'il appartient à la parole, d'où est extraite la notion du connaissant de s'appliquer à ce connaissant, qu'il soit dépourvu dune nature humaine, comme c’est le cas pour l'Essence du Producteur, ou qu'il y soit uni, comme c'est le cas pour l’essence du messager.  

   En outre ils[23] ont interprété la doctrine des hypostases d'une manière qui les a amenés à reconnaître, aussi bien dans la réalité que dans le simple concept, trois dieux distincts en nature et en substance, ou alors à nier l'Essence de Dieu (que Son nom soit magnifié !).
   En effet, ils font consister le Père dans l'essence sous le rapport de la Paternité, le fils dans l'essence sous le rapport de la filiation et l'esprit saint dans l'essence sous le rapport de la Procession[24]. Puis ils disent « Un seul Dieu[25] » ! 

   Si on les presse un peu là-dessus en leur montrant que l'essence du Père, spécifiée par la Paternité, ne peut admettre l'attribut de Filiation et qu'il en va de même pour le fils et l'esprit saint, et que l'essence divine n'étant pas de la catégorie des essences relatives, elle ne peut être considérée sous l'aspect de la paternité pour l'un et sous celui de la filiation pour l'autre, ils répondent que l'essence reste une, et qu'il est impossible de lui rapporter tous ces attributs ; toutefois, ajoutent-ils, quand nous lui rapportons un attribut, nous sous-entendons la négation de ce qui n'est pas lui. Ici éclatent l'ignorance, l'aveuglement et la stupidité ! Ils affirment l'éternité de ces essences ainsi que de leurs attributs. 

   Elles sont donc dans le rapport de cause nécessaire et d'effets inséparables. Or quand une pareille cause est donnée, son effet est donné aussi nécessairement, et inversement si l'effet est absent, la cause l'est aussi. Donc supposer la négation d'un attribut inséparable de l'essence, c'est supposer la négation de cette essence elle-même. C'est à quoi fait allusion le Livre Saint : « Ils sont mécréants ceux qui disent que Dieu entre en tiers[26] dans une Trinité » (Coran V 73)… 

VII – Conclusion

   Nous avons terminé notre tâche et nous avons rempli notre promesse, de montrer que les passages (scripturaires) n'indiquaient pas la divinité (de Ichoua) et n'étaient pas à prendre dans un sens que réprouve la saine raison, et de concilier ce qu'ils croient être inconciliables, cherchant en tout cela la Face de Dieu.  Que Dieu nous mette parmi ceux qui se conduisent à la lumière de Ses conseils et qui sont préservés de toute faute dans leurs paroles et leurs actions, grâce à son assistance favorable, à sa sollicitude ainsi qu'à la miséricorde qu'Il a témoignée à la meilleure de ses créatures, à Mohammad, à sa famille et à ses familiers. (Explicit).

   Ce qui a été rapporté ci-dessus met en lumière une vérité cachée aux yeux des gens de l'Évangile. Il est temps de re-lire la Bible, mais avec des nouveaux yeux. Des yeux qui sont dirigés par le vrai Monothéisme. Celui sont le Saint et Seigneur d'Israël et des mondes aime. 

Que le Seigneur nous guide tous dans ce qu'Il aime et agrée !


[1] un de ceux qui auraient écrit un évangile. Qui est-il ? Personne ne la sait. Les gens de la Bible connaissent bien leurs rois, présidents, hommes d’affaires, leurs madames, etc., mais sont ignorants de/sur leur propre religion ! Quant à l’authenticité absolue des Evangiles canoniques, nous nous bornerons à citer les paroles de l’abbé Bergier, en son « Dictionnaire de Théologie » : « Les hommes vraiment savants en matière d’exégète, et surtout sincères, reconnaissent que le texte du Nouveau Testament n’a pas été fixé avant la fin du sixième siècle. » (Op. cit. p. 34-35).
[2] Nous l'écrirons, à l'inverse des gens de l'Evangile, avec un p minuscule. Car celle-ci ne peut-être, à l'inverse des fausses prétendions des Trithéistes d'entre eux, une divinité. Loin de nous de tels blasphèmes !
[3] hypostase. Philosophie : sujet réellement existant, substance. Dogme évangélique : Le Père, le Fils, l’Esprit saint, chacun d’eux en tant que personne substantiellement distincte des deux autres. Selon les gens de l’Évangile, le Messie est consusbtanciel à Dieu ! Ce qu’aucun homme censé ne saurait accepter. Dieu étant essence et non “substance” qui est le propre des choses créées.
[4] substrat ou, vieilli, substratum.  Philosophie : ce qui, présent derrière les phénomènes, leur sert de support.
[5] Soit, l'aql, la raison, l’intellect.
[6] V. note 139.
[7] Le dogme de la Trinité (ou du Trithéisme) a donné naissance à de nombreuses sectes. Catholiques et orthodoxes, bien qu’ils l’admettent, ne sont pas d’accord entre eux sur certaines définitions. D’où les schismes. Lesquels divisent plus qu’ils unissent...
[8] ou le dogme de l’incarnation.
[9] Comme le problème, chez les Catholiques, le Messie est dieu par l’esprit. Problème posé ensuite : qui fut crucifié ? Et où était l’esprit de Dieu ? Et combien d’esprit se trouvait en le Messie ?
[10] Francisé, biblique : Jésus. ‘Issa, coranique.
[11] Bible. 9 5. Comparer aussi : Je. 1 4, 5, 9, ; 3 19-21 ; 8 12 ; 11 9-10 ; 12 35-36, 46 ; 1 Jn. 1 5-7 ; 2 8-10. On remarque que les deux Jean sont ceux qui usitent le plus ce vocable.
[12] Bible 12 46.
[13] Bible. Je. 1 14.
[14] Selon les T.J. : Sa naissance sur la terre. Avant la naissance de Jésus sur la terre, il était arrivé que des anges apparaissent ici-bas sous une forme humaine, se matérialisant vraisemblablement en un corps qui convenait à l’occasion, puis se dématérialisant après s’être acquittés de leurs tâches (Gn 19:1-3 ; Jg 6:20-22 ; 13:15-20). Ils restaient donc des créatures spirituelles, n’employant un corps humain que temporairement. Mais tel ne devait pas être le cas du Fils de Dieu quand il viendrait sur la terre pour devenir l’homme Jésus. En Jean 1:14, il est dit que “ la Parole devint chair et résida parmi nous ”. C’est pourquoi il put se présenter comme “ le Fils de l’homme ”. (Jn 1:51 ; 3:14, 15.) Certains mettent l’accent sur l’expression “ résida [littéralement : “ campa ”] parmi nous ”, et prétendent qu’elle montre que Jésus n’était pas vraiment un homme, mais une incarnation. Cependant, l’apôtre Pierre emploie une expression analogue à propos de lui-même, et Pierre n’était évidemment pas une incarnation. — 2P 1:13, 14.
   On lit dans le récit divinement inspiré : “Mais la naissance de Jésus Christ arriva ainsi. À l’époque où sa mère Marie était promise en mariage à Joseph, elle se trouva enceinte de par l’esprit saint avant leur union.” (Mt 1:18). Auparavant, un messager angélique de Jéhovah avait fait savoir à la vierge Marie qu’elle ‘concevrait dans sa matrice’ parce que l’esprit saint de Dieu viendrait sur elle et que Sa puissance la couvrirait de son ombre (Lc 1:30, 31, 34, 35). Puisqu’il y eut effectivement conception, il semble que Jéhovah Dieu féconda un ovule dans la matrice de Marie en transférant la vie de son Fils premier-né du monde invisible sur la terre (Ga 4:4). C’est uniquement de cette façon que l’enfant qui allait naître pourrait conserver son identité, demeurer la personne appelée la Parole qui avait résidé dans les cieux, et seulement de cette façon qu’il pourrait être le fils de Marie à part entière, donc un véritable descendant d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Juda et du roi David, ancêtres de sa mère, et être l’héritier légitime des promesses que Dieu leur avait faites (Gn 22:15-18 ; 26:24 ; 28:10-14 ; 49:10 ; 2S 7:8, 11-16 ; Lc 3:23-34). Il est donc probable que l’enfant qui naquit ressemblait par certains traits physiques à sa mère juive.
   Marie était une descendante du pécheur Adam, donc imparfaite et pécheresse. C’est pourquoi la question suivante est soulevée : comment l’organisme physique de Jésus, le “premier-né” de Marie (Lc 2:7), pouvait-il être parfait et exempt de péché ? Alors que les généticiens modernes ont beaucoup appris sur les lois de l’hérédité et sur les caractères dominants et récessifs, ils n’ont aucune expérience dans l’étude de ce que produit l’union de la perfection et de l’imperfection, comme c’était le cas avec la conception de Jésus. Les résultats révélés dans la Bible semblent indiquer que la force vitale masculine (qui provoqua la conception), parfaite, neutralisa toute imperfection existant dans l’ovule de Marie, produisant de cette façon un modèle génétique (et un développement embryonnaire) parfait dès le départ. Quoi qu’il en soit, à l’époque, l’opération de l’esprit saint assura le succès du dessein de Dieu. Comme l’ange Gabriel l’expliqua à Marie, “de la puissance du Très-Haut” la couvrit de son ombre ; ainsi ce qui naquit était-il saint, le Fils de Dieu. L’esprit saint de Dieu forma, en quelque sorte, une paroi protectrice pour qu’aucune imperfection ou force néfaste n’endommage l’embryon en développement, et ce dès sa conception. — Lc 1:35.
   Puisque c’était l’esprit saint de Dieu qui avait rendu la naissance possible, Jésus devait sa vie humaine à son Père céleste et non à un homme tel que son père adoptif Joseph (Mt 2:13-15 ; Lc 3:23). Comme on le lit en Hébreux 10:5, Jéhovah Dieu ‘ lui prépara un corps ’, et Jésus fut vraiment “sans souillure, séparé des pécheurs” depuis l’instant de sa conception. — Hé 7:26 ; voir aussi Jn  8:46 ; 1P 2:21, 22.
   Combien le Saint et Seigneur d'Israël et des mondes est au-dessus de ce qu'ils décrivent et Lui associent !
[15] Soit, ilah al-'alim.
[16] Déterminatif, ive : Qui caractérise un mot, en détermine le sens.
[17] La Vérité, un des noms divins.
[18] Dans “Le commentaire sur la Torah”, Jacob ben Isaac d’écrire : Quand ils furent créés (Gen. 2:4). Le monde fut créé avec , lettre ouverte à la base comme une porte. Cela nous apprend que tout le monde devra aller en enfer, au fond de la tombe. Toutefois le possède également une porte sur le côté pour montrer que ceux qui ont été pieux en ce monde, franchiront ce passage vers le jardin d’Éden. Le monde à venir a été créé avec le yod, la plus petite des lettres, afin d’indiquer que les méchants sont inférieurs et vils et qu’ils seront peu nombreux à atteindre le monde à venir.
Et en note : Behibaram, “quand ils furent créés”, peu également se lire : be hey baram, “Il les créa par la lettre ”, voir Men. 29b, J.Hag. 2.1, PRti. 21 ou be abraham, “Il les créa par Abraham” (par les mérites d’Abraham), voir Tan. (B) I.62. [Explicit]. Autre : la Sagesse, etc. On pourrait dire donc : par les mérites du Messie. Et non par le Messie lui-même comme voudrait nous le faire entedre les gens du Trithéisme, la Trinité.
[19] Soit, la “venue”.
[20] La “guidée”, en arabe, alhoudah.
[21] Ou sa guidée, hidayah.
[22] Selon la Bible : Fils de l’Obéissance divine. A l’inverse des Judaïsés. (V. Coran II 93).
[23] les gens de l'Évangile.
[24] Ou émanation. Pour le dogme des Tri Théistes : Manière dont le Fils procède du Père, et le Saint-Esprit du Père et du Fils. Philosophie. Doctrine selon laquelle tous les êtres de l’Univers, esprits et corps, ne sont qu’une extension de la substance divine.
[25] comme dans le dogme catholique, protestant, etc.
[26] Soit, par l’esprit-saint.


Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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