Croyances

LES SOURCES DE LA MÉCRÉANCE ET DE L'INNOVATION

Science du Monothéisme.

L'ignorance des règles du raisonnement

Suite page 4

   La septième source d'innovation réside dans l'ignorance des règles du raisonnement, de la langue arabe et de la rhétorique

   Il est incontestable que cette ignorance conduit quelquefois à la mécréance. Tel est le cas de ceux qui expli­quent la doctrine[1] des Nazaréniens[2], affirmant que Dieu est un composé dont Ichoua (Jésus)[3] (sur lui la Paix !) serait une partie, par ces mots du Coran : « C'est un esprit[4] de Dieu » (Coran IV 169). Ils don­nent ainsi à la préposition de le sens partitif[5]. C'est manifestement, parce qu'ils ignorent deux choses. 

   D'abord, ils ignorent les règles du raisonnement. Sans cela, ils comprendraient que cette interprétation conduit à déclarer que Dieu a eu un commencement (houdouth), parce qu'il serait pareil aux choses adventices, se modifiant comme elles et ayant besoin d'un principe détermi­nant qui lui assignerait, entre les qualités composées, une quantité déterminée. En outre, l'Entité divine serait entièrement abolie ; car, si Ichoua (Jésus) (sur lui Prière et Paix !) renferme une parcelle de la divinité, la divinité cesse d'exister ; en effet, une entité composée cesse nécessairement d'exister dés qu'une de ses parties disparaît, et, d'autre part, Ichoua (Jésus) (sur lui Prière et Paix !) n'aurait reçu qu'une parcelle de Dieu ; or, une parcelle de Dieu n'est pas Dieu ; donc Dieu cesse d'exister complètement

   En second lieu, ils ignorent[6] la langue arabe, puisqu'ils restreignent la préposition min (de) au sens parti­tif. Ils devraient, de même, lui donner le sens partitif dans ce passage « Il vous a soumis tout ce qui, de lui, est dans les cieux et sur la terre » (Coran XLV 13). S'ils connaissaient bien la langue arabe, ils comprendraient que, dans les mots « un esprit de Dieu », la préposition de (min) n'a pas le sens partitif, mais qu'elle marque seulement l'origine et que ces mots signifient « un esprit [qui vient] de Dieu [en tant que création et production] ». Cette préposition a le même sens dans le passage « Il vous a soumis tout ce qui est (c'est-à-dire vient) de Lui dans les cieux et sur la terre. » On fait encore preuve d'ignorance de la langue arabe quand, pour affirmer que Dieu Béni et Très Haut possède un corps et des membres[7], on s'appuie sur, ces passages : « Malheur à moi qui me suis rendu coupable du côté de Dieu (Coran XXXIX 57). - « A ce que J'ai créé de Mes mains », etc. Quiconque connaît la langue arabe et a l'habitude de la manière de parler des Arabes[8] sait que les mots  (côté) et (flanc) y sont fréquemment employés pour indiquer où résident certains droits. On dit souvent : « J'ai eu des torts envers (du côté de) telle personne », c'est-à-dire : « J'ai méconnu son droit », et on n'entend nullement, par le mot côté, désigner le corps ou les parties du corps de cette personne. D'où il suit que le passage du Coran : « J'ai été coupable envers (du côté de) Dieu » doit s'en­tendre dans le sens de la culpabilité, en égard aux droits de Dieu et à Ses prescriptions impératives ou prohibitives. De même, quiconque a l'habitude de la langue arabe sait que le mot « main[9] », comme il sert à désigner un organe déterminé, sert aussi à indiquer la puissance et la générosité. 

   Comme exemple d'ignorance des règles de la syntaxe, on peut citer le cas de quelques "Séparés[10]", à propos de ce passage du Coran : "Nous avons créé toute chose avec mesure". Ces "Séparés" considèrent le groupe "Nous l'avons créé" comme un qualificatif du "chose". Le sens serait alors : « Toute chose créée par nous (l'a été) avec mesure. » Ils arrivent ainsi à inférer, comme conséquence implicite de ce qualificatif, l'existence de choses non créées par Dieu : ce seraient les actes de libre choix des animaux, d'après la fausse doctrine de ces "Séparés". S'ils avaient connu les règles de la syntaxe, ils auraient compris que le groupe "Nous l'avons créé" n'est soumis ici à aucune influence syntaxique, parce qu'il explique le terme qui régit (à l'accusatif) le mot "chaque". C'est ce qu'on appelle, dans la syntaxe arabe[11], l'ichtighal (inversion). Le verbe créer, s'appliquant à toute chose indistinctement, il en résulte donc que la doctrine des gens du libre arbitre est fausse[12]

   Voici un exemple d'ignorance des règles de la sémantique et de la rhétorique. Les "Séparés", pour affirmer que les actions de Dieu sont déterminées par des mobiles (aghrâd), s'appuient sur ce passage du Coran : « Je n'ai créé les hommes et les génies qu'afin qu'ils m'adorent » (Coran LI 56). Ils considèrent la conjonction (afin que) comme indiquant la cause au sens propre. S'ils avaient eu l'habitude des principes de la rhétorique, ils auraient vu que ce verset du Coran est ce qu'on appelle une métaphore dérivée ; que le Coran assimile l'obligation d'adorer Dieu, imposée aux hommes, à la cause finale qui détermine un acte et en vue de laquelle cet acte est accompli. L'adoration, c'est-à-dire l'obligation d'adorer Dieu, est considérée, par suite de cette assimilation, comme une cause finale dans le sens figuré, et, consécutivement, la conjonction lâm, particule causative, a été employée au sens figuré et appliquée à l'adoration [de Dieu] pour désigner la cause ('illah) au figuré (madjaziyah). 

  C'est encore par ignorance des règles de la sémantique et de la rhétorique que l'on est conduit à croire que des choses adventices émanent d'un autre que Dieu le Suzerain, Béni et Très Haut ; que la foi, par exemple est accrue par l'audition des versets du Coran, parce que Dieu a dit : « Lorsqu'on leur lit Nos versets, leur surcroît une foi » (Coran VIII 2) ; ou encore que les vêtements cachent la nudité parce qu'il est dit : « O Fils d'Adam, Nous vous avons descendu des vêtements pour couvrir votre nudité » (Coran VII 25) ; ou encore que les vents poussent et étendent les nuages dans le ciel, parce qu'il est dit : « Dieu qui envoie les vents, lesquels soulèvent les nuages » (Coran XXX 47). Un grand nombre de passages du même genre se rencontrent dans le Coran et dans la Tradition. Pour, qui connaît les règles de la rhétorique, la relation (de causalité) indiquée dans tous ces passages est une relation métaphorique purement logique, qui consiste à attribuer un acte ou un effet quelconque à une chose qui l'accompagne extérieurement, mais n'en est pas la véritable cause dans la façon apparente de celui qui parle. 

   Du moment que l'ignorance[13] de ces sciences conduit à la mécréance et à l'innovation, toute personne capable de les comprendre doit s'efforcer de les acquérir. Les personnes qui en sont incapables doivent apprendre la science du Monothéisme[14] dont la connaissance constitue une obligation individuelle (fard 'ain) pour chaque Soumis[15] ; lorsqu'elles entendent un passage du Coran ou de la Tradition, dont le sens apparent est en contradiction avec ce qu'elles connaissent du Monothéisme, elles doivent tenir pour certain que cette signification apparente et impossible n'est pas celle voulue par Dieu et par Son prophète (sur lui Prière et Paix !), et que ce passage a une signification juste et une interprétation acceptable et bonne ; elles doivent croire, d'une manière ferme, que la parole de Dieu et celle de Son Prophète (sur lui Prière et Paix !) sont vraies, qu'elles ne renferment ni contradiction, ni variation, ni erreur, ni ignorance, ni incertitude, ni inexactitude[16]. Après cela, il n'y a pas de mal à ce qu'elles ignorent le véritable sens des passages en question[17], parce que leur cœur est imprégnée de la croyance sur la Transcendance de Dieu, et sur l'impeccabilité de Ses Prophètes (sur eux la Paix !)[18], et leur croyance qu'il n'existe en Dieu et en Ses prophètes ni imperfections, ni défauts, ni altération[19]. Et à Dieu le plein succès ! [Explicit] Fin

   Que le Seigneur des mondes nous guide tous dans ce qu'Il aime et agrée ! Que les meilleures salutations soient sur les messagers et prophètes divins dont Son sceau !


[1] L’Imam ici répond aux allégations mensongères de bon nombre de gens de l’Évangile (dont certains Dignitaires religieux) qui voient dans le Coran la preuve certaine que l’esprit divin, l’esprit du Messie est divin, une divinité de la Trinité. Secundo : l’esprit saint qui apparu à Marie à un nom : Gabriel (Coran XIX 17). Lequel nom, est contrairement aux allégations mensongères de certaines personnes du monde toranique, ne signifie nullement : époux de Dieu, mais plutôt esclave de Dieu (ïl, en hébreu).
[2] Soit, les gens de l'Évangile, les chrétiens.
[3] En arabe, ‘Iça. Biblique, francisé, Jésus. Arabe, biblique, Yasou’.
[4] A l'inverse des gens de l'Évangile, ne peut s'écrire avec un e majuscule. L’Islam traditionnel rejette le dogme de la divinité de l’esprit, comme celui du dogme de la Trinité (dieu le Père, dieu le fils et dieu le saint-esprit) (Voir Coran V 73 ; IV 171). Dire que Dieu est esprit (biblique) revient à dire que Dieu aurait eu un commencement. Ce qui est impossible au divin Créateur. 
[5] partie de… D’où ensuite, partie de la Trinité.
[6] Le rôle de la langue n'est pas à négliger.
[7] Pour certains spirituels, à l’instar de bon nombre de gens du monde salafite, de la Réforme. Imitant en cela les gens de la Bible. Pour eux, le divin Créateur s’est bien assis sur Son trône, etc. Ou est bien au ciel ou aux cieux comme dans le dogme des gens de l’Évangile : Notre Père qui est aux cieux… Le sens (ou les sens) expliqué par l’Imam est (sont) différent(s), et en rapport avec la langue arabe des Arabes anciens et les croyances de l’Islam traditionnel.
[8] Anciens. Tel n’est pas le cas de nombreux Arabes de nos jours qui ignorent tout de leur propre langue. Ne pas confondre entre la langue arabe écrite et la langue arabe parlée, de la rue.
[9] Certains arabisants montrent une extrême réticence à traduire certains mots coraniques en langues étrangères, comme : main, trône, etc. Motifs invoqués : la crainte de tomber dans le corporalisme (le divin ayant un corps), l'anthropomorphisme : Représentation de Dieu sous l’apparence humaine, etc. Le Maître ici expose la position médiane, la plus adéquate d’après lui, qu’il nous faut adopter en ce domaine. En dehors de tout extrémisme.
[10] Arabe, mou’tazila.
[11] La grammaire arabe joue un grand rôle pour la compréhension de notre religion et des Textes sacrés.
[12] Doctrine défendue par les philosophes, le monde toranique, évangélique, dualiste, etc.
[13] Lutte contre l’ignorance.
[14] Soit, 'ilm altohîd.
[15] En arabe, mouslim.
[16] A l’inverse de l’idée reçue en terre d’Europe auprès de bon nombre de gens d’origines de la diaspora des gens d’Afrique du Nord. Leurs intellectuels (voire ceux qui se disent leurs responsables communautaires ou religieux) remettant en cause bon nombre de paroles coraniques et prophétiques.
[17] Remarque importante. Sensibiliser les gens, oui, attirer leur attention sur une chose précise, oui, les traumatiser, nullement. Notons au passage que d’autres gens ont une opinion beaucoup plus contraignante. Mais tel ne semble pas être l’avis et le conseil de l’Imam. 
[18] Foi enracinée dans le cœur et ne pas à remettre en doute.
[19] Doctrine remise en cause et en question par les gens du monde toranique comme du monde évangélique, et certains Soumis, influencés par leur doctrine, en terre d’Europe et ailleurs.



Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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